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TensionsLes Bosniens continuent à descendre dans la rue

Ils réclament des élections anticipées, promises par le chef du gouvernement selon une membre d'une délégation d'opposants.

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Plusieurs centaines de policiers et de manifestants ont été blessés à Sarajevo lors de heurts dimanche 9 février . (11 février 2014)

Plusieurs centaines de policiers et de manifestants ont été blessés à Sarajevo lors de heurts dimanche 9 février . (11 février 2014)

AFP
La présidence a été incendiée à Sarajevo.  (7 février 2014)

La présidence a été incendiée à Sarajevo. (7 février 2014)

Reuters
La troisième journée de manifestations contre la pauvreté a tourné à l'émeute vendredi en Bosnie-Herzégovine. (7 février 2014)

La troisième journée de manifestations contre la pauvreté a tourné à l'émeute vendredi en Bosnie-Herzégovine. (7 février 2014)

Reuters

Des milliers de Bosniens sont à nouveau descendus dans la rue de plusieurs villes lundi pour manifester.

Des manifestations ont rassemblé des centaines de protestataires à Brcko (nord), Tuzla et Bihac (nord-ouest), Bugojno (centre) ainsi qu'à Vitez et Mostar (sud). A Sarajevo, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège de la présidence. Ils réclament la démission du gouvernement de l'entité croato-musulmane qui avec une entité serbe, forme la Bosnie.

Les manifestants se sont ensuite rendus devant le siège du gouvernement où une délégation improvisée a été reçue par le Premier ministre, Nevnin Niksic.

«Virer ces criminels»

Selon Amra Dulic, une membre de cette délégation, le chef du gouvernement a promis d'oeuvrer pour la tenue d'élections anticipées tout en refusant de présenter sa démission. Il se serait engagé à demander à la justice d'ouvrir des enquêtes dans des privatisations soupçonnées d'avoir été réalisées d'une manière illégale.

«Il faut virer ces criminels. Nous n'avons rien à manger», s'est exclamé un manifestant, Asim Kadric. «Ma retraite est de 340 marks (170 euros) et en hiver je donne la moitié pour le chauffage. Ces bandits doivent partir tout de suite», a lancé cet ancien chauffeur de bus.

Archives de 1939-45 brûlées

Vendredi, jour des rassemblements les plus violents, «un dépôt des archives, celui qui abrite les plus anciens documents couvrant la période entre l'Empire ottoman et la fin de la Seconde Guerre mondiale a été touché par les flammes», a-t-on indiqué lundi de source officielle.

Une commission est en train d'évaluer l'étendue des dégâts.

Villes musulmanes touchées

Parti de Tuzla (nord-est), jadis la plus importante ville industrielle de Bosnie, où des milliers de salariés se sont retrouvés au chômage à cause des échecs en série des privatisations de leurs usines, le mouvement a gagné la capitale et plusieurs autres grandes villes, notamment Mostar (sud) et Zenica (centre).

Il s'agit toutefois des villes où les Musulmans sont majoritaires. Le mouvement n'a pas embrasé les régions peuplées par des Serbes et des Croates. Sauf à Mostar, une ville divisée entre Croates et Musulmans, où des manifestants des deux communautés ont saccagé vendredi ensemble l'immeuble abritant les autorités régionales.

Sous la pression de la rue, depuis le début mercredi de ces manifestations, les chefs de quatre administrations régionales de la Fédération croato-musulmane ont présenté leurs démissions.

Et dimanche, plusieurs dirigeants et partis politiques ont appelé à la tenue d'élections législatives anticipées pour calmer le mécontentement populaire. Normalement, ces élections doivent avoir lieu en octobre.

Institutions extrêmement compliquées

L'accord de paix de Dayton (Etats-Unis), a imposé à la Bosnie des institutions politiques extrêmement compliquées, au sein desquelles le pouvoir est partagé entre Musulmans, Serbes et Croates et les décisions doivent être adoptées avec l'accord des trois communautés.

L'entité croato-musulmane est formée de dix cantons, chacun avec son propre gouvernement. Cette administration est pléthorique avec quelque 180'000 salariés pour un pays de 3,8 millions d'habitants.

(ats)

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