Birmanie - Les avocats d’Aung San Suu Kyi interdits de la rencontrer
Publié

BirmanieLes avocats d’Aung San Suu Kyi interdits de la rencontrer

L'ex-dirigeante birmane a demandé à enfin pouvoir rencontrer l'équipe chargée de la défendre. La police n'a pas accédé à sa requête et l'audience a été reportée au 10 mai

Une image d’Aung San Suu Kyi est projetée sur un écran lors d'une manifestation nocturne de manifestants contre le coup d'État militaire à Yangon, le 13 mars 2021.

Une image d’Aung San Suu Kyi est projetée sur un écran lors d'une manifestation nocturne de manifestants contre le coup d'État militaire à Yangon, le 13 mars 2021.

AFP

Aung San Suu Kyi, 75 ans, a comparu lundi en visioconférence devant un tribunal de la capitale Naypyidaw. Elle a demandé à enfin pouvoir rencontrer l'équipe chargée de la défendre, mais la police n'a pas accédé à sa requête, disant y travailler «étape par étape», et l'audience a été reportée au 10 mai, selon l'un de ses avocats. La lauréate du prix Nobel de la paix 1991, amaigrie mais qui semble en bonne santé, est très contrariée par la lenteur de la procédure, a ajouté l’avocate Min Min Soe.

Six chefs d’accusation

Arrêtée le 1er février au moment du putsch, Aung San Suu Kyi n'a pas été vue en public depuis et est assignée à résidence à Naypyidaw. Elle est poursuivie pour six chefs d'accusation, notamment pour violation d'une loi sur les secrets d'Etat datant de l'époque coloniale. Elle est aussi accusée d'avoir perçu plus d'un million de dollars et 11 kilos d'or de pots-de-vin, mais n'a pas été inculpée de «corruption» pour le moment. Si elle était reconnue coupable, elle pourrait être bannie de la politique, voire condamnée à de longues années de prison.

Aung San Suu Kyi n'a «pas accès aux informations et à la télévision. Je ne pense pas qu'elle connaisse la situation actuelle du pays», a déploré Min Min Soe.

Les manifestations se poursuivent

Les manifestations quotidiennes pour réclamer sa libération et le rétablissement de la démocratie continuent à être violemment réprimées par les forces de sécurité. Plus de 750 personnes ont été tuées et près de 3500 arrêtées, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Lundi, de petits groupes de protestataires sont encore descendus dans les rues à travers tout le pays, brandissant des pancartes «Libérez nos dirigeants» et des drapeaux rouges ornés d'un paon doré, le symbole du parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, a expliqué son coup d'Etat en alléguant des fraudes aux législatives de novembre, massivement remportées par la LND. Il a effectué ce week-end son premier déplacement à l'étranger depuis le coup d'Etat, en participant à un sommet avec les responsables de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) à Jakarta.

Au cours de la rencontre, les dix Etats membres de cette organisation ont plaidé pour une «cessation immédiate de la violence en Birmanie» et la nomination d'un émissaire spécial en mesure de se rendre au plus vite dans ce pays.

(AFP)

Votre opinion