04.07.2019 à 13:40

Affaire RamadanLenteur et déni de justice dénoncés à Genève

Les avocats d'une des victimes présumée ont déposé un recours contre l'apparente inactivité du Ministère public.

par
Maria Pineiro
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L'islamologue suisse de 57 ans arrive au tribunal de Paris, en compagnie de sa femme et de son avocat, pour être entendu pour des accusations de viols. (Jeudi 13 février 2020)

L'islamologue suisse de 57 ans arrive au tribunal de Paris, en compagnie de sa femme et de son avocat, pour être entendu pour des accusations de viols. (Jeudi 13 février 2020)

AFP
Tariq Ramadan était convoqué le 23 janvier, mais il avait fait ce jour-là un malaise au rez-de-chaussée du tribunal et l'audition avait été annulée. (Jeudi 13 février 2020)

Tariq Ramadan était convoqué le 23 janvier, mais il avait fait ce jour-là un malaise au rez-de-chaussée du tribunal et l'audition avait été annulée. (Jeudi 13 février 2020)

AFP
Le Tribunal fédéral a donné tort à Tariq Ramadan, qui demandait que la plaignante genevoise et ses avocats soient contraintes au silence durant la procédure. (Mercredi 5 février 2020)

Le Tribunal fédéral a donné tort à Tariq Ramadan, qui demandait que la plaignante genevoise et ses avocats soient contraintes au silence durant la procédure. (Mercredi 5 février 2020)

Keystone

Que se passe-t-il dans le volet suisse de l'affaire Ramadan? A en croire les avocats de la Genevoise qui a porté plainte pour viol et contrainte sexuelle avec cruauté il y a plus d'une année, la réponse est rien. Maîtres Robert Assaël et Alec Reymond, ont déposé mercredi un recours auprès de la Chambre pénale pour inactivité et déni de justice vis-à-vis du Ministère public.

Les deux hommes de loi confirment ce recours. «Nous regrettons de constater que, plus de 15 mois après le dépôt de la plainte et plus d’un an après l’audition de notre cliente par la police, aucun acte d’instruction semble n'avoir été réalisé: il y a là un déni de justice et une violation de la Convention européenne des droits de l’homme qui doivent être sanctionnés.»

En effet, la «Tribune de Genève» révélait notamment en février dernier que les auditions de la plaignante et de huit témoins prévues entre février et mars avaient été annulées. Selon nos informations, depuis, les avocats de la victime présumées se sont adressés plusieurs fois au procureur en charge de l'affaire afin d'obtenir des explications sur ces annulations et des renseignements sur l'avancée de celle-ci. Ces demandes sont restées lettre morte. «Nous avons adressé au procureur six relances, en vain», détaillent Me Robert Assaël et Alec Reymond.

«Sur le plan humain, les atermoiements apparents de la procédure et le mutisme du Ministère public aggravent les souffrances de notre cliente qui a eu le courage de sortir de son silence pour dénoncer les agissements gravissimes dont elle a été victime», concluent-ils.

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