Hockey sur glace - Les Aigles au pied du mur, d’un gros mur

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Hockey sur glaceLes Aigles au pied du mur, d’un gros mur

Zoug, qui a cadenassé son jeu devant Leonardo Genoni, mène 2 à 0 dans cette série finale face à des Genevois qui n’ont plus le choix: ils doivent trouver la solution, vendredi, à la Bossard Arena.

par
Christian Maillard

On le répète depuis le début de cette finale et souvent avec un petit sourire narquois durant ces play-offs. Arrivé à ce stade de la compétition, lorsque les deux équipes se tiennent de si près l’une de l’autre, il n’y a pas de miracle: quand il y a moins d’espace, que chacun défend son bifteck avec la rage au ventre et le couteau entre les dents, «cela se joue sur des détails». C’est tellement vrai…

Lundi, à la Bossard Arena, un tout petit but avait suffi au bonheur des Zougois pour prendre le train en route et marquer le premier point, même si cette réussite de Hofmann avait été plutôt chanceuse. De quoi donner plein d’espoirs et de certitudes à des Grenats qui avaient quitté la Suisse centrale confiants, malgré la défaite. Or, ce n’était qu’un leurre

Depuis mardi matin, à la vidéo, les joueurs de Genève-Servette avaient pourtant décortiqué le jeu défensif adverse, image par image, tiers par tiers, très attentivement, afin de trouver la faille pour tromper ce diable de Leonardo Genoni. Mais de la théorie aux actes sur la glace, l’équation est toujours la même: comment faire pour que ce mur se disloque, que le rideau de fer se brise?

Pas assez de trafic devant le but

Force est de constater, face à cette équipe miroir, que les Aigles n’ont toujours pas trouvé la solution pour le pousser dans ses derniers retranchements. Il aurait fallu mettre bien plus de trafic devant le portier cinq étoiles, qui n’a tiré sa révérence qu’à une seule reprise, à la 38e minute, lorsque Noah Rod, dun magnifique tir dans la lucarne, avait rétabli la parité en profitant également d’un jeu de puissance (38e). Mais ce sera la seule fois que l’ange-gardien des Taureaux, qui n’a reçu que 20 tirs, sera battu. Mince alors…

Avec le retour de Linus Omark, grippé lundi, il ne restait plus qu’aux Aigles à en profiter et bien réciter la leçon tout en y ajoutant de la fantaisie et une dose d’efficacité. Mais l’artiste suédois a lui aussi séché devant sa copie. C’était sans compter encore une fois sur l’indiscipline d’Eric Fehr, qui est retombé dans ses travers, lui qui était si sage depuis le début de ces play-offs. Le Canadien est incorrigible, même si la première sanction pour «exagération» était surtout exagérée par ceux qui l’ont pris en grippe.

Reste que ces deux pénalités ont débouché sur deux buts, selon un schéma identique. Raphaël Diaz à la ligne bleue et une déviation de Dario Simion. Simple comme bonjour pour cette machine à gagner qui avait retrouvé ce mercredi à Genève un jeu plus musclé; celui, impressionnant, qui lui avait permis de dominer la saison régulière dans un rouleau compresseur.

Tömmernes maîtrisé

Les Zougois, qui avaient eux aussi bien étudié leur adversaire, savaient qu’une des clés de cette finale était Henrik Tömmernes, le maître à jouer des Aigles, meilleur compteur de ces play-offs, qu’il fallait réduire au silence. Chargé d’entrée de jeu par Justin Abdelkader, lundi, à la Bossard Arena, le défenseur suédois a subi une fois de plus un traitement de choc de l’ex-joueur de NHL qui l’a envoyé par-dessus la balustrade à la 16e, mais aussi de la part de Santeri Alatalo qui lui a asséné un coup de coude en plein visage sans que les directeurs de jeu ne sévissent. Le futur Luganais, qui aurait mérité cinq minutes pour ce vilain coup à la tête, devrait être logiquement suspendu. Logiquement

Alors oui, on peut parler de l’indiscipline des Genevois qui ont passé trop de temps au cachot, de leur inefficacité devant la cage, mais aussi de l’arbitrage indigne des Zébrés, dans un soir sans. Maintenant, comme l’a justement dit Tanner Richard, au terme de ce deuxième revers, ce n’est pas de la faute des directeurs de jeu si les Genevois se retrouvent menés 2 à 0 dans cette série finale par un Zoug qui roule à un train d’enfer en direction de son deuxième titre national. Aux Grenats de réagir ce vendredi, au pied du mur; d’un gros mur

Lire le compte rendu de cet acte II en cliquant ici et dans la vidéo ci-dessous.

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