Transport aérien: Les billets d'avion sont facilement piratables
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Transport aérienLes billets d'avion sont facilement piratables

Les criminels peuvent facilement s'emparer des données contenues sur les cartes d'embarquement en raison de la faiblesse de leur code barre.

par
Christine Talos
Le code barre à gauche est le point faible des cartes d'embarquement. Et ce pour toutes les compagnies aériennes.

Le code barre à gauche est le point faible des cartes d'embarquement. Et ce pour toutes les compagnies aériennes.

flight-report.com

Vous vous apprêtez à prendre l'avion et par précaution, vous vous envoyez la photo de votre carte d'embarquement électronique ainsi que celle de votre passeport sur votre mobile? Attention à ne pas vous tromper. En effet, si votre «boarding pass »tombe entre de mauvaises mains, vous pouvez avoir de gros ennuis. Ceci en raison de la très faible protection de son code barre (QR).

En effet, n'importe qui ou presque peut utiliser le scanner d'une application de téléphone mobile pour lire les informations que le QR code contient, soit le nom, le prénom et le numéro de réservation de la carte. Des informations largement suffisantes pour se connecter auprès de la plupart des compagnies aériennes et semer ainsi la zizanie, souligne le Blickjeudi.

Un lecteur zurichois du journal en a fait l'expérience. L'homme a reçu la semaine dernière un SMS contenant la carte d'embarquement d'un vol Zurich-Londres avec Swiss. Hic: il n'avait jamais réservé de vol et le billet était au nom d'une certaine Sabrina. Celle-ci s'était sans doute trompée, croyant probablement envoyer son billet sur son portable. Le lecteur est choqué: «J'aurais pu facilement annuler ce vol», explique-t-il.

Données confidentielles en quelques clics

Le Blick a du coup tenté l'expérience: en quelques clics, le journal a pu lire les données du billet de la voyageuse, à savoir sa date de naissance, son numéro de passeport et la durée de son voyage. Il aurait même pu changer la réservation, voire l'annuler.

Le journal rappelle que les piratages sur les cartes d'embarquement sont classiques, mais s'étonne toutefois de la facilité avec laquelle il est possible de le faire. En outre, il pointe la négligence des voyageurs qui n'hésitent pas parfois à poster sur les réseaux sociaux leur billet d'avion avant de monter dans l'avion, ou l'abandonnent après le vol. Sans parler de ceux qui le jettent par inadvertance.

Le quotidien critique aussi les compagnies aériennes chez qui il suffit de se connecter en entrant le nom de famille et le numéro de réservation. Elles pourraient sécuriser davantage leur accès mais aucune ne le fait, reproche-t-il. Pourtant, il en va parfois de la vie des passagers, écrit-il. En effet, sur certaines compagnies, une personne malintentionnée peut même changer le menu servi à bord. Un danger pour les voyageurs souffrant d'allergies.

Aux passagers d'être attentifs

Interrogée, la compagnie Swiss estime que c'est aux passagers d'assumer la responsabilité de leurs données. «Il est évident qu'il ne faut pas publier sa carte d'embarquement, ses mots de passe ou la copie de son passeport», estime son porte-parole. Même topo du côté de la faîtière mondiale des compagnies aériennes, Iata: «Les passagers doivent traiter les cartes d'embarquement comme d'autres documents confidentiels contenant des données personnelles sensibles».

La protection des données des compagnies est-elle suffisante? Jean-Philippe Walter, préposé fédéral suppléant à la protection des données et à la transparence, a demandé des précisions à la compagnie Swiss.

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