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JuraLes amants ont d'abord tenté d'empoisonner le mari

Un bouillon d'onze heures a été servi au mari, un mois avant son assassinat déguisé en incendie accidentel.

par
lematin.ch
Le crime maquillé en accident est survenu derrière cette porte le 18 février 2018.

Le crime maquillé en accident est survenu derrière cette porte le 18 février 2018.

V.Dé

Les voisins ont d'abord cru à une fuite de gaz accidentelle, quand deux explosions suivies d'un incendie ont détruit un appartement de Delémont, le 18 février 2018. Deux semaines plus tard, ils apprenaient que l'incendie camouflait l'assassinat d'un ressortissant afghan de 33 ans, tué à coups de massette par l'amant de sa femme.

Selon «Le Quotidien Jurassien», l'acte d'accusation du Ministère public révèle aujourd'hui qu'une tentative d'empoisonnement a précédé le crime: un mois plus tôt, à Delémont et à Bienne, l'amant s'est procuré auprès de revendeurs différents comprimés qui ont été plongés dans le café d'Ali.

Ce bouillon d'onze heures servi par l'épouse n'a pas eu l'effet escompté: les médicaments utilisés n'ont fait qu'endormir le mari. Pour autant, le procureur Séraphin Logos retient le délit manqué de meurtre contre les deux amants.

Pas fatals

Un mois après cette tentative, l’amant s'est débarrassé de son compatriote, entré en Suisse en 2011 en fuyant la guerre. Les coups de massette portés à la tête alors qu'il dormait encore avec ses deux plus jeunes enfants ont provoqué de nombreuses fractures et lésions, mais n'ont pas été fatals.

Ali a été traîné à la cuisine par son bourreau, lequel a ouvert le gaz de la cuisinère et répandu de l'essence autour de corps, jusqu'à la porte de l'appartement, avant d'y bouter le feu.

L'incendie provoqué a entraîné la mort du père de famille par intoxication au monoxyde de carbone. Une carbonisation étendue de son corps a été constatée. Sitôt après la double explosion de 8h38, l’épouse pleurait au bas de l’immeuble tandis que ses trois enfants de 7, 9 et 12 ans appelaient leur papa.

Sac à dos

Avant l’arrivée de la police, le meurtrier a demandé au fils aîné de déposer son sac à dos à la cave. Informés par l’enfant, les enquêteurs y ont découvert une massette ensanglantée et une bouteille en PET contenant de l'essence.

L'assassin passait pour le sauveteur des deux enfants sortis in extremis du logement. Le meurtrier et la victime se connaissaient: selon un voisin, ils jouaient ensemble au football.

L'amant criminel et sa complice seront jugés en novembre prochain par le Tribunal pénal de première instance. Placés dans une famille d'accueil, les trois enfants seront représentés par un avocat.

Vincent Donzé

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