07.08.2020 à 05:57

CoronavirusL’électro comme gagne-pain pour un moine japonais

Une vidéo musicale du moine bouddhiste Yogetsu Akasaka a été vue plus de 800’000 fois sur YouTube. Sans emploi à cause de la crise du Covid-19, il l’a mise en ligne pour solliciter des dons et enseigner sa religion.

Lors de ses sessions musicales, Yogetsu Akasaka fait du beatboxing et récite des sutras, des textes sacrés bouddhistes.

Lors de ses sessions musicales, Yogetsu Akasaka fait du beatboxing et récite des sutras, des textes sacrés bouddhistes.

AFP

Désoeuvré et en difficulté financière à cause de la pandémie, un moine bouddhiste au Japon a combiné ses chants sacrés avec son autre passion, le beatboxing. Il l’a fait tant pour récolter des dons pour subsister que par prosélytisme.

Sa vidéo intitulée «Heart Sutra Looping Remix» a été vue plus de 800’000 fois sur YouTube depuis qu’elle a été mise en ligne en mai. Yogetsu Akasaka, 37 ans, y apparaît le crâne rasé et revêtu de son ample robe brune de moine, mettant calmement un casque audio et branchant une boîte à rythme avant de saisir son micro.

Après des bruits de percussions mis en boucle sur des nappes de sons lancinants, il pose son chant profond de gorge puis récite des sutras, des textes sacrés bouddhistes.

«Ma propre voie»

Pendant l'état d'urgence au Japon instauré en avril-mai face à la pandémie, toutes les cérémonies pour lesquelles ses services sont habituellement demandés, notamment des rites funéraires, étaient annulées, raconte-t-il à l’AFP.

«Donc je n’avais plus d’emploi, plus de revenus. C’était vraiment difficile pour moi, mais en même temps j’ai pensé que c’était une bonne occasion de réfléchir sur moi-même et sur l’avenir du bouddhisme», explique-t-il. «Je cherchais ma propre voie pour enseigner le bouddhisme non seulement au Japon mais dans le monde entier».

Depuis le succès de sa première vidéo sur internet, filmée dans un studio d’enregistrement, il a réalisé d’autres sessions musico-religieuses en ligne et en direct cette fois-ci, sollicitant des dons pour l’aider à subsister en ces temps de pandémie.

Et «peut-être que si ma musique attire des gens plus jeunes, ce sera une bonne opportunité pour eux d’en apprendre davantage sur le bouddhisme», espère le moine.

(ATS/NXP)

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