23.06.2016 à 11:36

Moteurs truquésLes actionnaires de Volkswagen derrière la direction

Les petits actionnaires se sont exprimés mais sans conséquence puisqu'ils ne détiennent que 11% environ des droits de vote.

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Nouvelle ère pour les constructeurs automobiles et les consommateurs européens : vendredi entre en vigueur un protocole d'homologation des véhicules neufs plus sévère, qui remplace un processus discrédité par le scandale des moteurs diesel truqués. (Mercredi 30 août 2017)

Nouvelle ère pour les constructeurs automobiles et les consommateurs européens : vendredi entre en vigueur un protocole d'homologation des véhicules neufs plus sévère, qui remplace un processus discrédité par le scandale des moteurs diesel truqués. (Mercredi 30 août 2017)

AFP
Dieselgate: le président d'auto-suisse François Launaz estime qu'il Il faut éviter d'empirer la situation avec des mesures d'interdiction. (15 août 2017)

Dieselgate: le président d'auto-suisse François Launaz estime qu'il Il faut éviter d'empirer la situation avec des mesures d'interdiction. (15 août 2017)

Keystone
Jusqu'à présent, les fabricants d'automobiles ne devaient faire tester leurs véhicules qu'en conditions de laboratoire. Les résultats ne reflétaient alors que peu leurs véritables émissions. A partir du 1er septembre, des réglementations strictes entreront en vigueur en Europe et en Suisse. (Dimanche 13 août 2017)

Jusqu'à présent, les fabricants d'automobiles ne devaient faire tester leurs véhicules qu'en conditions de laboratoire. Les résultats ne reflétaient alors que peu leurs véritables émissions. A partir du 1er septembre, des réglementations strictes entreront en vigueur en Europe et en Suisse. (Dimanche 13 août 2017)

Keystone

Les actionnaires de Volkswagen ont, malgré le vaste scandale des moteurs truqués, donné leur aval à la gestion de la direction. L'assemblée générale, qui s'est tenue mercredi à Hanovre, s'est avérée moins houleuse qu'on ne pouvait l'attendre.

«Pour l'année 2015, les détenteurs d'actions ordinaires ont donné le quitus aux membres du directoire et du conseil de surveillance», a indiqué le constructeur automobile dans un communiqué diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi.

Cette décharge vaut pour la direction en place en 2015, c'est-à-dire entre autres l'ex-patron Martin Winterkorn, qui a rendu son tablier juste après l'éclatement en septembre du «dieselgate», portant sur le trucage par Volkswagen du moteur diesel de 11 millions de véhicules dans le monde.

Martin Winterkorn est dans le collimateur de la justice, en particulier depuis cette semaine sur des soupçons de manipulation de cours, de même que l'actuel patron de la marque Volkswagen Herbert Diess. Beaucoup de petits actionnaires étaient réticents à accorder le quitus à ceux qu'ils estiment compromis dans le dieselgate, dont les tenants et aboutissants ne sont toujours pas connus.

Mais la décharge du directoire était tout de même chose quasi entendue, la plupart des grands actionnaires s'étant rangés derrière les organes dirigeants. Les actionnaires ont voté sur chaque membre du directoire individuellement, chacun, y compris M. Winterkorn, recueillant l'approbation de plus de 97% des suffrages exprimés.

L'Etat de Basse-Saxe s'est abstenu

Exception notoire, la Basse-Saxe, Land allemand qui abrite le siège de la société et qui détient 20% du capital. «L'Etat de Basse-Saxe n'a voté ni pour ni contre le quitus, mais s'est abstenu», a expliqué le gouvernement régional dans une prise de position écrite jeudi. Le Land «ne veut surtout pas donner l'impression qu'il se positionne dans les procédures judiciaires en cours», selon cette déclaration.

Les petits actionnaires ne détiennent que 11% environ des droits de vote, le reste appartenant aux familles héritières Porsche-Piëch (52% environ), à l'Etat régional de Basse-Saxe (20%) et à l'Emirat du Qatar via le fonds Qatar Holding (17%).

Premier rendez-vous des actionnaires depuis la découverte en septembre d'une tricherie sur des millions de voitures diesel pour les faire paraître moins polluantes qu'en réalité, l'assemblée générale des actionnaires s'est avérée moins houleuse qu'on ne pouvait l'attendre, alors même que la valeur de l'action a fortement souffert de ce scandale.

Désamorcer les tensions

Le patron, Matthias Müller, arrivé aux commandes pour remettre le groupe aux douze marques (Volkswagen, Audi, Seat, etc.) sur les rails, avait tenté de désamorcer les tensions dès le début des débats en demandant, au nom du groupe, «pardon aux actionnaires d'avoir trahi leur confiance».

A 99,98%, les actionnaires de Volkswagen ont également approuvé le versement d'un mini-dividende 0,11 euro par action, contre 4,80 euros (5,19 francs) l'année précédente.

(ats)

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