28.10.2020 à 11:13

CoronavirusLes Bourses mondiales plongent, redoutant la 2e vague

Les nouvelles initiatives contre le coronavirus douchent les bourses qui craignent pour la croissance.

La multiplication des mesures étatiques pour freiner la progression de la seconde vague pandémique rappelle aux investisseurs sur le Vieux continent le spectre du confinement printanier. (archive)

La multiplication des mesures étatiques pour freiner la progression de la seconde vague pandémique rappelle aux investisseurs sur le Vieux continent le spectre du confinement printanier. (archive)

KEYSTONE/DPA/ARNE DEDERT

Wall Street chutait lourdement à l’ouverture mercredi dans le sillage des Bourses européennes, la crainte de nouvelles restrictions pour tenter de freiner l’épidémie de Covid-19 pesant sur le moral des investisseurs.

A New York, l’indice vedette Dow Jones Industrial Average perdait 2% lors des premiers échanges, le Nasdaq 1,75% et l’indice élargi S&P 500 près de 2%. En Europe vers 13H45 GMT, les Bourses de Francfort, Paris et Milan lâchaient entre 3% et 3,6%. Londres cédait 2,27%.

Les inquiétudes européennes et américaines concernant les nouveaux cas de coronavirus pesaient moins sur la tendance en Asie, où les marchés ont affiché un léger repli.

Le pétrole aussi

Sur le marché de la dette, l’aversion au risque profitait aux obligations faisant office de valeurs refuge, comme le taux allemand à dix ans (le Bund) à -0,64%, un niveau pas atteint depuis la mi-mars. Le mouvement de défiance touchait aussi les prix du pétrole, le baril américain de WTI pour livraison en décembre lâchant plus de 5% tandis que celui de la mer du Nord abandonnait un peu moins de 5%.

Plus de 500’000 nouveaux cas de contaminations par le Covid-19 ont été annoncés dans le monde mardi, un nouveau record selon le comptage réalisé mercredi par l’AFP, conduisant plusieurs pays à mettre en place des restrictions plus importantes.

Ce mercredi, l’Allemagne et la France doivent imposer un tour de vis supplémentaire dans l’espoir d’enrayer la deuxième vague de propagation du virus. L’Italie voit se multiplier les manifestations contre de nouveaux blocages de l’activité de certaines catégories professionnelles.

En plein coeur de la première vague de la pandémie, les gouvernements et Banques centrales des grandes économies mondiales avaient assuré un soutien massif pour freiner la récession qui se dessinait. Ce qui avait permis aux marchés actions de se remettre de leurs affres de février-mars et de rebondir jusqu’à la fin de l’été.

Quel potentiel de soutien ?

Or, «il n’est pas évident dans l’immédiat que le soutien budgétaire sera aussi significatif la deuxième fois, c’est la raison pour laquelle les marchés actions dévissent», selon Michael Hewson, analyste pour CMC Markets. Pour preuve, aux Etats-Unis, à une semaine de l’élection présidentielle, «il semble qu’il n’y ait aucune volonté de lancer un plan de relance budgétaire avant la fin du premier trimestre de l’an prochain», souligne l’expert.

Donald Trump a promis mardi «le meilleur» programme d’aides économiques possible mais après l’élection présidentielle du 3 novembre, accusant la responsable des démocrates à la Chambre des représentants de ne pas négocier en toute bonne foi. Les discussions achoppent sur le montant de ce deuxième volet de soutien.

Plan de relance

L’Union européenne en est encore à mettre en route son budget et un premier plan de relance de 750 milliards d’euros, adopté en juillet dont ont tant besoin l’Italie et l’Espagne. Alors en mettre en place un nouveau... Jeudi, Christine Lagarde présidera sa huitième réunion de politique monétaire à la Banque centrale européenne (BCE) et toute information nouvelle en matière de financement de l’économie sera particulièrement scrutée.

«La BCE ne va probablement pas annoncer de changement demain», mais «c’est une opportunité pour sa présidente Lagarde de calmer les marchés et de préparer la voie à de nouvelles mesures en décembre», indique Milan Cutkovic, analyste chez ActivTrades. Pendant ce temps, les suppressions de sites et d’emplois s’accumulent: rien que mercredi, Celio a annoncé la fermeture de 102 magasins en France, et Boeing de 7000 emplois supplémentaires d’ici fin 2021.

Hormis la pandémie, les investisseurs gardent un oeil sur la saison des résultats d’entreprises. Le secteur informatique était durement éprouvé: en bas du CAC 40, Atos s’enfonçait de 6,58% à 58,50 euros. Alten (-13,70% à 66,75 euros) et Sopra Steria (-13,60% à 101,00 euros) étaient fortement escamotés par le recul de leurs chiffres d’affaires au troisième trimestre. A Francfort, l’éditeur de logiciels SAP, malmené depuis plusieurs séances, poursuivait son plongeon (-3,65% à 93,41 euros).

Le secteur du tourisme était en première ligne des inquiétudes autour d’un durcissement des restrictions. Le groupe hôtelier InterContinental Hotels perdait 1,04% à 3.897,00 pence et IAG, maison mère de British Airways, 3,34% à 93,14 pence. Le français Accor lâchait 3,42% à 21,46 euros.

La seconde vague douche le moral des économistes

La seconde déferlante de contaminations au Covid-19 qui s’abat sur le Vieux continent a significativement péjoré les projections des économistes et analystes pour l’évolution de l’économie helvétique sur les six prochains mois. L’indicateur CS CFA publié mercredi par Credit Suisse a chuté de près de 24 points à 2,3 points, caressant désormais le seuil de récession.

La Suisse subit ainsi en septembre la plus sévère dégringolade parmi les régions couvertes par la CFA Society. La zone euro a abandonné 18,5 points et les Etats-Unis 17,5. La Confédération partait toutefois de plus haut et a pu éviter de sombrer en territoire négatif, notent les auteurs de l’étude. La Chine, avec 21 points, demeure l’unique pays à afficher un optimisme résolu.

Le rétablissement observé pendant les mois d’été a par contre amené les experts à modérer leurs projections de déclin conjoncturel en Suisse, désormais anticipé à 3,5% en moyenne contre encore 4,4% en juillet. Les perspectives de rétablissement pour l’an prochain ont aussi été atténuées, à 1,6% contre 3%. Plus de trois sondés sur quatre anticipent pour l’année en cours une déflation comprise entre 0 et 2%, et un sur deux ne prévoit pas de retour du renchérissement l’an prochain.

(ATS/NXP)

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