Guerre en Ukraine - «Les Américains ont été les seuls à mettre en garde contre une guerre»

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Guerre en Ukraine«Les Américains ont été les seuls à mettre en garde contre une guerre»

L’attaque russe contre l’Ukraine: la Suisse n’y croyait pas plus que les autres pays d’Europe. Les conseillers fédéraux Ignazio Cassis et Guy Parmelin s’expriment dans la presse du dimanche.

par
Eric Felley
Pour Guy Parmelin et Ignazio Cassis, l’attaque de la Russie était improbable.

Pour Guy Parmelin et Ignazio Cassis, l’attaque de la Russie était improbable.

DR/lematin.ch

«Ça a été un choc. Au début je me suis dit que l’armée russe allait s’arrêter aux régions russophones de l’est. Mais très rapidement en voyant le mouvement des troupes vers Kiev et le matériel massé à la frontière, j’ai compris que ce serait bien plus grave», dans «Le Matin Dimanche», le chef du Département de l’économie Guy Parmelin est encore ébranlé de l’attaque russe du 24 février dernier.

«Jamais je n’ai pensé qu’on en serait là»

Et pourtant, l’année dernière, la rencontre au mois de juin entre Joe Biden et Vladimir Poutine pouvait laisser entrevoir une accalmie. Se souvenant de ses bons offices de président la Confédération à ce moment-là, il précise: «L’intention de cette rencontre était de faire baisser la tension mondiale. Quand j’ai quitté ce sommet, je me suis dit: au moins ils ont réussi à se parler et rétabli un échange d’ambassadeurs. Jamais je n’ai pensé qu’on en serait là aujourd’hui.»

«Une option improbable»

Dans «SonntagsBlick», c’est le président Ignazio Cassis qui s’exprime sur la sidération qu’a provoquée l’attaque russe: «La plupart des pays européens considéraient l’invasion militaire de l’Ukraine comme une option improbable. Les Américains ont été les seuls à mettre en garde contre une guerre. Ils ont d’ailleurs été critiqués pour cela. Leur mise en garde a été en partie assimilée à de la propagande». Et d’ajouter: «Nous avons cru pendant 77 ans que les guerres entre États, c’était fini. Puis l’UE a été créée, l’ONU a été créée. Cela a rendu d’autant plus improbable l’idée d’une guerre en Europe».

«Rien ne sera plus comme avant»

L’actuel président de la Confédération doit constater que le non-respect du droit international par la Russie ouvre une nouvelle ère, qui implique évidemment la Suisse: «Tous les pays d’Europe sont dans la même situation. Après cette guerre, rien ne sera plus comme avant. Nous devrons repenser l’architecture même de la sécurité en Europe. J’espère que l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l’OSCE, continuera à servir d’instrument à cet effet. Nous nous y engageons».

À la suite des sanctions annoncées lundi par la Suisse, la Russie n’a pas réagi: «La seule réaction a été la fermeture de l’espace aérien russe aux avions suisses, après que nous leur avons fermé le nôtre», observe le président.

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