Actualisé 19.05.2020 à 10:04

ÉtudeLes ados Suisses fument beaucoup de cannabis

Une étude internationale dresse un panorama de l’hygiène de vie des jeunes. Les Suisse sont plutôt bien classés, sauf pour les psychotropes.

En Suisse, 13% des garçons et 8% des filles disent avoir fumé du cannabis durant le mois écoulé.

En Suisse, 13% des garçons et 8% des filles disent avoir fumé du cannabis durant le mois écoulé.

Keystone

Une comparaison internationale montre qu’en matière de consommation de tabac et d’alcool, les jeunes de 15 ans en Suisse se situent au milieu du classement, mais qu’ils figurent dans le haut du classement pour ce qui est du cannabis. Publiées ce jour, les données de l’étude internationale HBSC, réalisée sous l’égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS-Europe), donnent un aperçu des comportements de santé des élèves dans plus de 40 pays.

L’Étude internationale Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) permet de se faire une idée de nombreux aspects du quotidien des élèves de 11 à 15 ans dans plus de 40 pays et régions, essentiellement en Europe. La dernière enquête en date (2017/2018) s’est penchée sur les comportements de santé et les comportements à risque, l’environnement social et le bien-être. L’OMS publie ce jour les données des pays participants. Nous nous intéressons ci-après aux jeunes de 15 ans en Suisse en comparaison avec les pays voisins.

Alcool, tabac, cannabis

Sur le plan international, l’alcool est la substance psychoactive la plus consommée chez les jeunes. En Suisse, 13 % des garçons et 8 % des filles de 15 ans déclarent avoir été vraiment ivres au moins une fois au cours du mois précédant l’enquête. Les chiffres sont très semblables en France, mais plus élevés en Italie, voire nettement plus élevés en Autriche et en Allemagne.

Dans notre pays, 16 % des garçons et 14 % des filles de 15 ans indiquent avoir fumé au moins une fois des cigarettes traditionnelles au cours du dernier mois. Les pourcentages sont pratiquement identiques en Allemagne, alors que l’Autriche, la France et, surtout, l’Italie affichent des taux plus élevés.

Dans le haut du classement

La situation n’est pas réjouissante en ce qui concerne la consommation de cannabis illégal, pour laquelle on a un tableau très semblable à celui des enquêtes précédentes. Pour ce qui est de la consommation au cours du dernier mois, la Suisse figure dans le haut du classement (garçons : 13 % ; filles : 8 %), tout comme l’Italie, l’Allemagne et la France. L’Autriche, quant à elle, se situe vers le milieu du classement.

L’étude HBSC est menée principalement en Europe ; sur le continent américain, seul le Canada y participe. Alors que ce dernier se classe loin derrière la Suisse pour la consommation de cigarettes traditionnelles au cours du dernier mois, il occupe comme elle le haut du tableau pour ce qui est de la consommation de cannabis au cours du mois ayant précédé l’enquête, et il la devance clairement en ce qui concerne l’ivresse au cours des 30 derniers jours.

Pas assez de sport

Une comparaison à travers le temps met en évidence un recul marqué de la consommation d’alcool et de cigarettes traditionnelles en Suisse entre 2010 et 2014 ; cette tendance ne s’est toutefois pas poursuivie en 2018. Pour le cannabis, les taux stagnent également.

En matière d’activité physique, seule une minorité de jeunes de 15 ans suit la recommandation de l’OMS et pratique une activité physique d’intensité modérée à soutenue au moins 60 minutes par jour ; cette remarque est valable pour tous les pays.

La Suisse a elle aussi de gros progrès à faire dans ce domaine : seule une minorité d’élèves (garçons : 15 % ; filles : 8 %) met cette recommandation en pratique. L’Autriche fait nettement mieux, alors que la France, l’Italie et l’Allemagne se classent derrière notre pays.

Fruits et légumes en hausse

En Suisse, pour ce qui est de la consommation quotidienne de légumes (garçons : 39 % ; filles : 49 %), les résultats des jeunes de 15 ans sont bons en comparaison internationale ; ils sont même très bons pour ce qui est des fruits (garçons : 33 % ; filles : 47 %). Les jeunes en Suisse peuvent toutefois faire encore mieux, même s’ils devancent largement les quatre pays voisins.

Le comportement en matière d’activité physique et sportive n’a pratiquement pas évolué en Suisse depuis 2002, alors que la consommation quotidienne de fruits et celle de légumes ont progressé entre 2002 et 2014 ; elles sont restées stables en 2018.

Les jeunes de 15 ans en Suisse se sentent globalement bien Dans le cadre de l’étude, les élèves ont indiqué que leur satisfaction face à l’existence était « plutôt élevée » ou « élevée » (garçons : 89 % ; filles : 79 %) ; ils jugeaient leur santé bonne ou excellente (garçons : 88 % ; filles : 81 %). Une minorité se sent assez stressée, voire très stressée par le travail scolaire (garçons : 26 % ; filles : 33 %).

Perception du poids corporel

En ce qui concerne la perception du poids corporel, 25 % des garçons de 15 ans se trouvent « un peu ou beaucoup trop gros ». Une part équivalente s’estime « un peu ou beaucoup trop maigre » ; chez les filles du même âge, les pourcentages s’établissent à respectivement 45 % et 11 %.

En Suisse, une grande partie des élèves de 15 ans indiquent qu’ils se sentent fortement soutenus par leur famille (garçons : 76 % ; filles : 71 %). Pour ce qui est du soutien apporté par les amis, ils estiment qu’il est élevé (garçons : 69 % ; filles : 79 %).

En ce qui concerne les premières expériences sexuelles, une minorité d’élèves de 15 ans indique avoir déjà eu des rapports sexuels (garçons : 20 % ; filles : 10 %).

Protéger les jeunes, soutenir les parents

La probabilité qu’un jeune consomme des substances psychoactives est influencée non seulement par les mesures structurelles en place – accessibilité, prix, protection de la jeunesse, etc. -, mais aussi par des facteurs de risque individuels et des facteurs de risque liés à l’environnement social. Les facteurs de protection revêtent une importance d’autant plus grande ; dans ce domaine, les parents jouent un rôle fondamental pour prévenir les addictions et autres comportements à risque.

Les jeunes qui se sentent peu ou moyennement soutenus par leur famille sont davantage susceptibles d’avoir consommé au moins une fois dans leur vie des cigarettes traditionnelles, de l’alcool ou du cannabis illégal.

Dialogue ouvert important

Si, de manière générale, le soutien familial est jugé bon en comparaison internationale, d’autres indicateurs pourraient être améliorés – p. ex. le fait de pouvoir parler « facilement ou très facilement » avec son père ou sa mère. Si on se penche sur les pays voisins, l’Autriche obtient de meilleurs résultats dans ce domaine, alors que la France, l’Italie et l’Allemagne affichent des valeurs comparables à celles de la Suisse ou moins bonnes. À l’adolescence, un dialogue ouvert reste essentiel pour prévenir les comportements à risque, les professionnels de la prévention sont unanimes à le dire.

L’éducation, le style de communication et l’attitude des parents vis-à-vis des substances psychoactives sont déterminants pour les enfants. Pour soutenir le rôle important des parents, Addiction Suisse propose aux pères et mères des conseils dans les questions en lien avec les addictions et la consommation de substances psychotropes. De plus amples informations figurent sur la page thématique parents.

Une enquête représentative

Réalisée sous l’égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS-Europe), l’étude HBSC s’intéresse aux comportements de santé des jeunes de 11 à 15 ans. Pour les documents internationaux, les données de plus de 40 pays ont été analysées pour les filles et les garçons de 11, 13 et 15 ans. En 2018, Addiction Suisse a mené l’étude pour la neuvième fois en Suisse. L’enquête HBSC Suisse a bénéficié du soutien financier de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et de la plupart des cantons.

(ATS)

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