Suisse: Les banques optimistes en matière d'emploi
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SuisseLes banques optimistes en matière d'emploi

Toutefois, plus du quart des 56 établissements sondés, soit 27%, tablent sur un recul de l'emploi.

La pénurie de main-d'oeuvre qualifiée pour les banques s'est une nouvelle fois considérablement accrue au regard de l'an dernier.

La pénurie de main-d'oeuvre qualifiée pour les banques s'est une nouvelle fois considérablement accrue au regard de l'an dernier.

Keystone

Alors qu'elles ont vu leurs effectifs diminuer l'an passé, les banques actives en Suisse se veulent optimistes en matière d'emploi. Au regard de l'année dernière, près du double, soit pas loin de la moitié des responsables du personnel des banques, prévoient une augmentation du nombre de postes dans leur entreprise ces cinq prochaines années.

Si l'optimisme est de mise dans l'ensemble, le tableau demeure cependant hétérogène, relève vendredi Employeurs Banques, l'Association patronale des banques en Suisse, dans la 2e édition de son Moniteur. Ainsi, plus du quart des 56 établissements sondés, soit 27%, tablent sur un recul de l'emploi.

Et ils sont tout autant (28%) à estimer que la situation demeurera inchangée d'ici cinq ans. Plus en détail, 40% des instituts interrogés escomptent une augmentation de leur effectif entre 1 et 50 postes. Ceux anticipant des créations ou des suppressions entre 51 et 100 emplois représentent chacun une part de 5%.

La proportion de banques tablant sur une expansion de leur effectif entre 101 et 500 emplois atteint 2%. Pour mémoire, les établissements financiers actifs en Suisse employaient à fin 2015, 103'041 salariés à temps plein, 1% de moins qu'un année auparavant.

Plus de conseillers à la clientèle

Le secteur du conseil à la clientèle devrait bénéficier de la plus forte création de postes, quand bien même l'heure est à la numérisation aussi dans le secteur financier. Dans le contexte d'un «foisonnement réglementaire» que la plupart des établissements (93%) jugent inquiétant, les domaines de la gestion des risques ainsi que des services devraient également bénéficier d'embauches supplémentaires.

En revanche des baisses sensibles devraient intervenir dans l'informatique et le «back-office», reflet des futures délocalisations et externalisations. Ce dernier phénomène traduit d'une part la pression sur les coûts, mais aussi la persistance d'un manque de personnel qualifié résultant elle de l'application de l'initiative contre l'immigration de masse.

A ce titre, Employeurs Banques souligne que la place financière suisse, si elle veut maintenir son rang au niveau international, ne pourra pas se passer de collaborateurs étrangers hautement qualifiés.

La pénurie de main-d'oeuvre qualifiée pour les banques s'est une nouvelle fois considérablement accrue au regard de l'an dernier, relève l'association patronale. Le recours au potentiel indigène est limité, alors que le secteur bancaire compte plus de postes à pourvoir que de chômeurs.

Offre de formation étoffée

L'utilisation de ce potentiel national requiert notamment un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle ainsi qu'une volonté de travailler au-delà de l'âge de la retraite. Or, peu de salariés sont intéressés à rester plus longtemps dans la vie active.

Afin de répondre à cette difficulté, Employeurs Banques et la Société suisse des employés de commerce vont proposer une formation sanctionnée par un certificat. Cette dernière, qui compte 180 heures de cours, sera proposée pour la première fois en 2017 à Zurich.

(ats)

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