Environnement: Les arbres en ville souffrent du stress
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EnvironnementLes arbres en ville souffrent du stress

Les platanes, marronniers et autres hêtres sont soumis à rude épreuve au milieu du béton.

par
Pascale Bieri
Chantal Dervey

A les voir bien ancrés dans leur tronc… ils respirent la zénitude, au milieu du béton. Pourtant, les arbres en ville ne sont pas aussi sereins qu'il y parait. Comme nous, ils souffrent du stress! Alors certes, pas du «métro-boulot-dodo», mais de la pollution des voitures, des chantiers, du manque d'espace pour leurs racines, de l'imperméabilité du sol et des pipis de chiens! Et, cette année, la canicule en a rajouté une couche.

«A de nombreux endroits, les arbres ont réagi aux records de chaleur et à la sécheresse de cet été: leurs feuilles ont jauni ou sont tombées prématurément. Ces phénomènes sont appelés à se répéter, surtout en ville où les conséquences des changements climatiques sont accentuées par les conditions extrêmes du milieu.», explique Oliver Gardi, collaborateur scientifique pour la Haute école spécialisée de Berne, qui s'est intéressée au sort de ces grands végétaux en ville.

Bref, l'avenir n'est pas rose pour les arbres citadins. Alors qu'aujourd'hui, déjà, ils vivent déjà deux fois moins longtemps que leurs alter ego qui poussent à la campagne, voire trois fois moins lorsqu'ils sont situés en bordure de rue, la situation va encore empirer en raison du réchauffement climatique.

«Aujourd'hui, on plante surtout des maronniers, des platanes ou des érables, ce sont les essences les plus tolérantes en milieu urbain, mais elles souffrent de plus en plus des conditions actuelles», souligne Olivier Gardi. Raison pour laquelle, la Haute école des sciences agronomiques, forestière et alimentaire de la HES bernoises a recherché des arbres qui seront plus aptes, à l'avenir, à vivre dans nos villes «Nous testons d'autres espèces, provenant en majorité du bassin Méditerranée, qui pourraient s'adapter au climat des cités suisses de demain», poursuit le scientifique. Un exemple: un chêne spécifique des Balkans ou de Croates.

Car les arbres sont importants dans les cités. Pour le poumon de verdure qu'ils apportent, visuellement et psychiquement. Mais aussi pratiquement. «Comparés aux forêts, ils ont une capacité d'absorption de CO2 modeste, mais compte tenu de la déforestation mondiale et de la forte progression de l'urbanisation, ils vont jouer un rôle toujours grandissant.» Et c'est sans compter l'ombre qu'ils apportent par beau temps et leur aide pour réduire l'humidité en temps de pluie.

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