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Elections de mi-mandatLes Américains élisent un Congrès divisé

Le président Donald Trump devra finir son mandat avec un Congrès divisé car les démocrates se sont emparés de la Chambre des représentants. Le Sénat reste républicain.

Les démocrates ont repris le contrôle de la Chambre des représentants pour la première fois depuis 2010.

Les démocrates américains ont remporté une victoire partielle mardi aux élections législatives de mi-mandat, gagnant la Chambre des représentants mais perdant du terrain au Sénat, un tableau nuancé dont Donald Trump s'est saisi pour revendiquer un succès personnel.

Deux ans après la victoire choc de l'homme d'affaires, la «vague» anti-Trump annoncée n'a finalement pas eu lieu. Les Américains ont élu un 116e Congrès divisé, qui promet deux dernières années de mandat mouvementées au président.

Donald Trump a proclamé un «immense succès», lui qui avait martelé que ces élections étaient un référendum sur sa présidence. Il avait pris soin de souligner avoir surtout fait campagne pour les candidats républicains au Sénat dans sa rafale de rassemblements «Make America Great Again», faute de temps, disait-il, pour les républicains en lice pour la Chambre, beaucoup plus nombreux.

De fait, le camp républicain gagne du terrain au Sénat. Ils se sont imposés notamment dans l'Etat clé de l'Indiana, le Missouri et le Dakota du Nord, terres conservatrices, alors que les démocrates ont résisté en Virginie occidentale et dans le New Jersey.

Le Grand vieux parti (GOP) a également enregistré une précieuse victoire en conservant le siège de Ted Cruz au Texas, malgré les millions de dollars dépensés pour soutenir le démocrate Beto O'Rourke, star de la campagne. Et en Floride, l'ex-gouverneur Rick Scott a battu le sortant démocrate Bill Nelson.

Pression à la Chambre

A la Chambre, le Parti démocrate était en passe de remporter au moins 27 sièges supplémentaires, selon des résultats qui ne sont pas encore définitifs. Un gain de 23 mandats aurait suffi à faire basculer la majorité qui lui échappait depuis huit ans.

Cette victoire devrait lui permettre d'obtenir la divulgation des revenus de Donald Trump, d'enquêter sur d'éventuels conflits d'intérêt et d'accélérer les investigations sur «l'affaire russe».

Les démocrates pourraient en outre contraindre le président à renoncer à une partie de ses projets - notamment le mur qu'il a promis de construire à la frontière mexicaine ou la nouvelle réforme fiscale qu'il comptait mener à bien.

Nécessaires compromis

La cohabitation avec une chambre à majorité démocrate va par ailleurs le contraindre à trouver des compromis, ce qu'il n'a pas été enclin à faire depuis son arrivée à la Maison blanche.

«Grâce à vous, demain sera un nouveau jour aux Etats-Unis. Le peuple américain veut la paix, il veut des résultats», s'est félicitée la cheffe du groupe démocrate à la Chambre, Nancy Pelosi. «Nous allons devoir trouver des terrains d'entente où c'est possible et défendre nos positions là où nous ne le pourrons pas», a-t-elle poursuivi.

Donald Trump, qui n'est jamais aussi convaincant que dans les combats, pourrait trouver dans les luttes au Congrès un terreau fertile pour sa campagne de réélection en 2020.

Vague féminine

Les Américains étaient appelés mardi à renouveler la totalité de la Chambre des représentants, à attribuer 35 des 100 sièges sénatoriaux et à élire 36 des 50 gouverneurs d?Etats. La carte électorale pour le Sénat jouait grandement, cette année, en faveur des républicains: le renouvellement par tiers concernait des Etats majoritairement conservateurs.

Electrique, secouée par la violence, la campagne a aussi été marquée par un grand élan d'enthousiasme. Jamais autant de femmes, ni de femmes issues de minorités, n'ont été élues au Congrès, surtout du côté démocrate où la colère anti-Trump s'est cristallisée dans un nouveau souffle politique.

Deux candidates démocrates, Sharice Davids dans le Kansas et Deb Haaland au Nouveau-Mexique, sont ainsi devenues mardi les premières femmes amérindiennes jamais élues à la Chambre des représentants. Dans le Minnesota et le Michigan, Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont devenues les deux premières femmes musulmanes élues à la Chambre des représentants.

Grande première aussi dans le Colorado, où le démocrate Jared Polis est devenu le premier gouverneur ouvertement gay d'un Etat américain. Et dans le très conservateur Kansas, la démocrate Laura Kelly a créé la surprise en battant le favori, Kris Kobach.

(ats)

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