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SuisseLes animaux doivent paître en plein air

Une proposition dédiée au bien être des animaux a été occultée de la liste des ordonnances qui seront consultées. Colère des éleveurs.

AFP

La consultation sur le train d'ordonnances agricoles se termine vendredi. Il n'est guère contesté. Seul regret: l'abandon du programme de sorties régulières en plein air pour les animaux.

«Une immense déception» pour les organisations d'éleveurs et de protections des animaux et les producteurs de lait. Le programme de sorties régulières en plein air (SRPA), dédié au bien-être des animaux, est un immense succès pour l'agriculture: 80% des détenteurs de bovins en font usage.

«C'est incompréhensible que ce programme ne figure pas au train d'ordonnances», lâche Markus Ritter, président de l'USP. Les organisations ont signé un pacte mardi pour maintenir ces sorties en plein air.

Rester dehors

L'élevage en pâturage offre le plus grand bien-être aux animaux, retient Vache mère suisse. Selon l'organisation, les vaches et les veaux y ont l'espace pour «se défouler» et mangent ce qui leur convient le mieux: l'herbe. Les sorties régulières sont positives pour la santé des vaches et la qualité du lait et de la viande, selon Hansuli Huber, directeur de la protection suisse des animaux.

Le pâturage est l'un des atouts de la production animale suisse et mérite d'être mieux soutenu, selon Vache mère suisse. Ce programme a vu le jour il y a plus de 20 ans et n'a subi que peu de modifications depuis. Il permet à 83% des vaches laitières et à plus de 90% des autres vaches de bénéficier de sorties régulières.

Aujourd'hui, explique Markus Ritter, le programme doit être adapté. Les paysans veulent garder les vaches dans les pâturages. Mais ils ont besoin de plus d'espace, s'ils veulent participer au programme SRPA.

Les changements structurels comportent le danger de garder les animaux en intérieur durant la phase de végétation. De nombreuses exploitations pourraient quitter le programme SRPA, estiment les producteurs suisses de lait.

19 ordonnances

Au total, 19 ordonnances ont été mises en consultation. Seize sont de la compétence du Conseil fédéral, deux du Département fédéral de l'économie et une de l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG). Elles concernent aussi bien les paiements directs, des améliorations structurelles et la promotion des ventes.

La Confédération encourage notamment les producteurs à réduire l'usage des produits phytosanitaires en viticulture et dans la culture des betteraves sucrières, une mesure saluée par l'Union suisse des paysans. Les objectifs écologiques seront soutenus via des contributions aux aménagements, selon l'OFAG.

Réelle simplification

Des premières mesures destinées à simplifier et à réduire la charge administrative se dessinent et sont un point positif, selon l'USP. Certaines propositions vont toutefois dans la mauvaise direction, souligne la faîtière.

Pour l'UDC, ce paquet va dans le bon sens, mais reste insuffisant. Contrairement à ce qu'avance le Conseil fédéral, les charges administratives des paysans n'en sont pas diminuées, soulève le parti de droite dans sa prise de position.

Le texte, de plus de 300 pages, montre la complexité de la politique agraire actuelle. Le parti agrarien demande au Conseil fédéral une réelle simplification.

Entretien des arbres

De leur côté, les producteurs de fruitiers haute-tige et Fruit-union Suisse saluent les nouvelles exigences concernant l'entretien des arbres pour le niveau de qualité I. BirdLife Suisse la soutient pour les jeunes arbres jusqu'à 15 ans. Les paysans se verront obligés de tailler les arbres dans les règles de l'art et de combattre souris et autres organismes dangereux. Une proposition rejetée par l'USP.

Par le passé, les producteurs de fruits se sont plaints de la multiplication des maladies et des nuisibles. Grâce à cette ordonnance, les arbres devraient être plus sains. Seuls des arbres sains peuvent produire des fruits. Des arbres non traités meurent, estime Stephan Durrer, président de Hochstamm Suisse, cité par le bulletin d'information sur l'agriculture alémanique lid.ch. Pour le directeur de Fruit-union Suisse Georg Bregy, seuls les arbres soignés doivent recevoir une contribution de la Confédération.

(ats)

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