Etats-Unis - Les agents à cheval qui ont maltraité des migrants vont «payer», dit Biden
Publié

États-UnisLes agents à cheval qui ont maltraité des migrants vont «payer», dit Biden

Le président américain a promis vendredi que la police montée photographiée en train de brutaliser des migrants sur les rives du Rio Grande allait en subir les «conséquences».

Les photos de gardes-frontières américains à cheval malmenant des migrants haïtiens sur la rive américaine du Rio Grande, frontière naturelle entre les États-Unis et le Mexique, ont fait le tour du monde, causant un vif émoi.

Les photos de gardes-frontières américains à cheval malmenant des migrants haïtiens sur la rive américaine du Rio Grande, frontière naturelle entre les États-Unis et le Mexique, ont fait le tour du monde, causant un vif émoi.

AFP

Joe Biden a promis vendredi que les policiers photographiés en train de refouler à cheval des migrants haïtiens allaient «payer» pour ces actes «scandaleux», des propos musclés alors qu’il est critiqué de toutes parts pour sa gestion de la crise migratoire à la frontière, jugée inhumaine par la gauche, laxiste par la droite.

«C’est scandaleux», a dit le président américain, qui ne s’était pas encore exprimé en public sur le sujet, à des journalistes qui l’interrogeaient sur cette scène.

«Je vous le promets, ces gens vont payer, il y aura une enquête, il y aura des conséquences», a dit Joe Biden depuis la Maison-Blanche, répondant à des questions posées après une allocution consacrée à la vaccination contre le Covid-19.

Sur un cliché pris dimanche par un photographe employé par l’AFP, un garde-frontière à cheval attrape un homme par son tee-shirt sur la rive américaine du Rio Grande, frontière naturelle entre les États-Unis et le Mexique, près de Del Rio.

Sur un autre, il tient un groupe à distance en faisant tourner ses rênes, dans une posture menaçante, pour les forcer à rebrousser chemin.

Ces clichés, qui ont fait le tour du monde, ont suscité un vif émoi aux États-Unis. Certains y ont vu des migrants assimilés à du bétail, d’autres ont rappelé les mauvais traitements subis par des Afro-Américains de la part de la police montée, des gardiens de prison ou des propriétaires d’esclaves.

Suite à la diffusion de ces images, la police aux frontières va temporairement cesser d’utiliser des agents à cheval autour de la petite ville de Del Rio, au Texas, avaient annoncé jeudi, les autorités américaines.

Interrogé par une journaliste pour savoir s’il prenait la responsabilité du «chaos» à la frontière, Joe Biden a répondu vendredi: «Bien sûr que j’en prends la responsabilité. Je suis le président. C’était horrible (…) de voir des gens traités de cette manière.»

«C’est plus qu’embarrassant. C’est dangereux. C’est mal»

«C’est embarrassant, a-t-il dit avant de se reprendre. C’est plus qu’embarrassant. C’est dangereux. C’est mal. Cela envoie le mauvais message au monde, le mauvais message chez nous.»

«Ce n’est pas qui nous sommes», a indiqué le démocrate, qui avait promis dans sa campagne de traiter avec humanité les questions d’immigration, pour se distinguer d’un Donald Trump qui ne jurait que par la répression et par la construction d’un mur sur la frontière.

Son administration est critiquée de toutes parts alors que les États-Unis ont entrepris d’expulser des Haïtiens massés à la frontière. Plus de 1400 d’entre eux ont déjà été rapatriés par avion, au moment où le petit pays des Caraïbes est plongé dans une crise politique, sécuritaire et humanitaire.

Des dizaines de milliers de migrants massés à la frontière

Des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart haïtiens, s’entassent depuis plusieurs semaines dans les villes mexicaines de Tapachula, à la frontière avec le Guatemala, et de Ciudad Acuña, à la frontière du Texas, où ils vivent sous la chaleur et dans l’insalubrité.

La gauche reproche à Joe Biden sa dureté, la droite conspue ce qu’elle considère être du laxisme provoquant un appel d’air migratoire.

La tension autour de ces sujets est encore montée d’un cran jeudi, avec la démission de l’émissaire américain en Haïti, Daniel Foote, qui a dénoncé dans une lettre cinglante des expulsions «inhumaines».

(AFP)

Votre opinion