Les bouleaux sont capables d’éliminer les microplastiques des sols
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DécouverteLes bouleaux sont capables d’éliminer les microplastiques des sols

C’est la première fois que l’on constate que des arbres emmagasinent ces polluants dans leurs racines, ce qui pourrait représenter une solution pour assainir la terre.

par
Michel Pralong
Le bouleau a l’avantage d’avoir des racines peu profondes, là où se trouvent surtout les microplastiques.

Le bouleau a l’avantage d’avoir des racines peu profondes, là où se trouvent surtout les microplastiques.

Getty Images/iStockphoto

Récemment, on a découvert que les microplastiques contenus dans les sols étaient en partie absorbés par des plantes agricoles comme le blé. Mais il s’agit de cultures saisonnières, donc de végétaux à courte durée de vie. Assisterait-on au même phénomène chez certains arbres, ce qui assurerait une élimination plus durable? Des chercheurs allemands ont fait le test avec le bouleau verruqueux, ou bouleau blanc. Et les résultats de leur étude publiée dans «Science» le 20 février démontrent que le bouleau le fait, le boulot.

Les chercheurs ont choisi cet arbre car il est déjà connu pour sa capacité à assainir des sols contaminés. Ses tissus absorbent en effet les métaux lourds et les polluants industriels et les décomposent. En outre, cette espèce présente l’avantage d’étendre ses racines à une faible profondeur, là où les microplastiques sont le plus présents.

De microbilles fluorescentes

L’expérience a été réalisée sur des arbres en pots. De minuscules billes de microplastiques fluorescentes ont été enterrées dans le sol. Cinq mois plus tard, entre 5 et 17% des racines des arbres contenaient des microplastiques. «Le taux d’absorption des microplastiques et l’impact sur la santé des arbres à court et à long terme n’ont pas encore été étudiés. Mais cette étude pilote suggère que le bouleau a un réel potentiel pour les solutions d’assainissement des sols à long terme, y compris la réduction de la quantité de microplastiques dans le sous-sol et peut-être dans l’eau», explique Kat Austen, auteure principale de l’étude sur le site de l’institut berlinois IGB.

Plus de 400 millions de tonnes de plastiques sont produites chaque année et un tiers des déchets se retrouvent dans les sols ou les eaux intérieures. Mais on en trouve également dans le fond des océans. Le Centre suisse d’électronique et de microtechnique à Neuchâtel développe d’ailleurs un capteur pour détecter et mesurer de façon continue et autonome la présence de microplastiques dans les mers et les océans

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