Election présidentielle: Les Argentins votent et se projettent dans l'après Kirchner

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Election présidentielleLes Argentins votent et se projettent dans l'après Kirchner

Les Argentins votent ce dimanche pour élire leur prochain président. Daniel Scioli, le candidat de centre-gauche soutenu par la présidente sortante, fait figure de favori.

Daniel Scioli,le candidat de centre-gauche soutenu par la présidente sortante, est le favori de l'élection présidentielle en Argentine.

Daniel Scioli,le candidat de centre-gauche soutenu par la présidente sortante, est le favori de l'élection présidentielle en Argentine.

Keystone

Les Argentins ont commencé à voter dimanche pour élire leur prochain président, le candidat de centre-gauche Daniel Scioli ou le conservateur Mauricio Macri, après 12 ans de règne de Nestor et Cristina Kirchner. Daniel Scioli, soutenu par la présidente sortante Cristina Kirchner et sa coalition de gauche le Front pour la victoire (FPV), est le grand favori. Cet ancien pilote de offshore, amputé du bras droit après un accident en course, devance d'environ dix points, selon les derniers sondages, son concurrent le plus dangereux, Mauricio Macri, maire de Buenos Aires depuis 2007.

Le futur président, qui prendra ses fonctions le 10 décembre, peut décrocher une victoire dès le premier tour s'il rassemble 45% des suffrages, ou seulement 40% si l'écart avec le deuxième atteint 10 points. Si un candidat ne s'impose pas à l'issue du 1er tour, un second tour sera convoqué, le 22 novembre, ce qui serait une première dans l'histoire du pays-sud-américain.

Primaires en août

En août, lors des primaires tenant lieu de sondage grandeur nature, Scioli, avec 39% des votes, a devancé Macri (30%) et Sergio Massa (20%), un député et ancien chef du gouvernement de Mme Kirchner qui a notamment fait campagne sur le thème de la sécurité.

Les premiers bulletins sont tombés dans les urnes peu après 8 heures (11 heures GMT) et les bureaux de vote fermeront à 18 heures (21 heures GMT). Les Argentins choisissent aussi dimanche députés et sénateurs, et leur maire, gouverneur dans certaines provinces de ce pays quatre fois plus grand que la France.

Centriste avide de dialogue

Daniel Scioli, 58 ans, se présente comme un centriste avide de dialogue et hommes de consensus, alors que Cristina Kirchner a gouverné durant ses deux mandats dans un style de confrontation, en concentrant les pouvoirs.

«Je ne propose aucune révolution. Je maintiendrai ce qu'il faut maintenir, je changerai ce qu'il faut changer et je corrigerai ce qu'il faut corriger, à ma manière», a déclaré cette semaine Daniel Scioli, gouverneur de la province de Buenos Aires, une circonscription de la taille d'un Etat comme l'Italie et qui rassemble près de 40% de l'électorat, avec 16 des 41 millions d'Argentins.

Chanteur polémique

Jeudi lors du meeting de fin de campagne, Scioli a confié l'animation musicale à un chanteur polémique, Ricardo Montaner, militant anti-Chavez, alors que les gouvernements Kirchner ont soutenu le président vénézuélien Hugo Chavez, une manière de suggérer une politique diplomatique différente tout en ménageant l'électorat le plus à gauche du FPV.

Pendant ce même meeting, il a promis que s'il était élu, tous les salariés touchant moins de 3000 euros nets seront exemptés d'impôt sur le revenu, une mesure qui avantagerait 600'000 personnes au sein de la classe moyenne.

De son côté, Mauricio Macri, 56 ans, rejette en bloc la politique menée par les Kirchner. Il a dû mettre de l'eau dans son vin et annoncer le maintien de certaines aides sociales octroyés par les Kirchner, des mesures très populaires pour la majorité des Argentins.

Kirchner critiquée

Promoteur d'une politique économique libérale, Macri critique la politique économique Kirchner, notamment le protectionnisme et la culture des allocations et subventions. Ancien président du club de football de Boca Juniors, qu'il a conduit à tous les succès, il a le soutien des milieux d'affaires.

Daniel Scioli et Mauricio Macri ont surpris en participant ensemble vendredi soir à une inauguration. Ils se sont serré la main et ont échangé quelques mots, une situation paradoxale, alors qu'ils se combattent depuis des mois.

Maradona soutient Scioli

De nombreuses personnalités argentines ont pris position pour les candidats. «C'est un homme travailleur, honnête, très simple, et comme président de Boca Juniors, il a apporté un changement radical», affirme l'actrice Susana Gimenez au sujet de Mauricio Macri. Le footballeur de Barcelone Javier Mascherano s'est aussi affiché en faveur de Macri.

Depuis Dubai, Diego Maradona soutient Scioli. «Il va prendre soin de nous et défendre les intérêts de tous les Argentins. On peut lui faire confiance, et il s'est toujours engagé pour améliorer le quotidien des gens», a écrit Maradona sur son compte Facebook.

Les sondeurs prédisent une longue nuit électorale dimanche soir, car il sera difficile de dire rapidement et avec certitude si Scioli l'emporte dès le premier tour, ce qui est possible, ou s'il faut convoquer un second tour le 22 novembre.

(ats)

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