02.01.2020 à 14:27

Les Archives d'État de Venise rompent avec l'EPFL

Numérique

Les Archives d'État de Venise ont cessé unilatéralement toute collaboration avec la haute école vaudoise après sept années.

Venise reproche à l'EPFL des «erreurs méthodologiques» en matière de transfert et de conservation des données.

Venise reproche à l'EPFL des «erreurs méthodologiques» en matière de transfert et de conservation des données.

Keystone

Les Archives d'État de Venise lâchent l'EPFL pour le projet Venice Time Machine. La haute école lausannoise va néanmoins continuer de développer cette «machine à remonter le temps», qui vise à reconstituer numériquement l'histoire de la Cité des Doges.

Les Archives d'État de Venise avaient déjà annoncé en septembre qu'elles suspendaient leur collaboration avec l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Les relations sont désormais «définitivement rompues», écrit l'institution italienne dans un communiqué daté du 27 décembre et relayé par le média en ligne Bon pour la tête.

«L'EPFL prend acte de la décision unilatérale de la nouvelle direction des Archives de l'État de Venise», commente jeudi la haute école, contactée par Keystone-ATS. Elle relève que cette rupture intervient après «sept années de collaborations fructueuses et mutuellement positives avec les directions précédentes».

Malgré ce coup d'arrêt, l'EPFL assure que Venice Time Machine pourra continuer sans les archives de la ville, en «s'appuyant sur des collaborations avec d'autres institutions que les Archives», comme par exemple l'Université Ca'Foscari de Venise.

Critiques

Dans leur communiqué, les responsables des archives vénitiennes dénoncent notamment des «erreurs méthodologiques» en matière de transfert et de conservation des données. Ils reprochent aussi à l'EPFL de vouloir mettre à disposition sur internet «une série d'images sans vérification scientifique».

Les Archives d'État disent également regretter le manque de transparence de l'EPFL, les relations entre les deux parties étant jugées «pas suffisamment exhaustives et claires». Le financement du projet, dont a bénéficié l'EPFL, pose également problème aux Italiens.

Concernant ces critiques, l'EPFL affirme avoir remis au directeur des Archives le document interne qu'il avait requis. «Il a unilatéralement décidé de mettre fin à la collaboration, sans aucune possibilité de discussion, refusant toute rencontre avec des représentants de l'EPFL», explique-t-elle, affirmant ne pas pouvoir se prononcer sur ces griefs «sans que ces discussions n'aient eu lieu».

Plongée dans le passé

Venice Time Machine a été initié en 2013 par l'EPFL, l'Université Ca'Foscari et les Archives d'État de la ville. Cette «machine à remonter le temps» ne vise pas à une simple numérisation des archives, mais à reproduire virtuellement le développement de la ville à travers l'histoire. Le projet a déjà permis la numérisation de centaines de milliers de documents.

Lancée avec Venise, la méthodologie de Venice Time Machine s'est ensuite étendue à des dizaines de villes en Europe grâce à un financement de la Commission européenne.

(ats)

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