Crise: Les banques grecques alimentées en billets jusqu'à lundi

Actualisé

CriseLes banques grecques alimentées en billets jusqu'à lundi

Elles ne rouvriront que lundi, alors que le gouvernement a été sommé de présenter un nouveau plan de réformes. Mais elles seront alimentées en billets d'ici là.

Les Grecs n'ont pu retirer, depuis la fermeture le 28 juin, que 60 euros par jour aux distributeurs.

Les Grecs n'ont pu retirer, depuis la fermeture le 28 juin, que 60 euros par jour aux distributeurs.

Keystone

Les banques grecques ont suffisamment de liquidité pour alimenter leurs distributeurs de billets jusqu'à lundi, a déclaré jeudi 9 juillet Louka Katseli, le président de la fédération bancaire grecque. «Nous savons que tout est assuré jusqu'à lundi», a-t-il dit à la chaîne Skai TV.

Les autorités grecques ont prolongé jusqu'au 13 juillet la fermeture des banques locales et plafonné les retraits aux distributeurs à 60 euros par jour. Cette fermeture du réseau bancaire a été prononcée le 29 juin, à la suite de l'échec des négociations entre la Grèce et ses créanciers internationaux.

Nouveau programme à venir

La Grèce a promis mercredi 8 juillet de présenter un nouveau programme de réformes «crédibles», répondant à l'ultimatum lancé par les dirigeants européens. Excédés, les chefs d'Etat et de gouvernement espèrent conclure avant dimanche un accord de la dernière chance pour maintenir le pays dans la zone euro.

«Sans unité, nous allons nous réveiller dans quatre jours dans une Europe différente», a lancé mercredi le président du Conseil européen Donald Tusk. Il a appelé la Grèce comme les créanciers à un accord d'ici dimanche. «C'est notre dernière chance», a-t-il insisté devant le Parlement européen.

«Ne laissons pas l'Europe se diviser»

A la tribune, le Premier ministre grec Alexis Tsipras s'est, lui, engagé à soumettre à ses créanciers «de nouvelles propositions concrètes de réformes crédibles» jeudi, comme le lui réclame la zone euro en contrepartie d'un troisième plan d'aide. «Ne laissons pas l'Europe se diviser», a-t-il lancé.

Mais Alexis Tsipras, issu de la gauche radicale et porté au pouvoir en janvier sur la promesse de ne pas imposer davantage d'austérité à la Grèce, a aussi défendu son «droit à choisir» la manière de redresser le pays. Il a affirmé qu'un accord devait être «socialement juste et économiquement viable». Il a encore demandé un rééchelonnement de la dette grecque.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde a affirmé qu'une restructuration de la dette de la Grèce était «nécessaire».

Ciblé par les eurodéputés

Et le gouvernement grec a formulé mercredi une demande non chiffrée pour un prêt sur trois ans auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES), pour respecter ses obligations. Le MES a demandé de son côté à la Commission européenne, à la Banque centrale européenne (BCE) et au FMI d'examiner si la Grèce constitue une menace pour la stabilité financière de la zone euro.

Les déclarations du Premier ministre grec ont été accueillies froidement par les principaux parlementaires. La gauche radicale et l'extrême-droite l'ont toutefois soutenu.

Le scénario du «Grexit» évoqué sans tabou

En pleine épreuve de force entre Athènes et ses créanciers, exaspérés après des mois de négociations houleuses, le ton se fait de plus en plus alarmiste. Les partenaires européens de la Grèce évoquent désormais sans tabou le scénario du «Grexit», la sortie du pays de la zone euro.

Les pays de cette zone, les principaux créanciers d'Athènes, vont à présent étudier la nouvelle demande d'aide sur trois ans que la Grèce vient de lui adresser.

Sommet européen prévu

Mais la requête d'Athènes devra être assortie d'un plan avec «des réformes enfin sérieuses», a estimé mercredi le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. Le «programme complet» promis par Alexis Tsipras devra être envoyé à ses partenaires avant jeudi minuit, puis examiné par les créanciers et soumis samedi aux ministres des Finances de la zone euro.

Pour l'heure, la Grèce s'est engagée à des réformes des impôts et des retraites «dès la semaine prochaine», a indiqué le nouveau ministre des Finances Euclide Tsakalotos.

Si ce programme donne satisfaction, les dirigeants européens pourront officiellement donner le coup d'envoi des négociations sur ce nouveau programme d'aide dimanche, lors d'un sommet exceptionnel à 28 à Bruxelles. Dans le cas contraire, cette réunion pourrait se transformer en sommet de crise, amorçant la sortie de la Grèce de la zone euro.

Banques grecques encore fermées

Des solutions urgentes et à court terme sont aussi nécessaires pour qu'Athènes puisse rembourser le 20 juillet la BCE, qui maintient en vie son économie par une aide financière aux banques. Faute d'accord, la BCE pourrait lâcher les banques grecques, conduisant inévitablement à un effondrement du système bancaire du pays. Les banques vont rester fermées jusqu'à lundi, a indiqué mercredi une source au ministère grec des Finances.

La BCE a laissé inchangé mercredi le niveau actuel des prêts d'urgence (ELA) qu'elle accorde aux banques grecques. Mais «l'exaspération et l'impatience montent au sein (de cette instance) face à l'attitude du gouvernement grec», a indiqué une source bancaire.

Le non l'a emporté à plus de 60 % lors du référendum convoqué par Athènes dimanche. Et les dirigeants européens sont également gagnés par l'exaspération face aux derniers rebondissements après ce scrutin.

(AFP)

Ton opinion