Rio 2016: Les bénévoles rendent leur tablier

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Rio 2016Les bénévoles rendent leur tablier

Des volontaires dont plusieurs Suisses, déplorent le manque de formation et la barrière de la langue.

Selon les médias locaux, environ 30% des bénévoles ont laissé tomber.

Selon les médias locaux, environ 30% des bénévoles ont laissé tomber.

Archives, Reuters

Rio a un problème avec ses bénévoles. Des milliers d'entre eux ne se sont pas présentés ou ont jeté l'éponge. Parmi eux des Suisses, souvent handicapés par la barrière linguistique.

Ils contrôlent les billets d'entrée, informent sur les horaires de bus, nettoient les terrains de jeu après la pluie: quelque 50'000 volontaires ont été engagés, dont 10% de non Brésiliens venus de 160 pays.

Mais environ 30% laissent tomber, selon les médias locaux. Beaucoup ont abandonné durant les trois premiers jours, parce qu'ils ne voulaient pas se faire insulter par des spectateurs énervés, explique un porte-parole des organisateurs.

Une entrave

«Après trois jours, j'en ai eu marre», raconte Sämi, un jeune Lucernois. Il était responsable du contrôle à l'entrée du parc olympique. Ne parlant qu'anglais, il n'a pratiquement rien compris aux instructions données en portugais et avait le sentiment d'être «une entrave plus qu'une aide». Sans compter qu'il y avait pas mal de faux frais, y compris sa propre place de parking. «Au final, c'était trop».

Les organisateurs admettent qu'il y a eu, surtout au début, des problèmes de transport et de ravitaillement et de longues attentes aux entrées, en raison du manque de personnel de sécurité. De plus, de nombreux volontaires étaient dépassés et ont donné des informations erronées, parce qu'ils n'étaient pas assez bien formés.

Tutoyer un conseiller fédéral

Anne-Rose Gottier, affectée à la voile, est toujours en fonction, mais elle a traversé des moments difficiles. Son groupe était composé de dix volontaires, de sept pays. Un jour, ils n'étaient plus que sept, le lendemain plus que quatre. «La responsable m'a demandé si je pouvais travailler, alors que j'étais censée avoir congé.»

Mais, pour Anne-Rose Gottier, les rencontres compensent ces difficultés. Elle félicite personnellement les médaillés, fait la connaissance de musiciens et discute avec des conseillers fédéraux. «A la Maison Suisse, tout le monde se tutoie», explique-t-elle. «Le ministre des sports Guy Parmelin s'est ainsi présenté très simplement par un 'Je suis Guy'».

Un porte-parole a loué dans l'ensemble «la flexibilité brésilienne» des volontaires. Ils réagissent vite face aux problèmes, a-t-il indiqué.

(ats)

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