Jura: «Les amoureux ne se bécotent plus sur les bancs publics»
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Jura«Les amoureux ne se bécotent plus sur les bancs publics»

Le député jurassien Raoul Jaeggi a publié la photo d’un banc qui symbolise la distanciation sociale à la limite de l’absurde.

par
Vincent Donzé
Dimanche dernier, un couple était assis aux deux bouts d’un banc, à la clinique «Le Noirmont».

Dimanche dernier, un couple était assis aux deux bouts d’un banc, à la clinique «Le Noirmont».

Facebook, Raoul Jaeggi

Prise au Noirmont (JU) et publiée sur Facebook par le député jurassien Raoul Jaeggi, la photo d’un banc public scindé en deux par une banderole fait un tabac sur les réseaux sociaux. «C’est du n’importe quoi», écrit l’une. «Vraiment là on touche le fond», écrit l’autre.

Des bancs barrés en leur milieu, il y en a plusieurs autour de la clinique «Le Noirmont». La photo a été prise dimanche dernier lors d’une promenade: voyant un couple assis à distance sur un banc, Raoul Jaeggi a glissé sa réflexion à l’oreille de sa compagne: «Viens, on se place en face d’eux et on s’embrasse, pour leur montrer qu’on s’aime».

Responsable des services techniques de la clinique, Jacques Affolter justifie l’intervention dans «Le Quotidien Jurassien»: «La direction a pris la décision d’empêcher les gens de s’asseoir au centre des bancs pour éviter les contaminations».

Patients à risque

«Très souvent, dès qu’ils sont à l’extérieur, les patients enlèvent les masques» alors qu’ils sont des gens à risque, détaille Jacques Affolter. La clinique «Le Noirmont» se définit comme un centre de référence national en réadaptation et prévention des maladies cardiovasculaires et psychosomatiques.

Quand il a publié sa photo illustrant la distanciation sociale nécessaire, Raoul Jaeggi l’a fait avec humour: «Les amoureux ne se bécotent plus sur les bancs publics», a-t-il simplement commenté. La symbolique du banc barré lui a fait, comme il dit, «tout drôle», mais son intention n’était pas de polémiquer: «J’ai mon avis sur la pandémie, mais je respecte les prescriptions»,

Son principal bémol: «C’est à la Confédération de gérer la crise; la cacophonie cantonale enlève toute visibilité à la pertinence des mesures», conclut le député indépendant et conseiller communal de Haute-Sorne, atteint du Covid-19 lors de la première vague.

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