France - «Madame Le Pen, c’est le loup déguisé en grand-mère»
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France«Madame Le Pen, c’est le loup déguisé en grand-mère»

Tête de file de la droite française, Valérie Pécresse s’est exprimée sur la «dédiabolisation» du parti d’extrême-droite RN entamée par sa présidente Marine Le Pen.

Marine Le Pen dirige le RN, anciennement Front National, depuis 2011, 

Marine Le Pen dirige le RN, anciennement Front National, depuis 2011,

AFP

«Les antisémites sont toujours là» au parti français d’extrême droite Rassemblement national (RN), dont la cheffe Marine Le Pen est «comme dans le Chaperon rouge, le loup qui se déguise en grand-mère», prévient dimanche une tête de file de la droite française, Valérie Pécresse.

«Les antisémites sont toujours là»

«Le RN, c’est comme dans le Chaperon rouge: c’est le loup qui se déguise en grand-mère. Madame Le Pen est le loup déguisé en grand-mère et qui essaye de dédiaboliser son parti. Mais si on ouvre les placards (...), on s’aperçoit que les antisémites sont toujours là», a souligné sur la station communautaire juive Radio J la présidente sortante de la région Ile-de-France, où se trouve la capitale française.

Valérie Pécresse a fait de sa réélection la condition d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2022.

Valérie Pécresse a fait de sa réélection la condition d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2022.

AFP

Mme Pécresse (Libres!, ex-Les Républicains) a cité le député européen RN Jean-François Jalkh, «qui a tenu en 2000 des propos négationnistes sur les chambres à gaz», et le conseiller régional Axel Loustau «qui lorsque nous avons baptisé l’hémicycle du Conseil régional du nom de Simone Veil est sorti de l’hémicycle pour ne pas avoir à rendre hommage» à Mme Veil.

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Élu en 2017 sur un programme centriste et un crédo «ni droite ni gauche», les ambitions réformatrices d’Emmanuel Macron ont été douchées par une grogne sociale d’abord, avec la crise des «gilets jaunes», puis par la pandémie de Covid-19. Sa candidature en 2022 est un secret de polichinelle et il serait très surprenant qu’il ne soit pas candidat. Il avait toutefois ouvert la porte à cette éventualité en décembre, estimant que certaines réformes pourraient le rendre tellement impopulaire qu’elles l’empêcheraient d’être candidat.

Élu en 2017 sur un programme centriste et un crédo «ni droite ni gauche», les ambitions réformatrices d’Emmanuel Macron ont été douchées par une grogne sociale d’abord, avec la crise des «gilets jaunes», puis par la pandémie de Covid-19. Sa candidature en 2022 est un secret de polichinelle et il serait très surprenant qu’il ne soit pas candidat. Il avait toutefois ouvert la porte à cette éventualité en décembre, estimant que certaines réformes pourraient le rendre tellement impopulaire qu’elles l’empêcheraient d’être candidat.

AFP
À ce stade, Marine Le Pen est l’adversaire numéro 1 d’Emmanuel Macron. Déjà finaliste en 2017, la patronne du Rassemblement national (extrême droite), avait été largement battue, avec 34% des voix contre 66% au futur président. Cette fois, plusieurs sondages donnent un match beaucoup plus serré au second tour et le chef de l’État ne s’y trompe pas en faisant d’elle sa principale rivale et en mettant un coup de barre à droite ces derniers mois.
La campagne est encore longue, et Marine le Pen avait notamment perdu de gros points dans un débat d’entre deux tours manqué en 2017.

À ce stade, Marine Le Pen est l’adversaire numéro 1 d’Emmanuel Macron. Déjà finaliste en 2017, la patronne du Rassemblement national (extrême droite), avait été largement battue, avec 34% des voix contre 66% au futur président. Cette fois, plusieurs sondages donnent un match beaucoup plus serré au second tour et le chef de l’État ne s’y trompe pas en faisant d’elle sa principale rivale et en mettant un coup de barre à droite ces derniers mois.

La campagne est encore longue, et Marine le Pen avait notamment perdu de gros points dans un débat d’entre deux tours manqué en 2017.

afp
Xavier Bertrand est pour l’instant le principal candidat déclaré de la droite républicaine. Ancien ministre et désormais à la tête des Hauts-de-France (nord), l’une des plus grandes régions du pays, il incarne une ligne politique assez proche de celle du président Macron, au centre-droit. Son objectif est de rallier les déçus de Macron, mais il devra aussi affronter la concurrence dans sa propre famille politique, notamment dans le clan des conservateurs.

Xavier Bertrand est pour l’instant le principal candidat déclaré de la droite républicaine. Ancien ministre et désormais à la tête des Hauts-de-France (nord), l’une des plus grandes régions du pays, il incarne une ligne politique assez proche de celle du président Macron, au centre-droit. Son objectif est de rallier les déçus de Macron, mais il devra aussi affronter la concurrence dans sa propre famille politique, notamment dans le clan des conservateurs.

afp

«Je suis prise en étau entre deux extrêmes»

Pour les élections régionales de juin en Ile-de-France, Mme Pécresse fait la course en tête dans les sondages devant le numéro 2 du RN, Jordan Bardella, trois candidats de gauche et le candidat du parti présidentiel La République en marche (LREM), Laurent Saint-Martin.

«Je suis prise en étau entre deux extrêmes: l’extrême droite qui veut me faire perdre, et une gauche qui est prête à s’allier avec des indigénistes, des islamo-gauchistes, des décroissants», a estimé Mme Pécresse, qui a fait de sa réélection la condition d’une éventuelle candidature à l’élection présidentielle de 2022.

Assistants d’eurodéputés du RN: un rapport de police dévoilé par un média français

Le Rassemblement national a dénoncé dimanche une manœuvre politique du pouvoir après la sortie dans le JDD d’un rapport de police synthétisant l’enquête qui vaut à Marine Le Pen d’être mise en examen depuis 2018 pour des soupçons d’emplois fictifs d’assistants d’eurodéputés RN.

«Le JDD, organe officiel du pouvoir macroniste, ressort la même sempiternelle affaire des assistants parlementaires, comme à chaque élection», a réagi sur Twitter Marine Le Pen, courroucée de voir cette affaire refaire surface à un mois des élections régionales prévues les 20 et 27 juin.

«Rien de neuf sous le soleil, sauf peut-être des bons sondages en vue?», a-t-elle encore ironisé.

Selon le Journal du dimanche, il s’agit d’un rapport de 98 pages de l’office anticorruption (OCLCIFF) daté du 15 février et adressé à la juge d’instruction Claire Thépaut, qui a mené les investigations. La magistrate a toutefois été nommée en décembre au tribunal de Bobigny et n’est plus chargée du dossier.

Environ 25 élus et assistants du RN, dont la présidente Marine Le Pen, son père Jean-Marie et de hauts dirigeants, sont mis en examen pour «détournements de fonds publics» ou recel de ce délit.

Les magistrats soupçonnent le RN d’avoir «de manière concertée et délibérée» mis en place un «système de détournement» des enveloppes allouées par l’UE à chaque député pour rémunérer des collaborateurs parlementaires (21’000 euros mensuels).

Ces collaborateurs auraient travaillé en réalité pour le parti frontiste, lui permettant ainsi des économies substantielles sur ses salaires.

(AFPE)

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