04.12.2017 à 15:30

AlimentationLes anti-foie gras ne lâchent rien

Après le refus aux États cette semaine de faire interdire l’importation de foie gras, les protecteurs des animaux repartent au combat et promettent une initiative.

von
Melina Schröter
Noël 2017 sera-t-il l’un des derniers avant une interdiction de l’importation de foie gras en Suisse?

Noël 2017 sera-t-il l’un des derniers avant une interdiction de l’importation de foie gras en Suisse?

Fotolia (image d'illustration)

Les sénateurs ont dit non, mais qu’en pensera le peuple? Mercredi, le Conseil des États rejetait par 37 voix contre 4 une motion du National exigeant l’interdiction des importations de produits d’animaux ayant subi des mauvais traitements. Les cuisses de grenouille, les produits de pelleterie mais aussi évidemment le foie gras étaient visés par la motion déposée par Matthias Aebischer (PS/BE). Un texte refusé par la Chambre haute. Il faut dire que son acceptation par le National semble basée sur un malentendu, de nombreux élus pensant voter sur des conditions d’élevage mais pas sur le foie gras.

Reste que ce refus ne décourage pas les défenseurs des animaux. Hier dans la NZZ am Sonntag, l’Alliance animale suisse annonçait le lancement d’une récolte de signatures le printemps prochain. Si l’initiative aboutit, c’est le peuple qui décidera du sort du foie gras en terres helvétiques. Une perspective qui réjouit Jérôme Dumarty, président de l’association Stop Gavage Suisse, pour qui l’interdiction du foie gras doit passer par une modification de la loi. «Bien sûr qu’il faut essayer de convaincre les gens. Mais quand le consommateur voit un produit en vente dans un magasin, il se dit qu’il ne doit pas y avoir de problème. Il faut donc un changement de loi.»

L’Alliance animale suisse entend mener son combat avec d’autres associations de défense des animaux. Stop Gavage devrait en faire partie. «Si nous avons ciblé sur cette problématique-là de la cause animale, c’est parce que le combat nous paraît gagnable. On le sait, les Alémaniques sont bien moins friands du foie gras que les Romands. Avec une bonne campagne outre-Sarine, on peut réussir. Aujourd’hui, la problématique de la cause animale est audible. Il y a une prise de conscience qui rend les choses différentes.»

Conscient de l’opposition qui ne manquera pas de naître dans les commerces et les restaurants, Jérôme Dumarty n’est pas opposé à une exception en ce qui concerne le foie gras éthique, non gavé. Même si, comme antispéciste, il est opposé à toute exploitation animale.

«Si on passe d’un foie gras gavé à du non gavé, ça sera déjà un progrès. Après, il y a une filière à mettre en place. La production actuelle de foie éthique ne suffirait pas à couvrir la consommation. De plus la France a beaucoup lutté pour que ne soit appelé «foie gras» que le produit d’animaux gavés. Donc il va peut-être être compliqué de donner ce nom à des foies issus d’animaux non gavés.» Le Röstigraben aura-t-il la peau du foie gras?

«Avec une bonne campagne en Suisse alémanique, on peut réussir à faire interdire le foie gras»

Jérôme Dumarty, président de l'association Stop Gavage Suisse

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!