GenèveL’encaveur Dominique Giroud condamné avec sursis
Accusé d’avoir été l’instigateur du piratage des ordinateurs de deux journalistes qui enquêtaient sur lui, l’entrepreneur valaisan a écopé de six mois de prison avec sursis.

- par
- Maria Pineiro

Dominique Giroud
L’encaveur Dominique Giroud a été condamné vendredi à 6 mois de prison avec sursis complet pour instigation à soustraction de données. L’entrepreneur valaisan comparaissait depuis lundi devant le Tribunal de police. Il était accusé d’avoir fait pirater les ordinateurs de deux journalistes genevois qui enquêtaient sur lui. Parmi ses co-accusés, le hacker à l’origine du malware et des coups de téléphone aux deux employés des médias a été reconnu coupable, il a écopé de 120 jours amende avec sursis pour tentative de soustraction de données. Le détective privé a été condamné à cette même peine pour complicité de tentative de soustraction de données. Tous deux ont été mis au bénéfice du sursis. Le dernier accusé, l’ex-espion du SRC, a quant à lui été acquitté. Les trois coupables devront en outre verser près de 140’000 fr. à la RTS et au «Temps», ainsi que participer aux frais de la procédure.
Volonté de découvrir les sources des journalistes
S’agissant de Dominique Giroud, la présidente du Tribunal de police, a souligné qu’il avait demandé à l’informaticien de préparer le piratage, négocié le montant de la rétribution et versé une avance de 10’000 fr. Son but: découvrir les sources des deux journalistes qui investiguaient sur lui, mettre fin aux fuites et éventuellement porter plainte. La présidente a relevé le sentiment de toute-puissante qui habitait le prévenu et l’inexistence de sa prise de conscience.
Recours prévu
L’avocat de Dominique Giroud a qualifié le verdict de «demi-victoire et demi-défaite». Me Yannis Sakkas a indiqué que son client était «déçu d’avoir été reconnu coupable, mais satisfait de bénéficier du sursis alors que le procureur avait demandé de la prison ferme. Il y a soulagement». L’avocat a d’ores et déjà annoncé qu’il fera appel de cette condamnation. Au sortir du tribunal, le procureur n’a pas souhaité s’exprimer.
Tentative avortée
Le 28 février et le 4 mars 2014, l’informaticien a envoyé des mails avec en pièce jointe un logiciel malveillant à Marie Parvex (Le Temps) et Yves Steiner (RTS). Il devait scanner le disque dur de leurs ordinateurs. Pour les inciter à ouvrir ces messages, l’informaticien leur a téléphoné sous une fausse identité. Ce fut un échec: Marie Parvex n’a pas reçu le mail et n’a pas décroché. Yves Steiner si. Mais, averti par le détective privé, il s’est méfié.