28.11.2016 à 12:20

Primaire«Les Allemands auraient préféré Alain Juppé»

Le profil moins modéré du candidat de la droite François Fillon est moins «Merkelo-compatible».

«Après, même si personne ne le dira, les Allemands auraient préféré Alain Juppé», estime Barbara Kunz, chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa).

«Après, même si personne ne le dira, les Allemands auraient préféré Alain Juppé», estime Barbara Kunz, chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa).

Keystone

La perspective de voir François Fillon accéder à la présidence française suscite certaines inquiétudes en Allemagne. Sa russophilie en particulier en ferait un allié inconfortable pour Angela Merkel.

Pour Berlin, une victoire du nouveau champion de la droite française lors du scrutin présidentiel de mai 2017 aurait globalement aussi valeur de soulagement face à la montée des populismes. «Tout président français qui ne serait pas Marine Le Pen serait une bonne nouvelle pour le gouvernement allemand», souligne Stefani Weiss, analyste des questions européennes à la Fondation Bertelsmann.

Les promesses économiques réformatrices de François Fillon, sa volonté de baisser les dépenses de l'Etat et d'assouplir le marché du travail sont aussi très appréciées au sein du gouvernement allemand.

«Après, même si personne ne le dira, les Allemands auraient préféré Alain Juppé», estime Barbara Kunz, chercheuse au Comité d'études des relations franco-allemandes (Cerfa). Son profil plus modéré aurait été «plus Merkelo-compatible», résume un cadre du parti de la chancelière, la CDU, sous couvert de l'anonymat.

Désaccord sur les sanctions

«Dans le domaine diplomatique, cela risque de poser problème entre Fillon et Berlin avec en premier lieu la politique envisagée envers la Russie», juge Barbara Kunz.

Déjà inquiète à l'idée d'un rapprochement entre Donald Trump et Vladimir Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel plaide pour la fermeté à l'égard de Moscou sur l'Ukraine au nom de l'intangibilité des frontières en Europe. Et elle ne cesse de dénoncer le soutien russe aux bombardements sur Alep.

«Les sanctions sont précisément l'expression d'un refus uni de la position russe qui estime que c'est le plus fort qui a raison. Nous avons un désaccord de fond avec la Russie sur ce point et il nous faut manifestement parler de cela avec François Fillon», déclare le président de la commission des affaires étrangères de la chambre des députés à Berlin, Norbert Röttgen, membre de la CDU.

Politique migratoire

Sur les questions européennes, l'insistance de François Fillon à vouloir un gouvernement de la zone euro irrite à Berlin. Le candidat de la droite défend aussi une Europe des Etats et des identités nationales, aux dépens des institutions européennes, là où le gouvernement allemand promeut une vision plus fédéraliste.

Enfin, «sur la politique migratoire, cela risque d'être compliqué avec Fillon» pour Angela Merkel, avertit Barbara Kunz. La dirigeante allemande souhaite des quotas de répartition des migrants arrivant dans l'UE entre pays européens.

(ats)

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