Football: Léo Seydoux, l'aventure belge
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FootballLéo Seydoux, l'aventure belge

Le Fribourgeois de 22 ans a été transféré de Young Boys à Westerlo, en D2 belge. Un pas un arrière? Pas si sûr.

par
Florian Vaney
Lors de son année à NE Xamax, Léo Seydoux a disputé 35 des 36 matches de Super League, dont 28 titularisations.

Lors de son année à NE Xamax, Léo Seydoux a disputé 35 des 36 matches de Super League, dont 28 titularisations.

Urs Lindt / Freshfocus

Il aurait bien aimé poursuivre sa carrière à Young Boys, Léo Seydoux. Mais le champion bernois est allé chercher deux latéraux lui barrant la route durant l'été. Alors, le Fribourgeois se serait bien vu être prêté quelque part en Super League. Mais la période n'incite pas vraiment les clubs suisses à entreprendre des prêts. Alors, à bientôt 23 ans, ne lui restait sérieusement qu'une option: partir.

Le choix, à première vue, peut paraître étonnant: Westerlo, une petite ville de 25'000 habitants située en région flamande, son club de football de deuxième division, le dépaysement total. C'est que le championnat belge n'est pas franchement le plus glamour et populaire lorsqu'on y jette un œil suisse. Surtout sa deuxième division. Mais ça, c'est avant de tomber sur les images du complexe sportif de l'actuel 3e de Proximus League, qu'on vous glisse juste en-dessous.

L’énorme complexe sportif du KCV Westerlo.

KVC Westerlo

Oui, même YB, triple champion en titre chez nous, ne bénéficie pas de telles infrastructures. «Bon, à Berne, il y a quand même le stade. C'est quelque chose de s'entraîner et de jouer dans une enceinte de 30'000 places. Ici, on doit être à 8000. Mais de ce qu'on m'a dit, il y a un peu toute la ville qui se déplace quand il y a match. Ça donne une ambiance très familiale», sourit celui qui s'y est engagé au début du mois pour trois ans et demi.

Au coefficient UEFA, il n’y a pas photo

Pas de quoi lui faire regretter la Suisse de sitôt, donc. «J'imagine que j'aurais pu trouver une option en Challenge League. Mais si on regarde les choses pragmatiquement, la Belgique est 8e au niveau du coefficient UEFA des championnats. La Suisse 17e...» Alors non, s'en aller ne constitue en rien un pas en arrière.

«La Belgique, les Suisses ne connaissent pas. Mais le pays a beaucoup d’avance dans bon nombre de domaines par rapport à ce que l'on fait chez nous, maintient son agent Michel Urscheler. J'ai vu jouer les M16 et les M18 de Genk (ndlr: club où il a envoyé Bastien Toma cet automne). Je pense que peu de clubs suisses dans la même classe d'âge pourraient rivaliser.»

Xamax, c’était un mélange de plein de choses. J’y ai beaucoup grandi»

Léo Seydoux

Genk, voilà une équipe que le KVC Westerlo pourrait bientôt retrouver en première division. Parce que l'équipe nourrit une ambition certaine. «Le championnat, c'est comme en Suisse. On a eu un mois de pause cet hiver, on reprend ce week-end et les deux premiers peuvent monter. Le leader directement, son dauphin en passant par un barrage», précise Léo.

Xamax, des galères et de la bouteille

Lui en est à sa deuxième semaine d'entraînement, dans un environnement où le français est étonnamment la langue prioritaire. «L'entraîneur le parle couramment et, comme il y a pas mal d'étrangers francophones, on se comprend bien ainsi.» Sur le terrain aussi, puisque Westerlo a dynamité 3-0 une équipe de première division en préparation. S'il réserve le même sort à Seraing United, son premier adversaire officiel de l'année, dimanche? «C'est l'idée. J'espère pouvoir en être. C'est difficile à dire pour le moment, mais j'ai plutôt un bon pressentiment.»

C'est que derrière sa jeunesse et son inexpérience apparente se cache un homme à la maturité certaine. Son arrivée à Young Boys à 14 ans n'y est pas étrangère. Sa dernière saison passée avec Neuchâtel Xamax non plus. «Xamax, c'était un mélange de beaucoup de choses. Individuellement, je me suis éclaté. C'était ma première saison entière chez les adultes, les coaches m'ont permis de jouer tous les matches à une exception, je ne pouvais espérer mieux. Collectivement, par contre, on est passés par des moments difficiles, comme cette claque en Coupe à Lausanne (ndlr: 6-0) ou la relégation en Challenge League. J'ai beaucoup grandi là-bas.» Précisément comme il entend le faire en Belgique.

Léo Seydoux, tout en détermination.

Léo Seydoux, tout en détermination.

Urs Lindt / Freshfocus

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