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Pop californienneLes Beach Boys sortent un nouvel album

Avec «That’s why God made the radio», un album écrit pour fêter leur 50 ans de carrière, les Beach Boys se sont retrouvés pour une plongée nostalgique dans les 60's.

C’était le temps des juke-boxes, des flirts à la plage et de l’insouciance : les Beach Boys offrent à leurs fans un délicieux voyage dans les années 60, avec un nouvel album "That’s why God made the radio", spécialement écrit pour fêter leur 50 ans de carrière. La sortie mondiale de cet album --lundi ou mardi suivant les pays - est un événement, qui a longtemps semblé inconcevable.

C’est la première fois depuis 20 ans que les membres historiques du groupe - Brian Wilson, Mike Love, Al Jardine, David Marks et Bruce Johnston - se retrouvent.

Formés en 1961 à Hawthorne (Californie), les Beach Boys étaient, à l’origine, constitués de trois frères adolescents (Brian Wilson, Carl et Dennis - tous deux décédés aujourd’hui -, de leur cousin Mike Love et de leur ami de lycée Al Jardine.

En 1962, au moment de leur première vague de tubes, leur voisin David Marks a rejoint le groupe, qu’il a quitté fin 1963.

Premier album en 1962

Deux ans plus tard, quand Brian Wilson a arrêté de tourner avec les Beach Boys pour se concentrer sur l’écriture et la production de leurs albums, Bruce Johnston les a rejoints. Le premier album des Beach Boys "Surfin’ Safari" est paru en juillet 1962. Il a passé 37 semaines au sommet des "charts" américains, propulsant le groupe vers la notoriété internationale.

Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, les Beatles et les Rolling Stones faisaient leur premiers pas : la pop était née.

Avec leurs harmonies vocales, leur univers inspiré de la culture surf - elle aussi naissante - et leur musique ensoleillée, les Beach Boys ont signé des dizaines de tubes ("Surfin’ USA", "Good Vibrations", "Kokomo") et un album de légende "Pet Sounds" (1966).

Mais dès le milieu des années 60, des dissensions sont apparues au sein du groupe, accrues par des divergences musicales et les problèmes mentaux dont souffrait Brian Wilson. S’en sont suivies des années de brouilles et de litiges juridiques.

"Pour vous dire la vérité, c’est un miracle que nous soyons tous les cinq réunis et que nous apprécions la compagnie les uns des autres", a récemment avoué David Marks au magazine Newsweek.

Se retrouver dans les studios historiques du groupe "a fait ressurgir beaucoup de souvenirs. Des bons et des mauvais, mais je n’ai pas laissé les mauvais souvenirs m’ennuyer", a confié Brian Wilson à la presse anglaise.

Histoire musicale du groupe

Ce dernier, considéré comme le génie créatif du groupe, a écrit la plupart des chansons de "That’s why God made the radio".

Le musicien a expliqué avoir construit l’album comme un passage en revue de l’histoire musicale du groupe.

Les premières chansons du disque rappellent les tubes simples des débuts, alors que les suivantes reflètent le tournant artistique plus introspectif pris avec "Pet Sounds" puis "Smile", l’album qu’il avait composé en 1967 mais qu’il n’a publié qu’en 2004.

Avec une fraîcheur intacte, les Beach Boys ont délicieusement remonté le temps jusqu’à l’été 62, avec des chansons aux titres évocateurs "Spring vacation" ("Vacances de printemps") dont les paroles parlent même de "good vibration" ou "Beaches in mind" ("Des plages à l’esprit").

«Il est temps de partir»

Mais les désormais septuagénaires ne sont pas dupes de la nostalgie. "L’été est parti/La nuit se fait fraîche/Il est temps de partir", chantent-ils en choeur sur la magnifique ballade qui clôt l’album.

Les Beach Boys se sont embarqués dans une tournée mondiale - pas de date en France programmée pour le moment - pour poursuivre en beauté la célébration de ce cinquantième anniversaire.

Les Stones et les Beatles ont aussi 50 ans

Les Beatles, les Rolling Stones et les Beach Boys, trois groupes fondateurs de la pop, fêtent leur cinquantième anniversaire cet année, mais seuls les Américains ont décidé de célébrer l’événement en grande pompe.

Les Beatles et les Rolling Stones souffleront leurs bougies de façon plus discrète.

Les maisons de disques respectives des deux groupes, EMI et Universal, ont fêté par avance leur anniversaire en rééditant l’ensemble de leurs albums en version resmasterisée en 2009 et 2010.

Toujours en activité, les Stones avaient un temps évoqué la possibilité de donner "quelques concerts" en 2012 pour marquer le coup.

Mais la longue brouille entre Keith Richards et Mick Jagger - après des confidences peu flatteuses distillés par le premier sur le second dans ses mémoires - n’a pas aidé aux préparatifs.

Keith Richards a récemment avoué au magazine américain Rolling Stone que le groupe n’était pas prêt et avancé la date de 2013.

Pas de nouvel album en vue non plus, même si le groupe a récemment passé du temps en studio. Le dernier, "A bigger bang", remonte à 2005. Le seul événement programmé pour le moment est donc la sortie d’un documentaire retraçant leur carrière, prévue en septembre.

C’est également sur écran qu’on retrouvera les Beatles. Leur célèbre film d’animation "Yellow Submarine" (1968) sortira en version restaurée en DVD et Blu-Ray le 4 juin. Paul McCartney a un agenda chargé, avec la réédition de son album "RAM" (1971) et la récente sortie de son album de reprises "Kisses on the bottom".

Il sera sur scène le 4 juin pour souffler d’autres bougies : celles de la reine Elizabeth II qui célèbre cette année le soixantième anniversaire de son accession au trône. Ringo Starr a, lui aussi, publié un nouvel album "Ringo 2012" au début de l’année.

Mais les deux ex-Beatles n’ont, pour le moment, pas fait part de leur intention de se retrouver d’une façon ou d’une autre pour commémorer la naissance du groupe. (afp)

(AFP)

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