Science: Les bombardements de 1939-45 ont perturbé notre atmosphère

Actualisé

ScienceLes bombardements de 1939-45 ont perturbé notre atmosphère

Des chercheurs britanniques ont découvert que les ondes de choc des bombes alliées ont eu des impacts sur l'ionosphère.

par
Michel Pralong
Les bombardements alliés ont été massifs, détruisant presque complètement des villes comme Dresde.

Les bombardements alliés ont été massifs, détruisant presque complètement des villes comme Dresde.

AFP

La Seconde Guerre Mondiale a été le théâtre de bombardements massifs et fréquents qui ont semé la destruction, particulièrement en Europe. Mais des scientifiques viennent de découvrir que ces largages de bombes ont également eu des répercussions dans notre atmosphère. Plus particulièrement dans l'ionosphère.

Il s'agi de la haute couche de l'atmosphère, située entre 80 et 600 km d'altitude et qui est caractérisée par la présence de ions chargés électriquement par le rayonnement solaire. La densité électronique peut être modifiée, notamment par la foudre, comme l'a découvert Christopher Scott, physicien à l'Université de Reading (GB). Mais il ignorait si ces variations étaient dues à l'énergie explosive de la foudre ou à sa charge électrique. Il a donc recherché des explosions répertoriées sur la surface terrestre et a pensé aux bombardements de la Seconde Guerre Mondiale.

152 bombardements alliés étudiés

S'il a tout d'abord pensé étudier le Blitz, soit la série de bombardements allemands sur Londres (au cours desquels deux des tantes de Christopher Scott, âgées de 9 et 11 ans, ont trouvé la mort, écrit «LiveScience»), le calendrier et le type de bombes utilisées n'étaient pas suffisamment répertoriés. Il s'est donc tourné vers les bombardements alliés sur le continent européen et a comparé 152 d'entre eux avec les mesures ionosphériques effectuées de 1943 à 1945 au-dessus du Radio Research Center de Slough (GB).

Des bombes de 10 tonnnes

Il a découvert que, même jusqu'à 1000 km de distance, les ondes de choc des bombes avaient entraîné une diminution de la concentration des électrons dans l'ionosphère, selon les résultats publiés ce jeudi dans la revue «Annales Geophysicae». Il faut dire que chaque bombardement libérait l'équivalent de 300 coups de foudre, notamment les bombes britanniques «Grand Slam» pesant 10 tonnes chacune. Certains équipages de bombardiers avaient signalé à l'époque que leur avion avait même été endommagé par l'onde de choc provoquée par l'explosion de telles bombes, même en volant plus haut que l'altitude de sécurité.

Ces modifications de l'ionosphère étaient éphémères, mais elles ont pu perturber les émissions radio à ondes courtes. On a observé en 2017 que le lancement de la fusée SpaceX avait provoqué une onde de choc qui avait causé un trou dans l'ionosphère. Cela pourrait avoir causé des perturbations dans la navigation GPS durant une ou deux heures.

L'équipe de scientifique de l'Université de Reading va maintenant tenter de déterminer quelle est l'énergie minimum nécessaire pour perturber l'ionosphère.

Ton opinion