Elections: Les Brésiliens élisent leurs maires

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ElectionsLes Brésiliens élisent leurs maires

Ces élections municipales font office de test avant la présidentielle de 2018.

Des Brésiliens écoutent le discours de l'ex-président Lula en soutien à un candidat aux municipales de Rio. (26 septembre 2016)

Des Brésiliens écoutent le discours de l'ex-président Lula en soutien à un candidat aux municipales de Rio. (26 septembre 2016)

AFP

Las de la récession économique et de la corruption, les Brésiliens votent dimanche 2 octobre pour élire maires et conseillers municipaux de ce pays continent où le Parti des Travailleurs (PT, gauche) devrait perdre du terrain, un test avant la présidentielle de 2018.

La campagne de ces élections, les premières après la destitution très controversée de la présidente de gauche Dilma Rousseff fin août, a été empreinte de violences.

Dans l'Etat de Rio de Janeiro notamment, 15 candidats ou personnes liées à la campagne électorale ont été assassinés au cours des dix derniers mois. Dans le Goias (centre-ouest) un candidat a été assassiné mercredi et dans le Maranhao (nord-est) plusieurs autobus et centres de vote ont été incendiés de jeudi à samedi.

Sécurité renforcée

Le ministre de la Défense a annoncé que l'armée renforcera la sécurité dans plus de 400 villes d'une quinzaine des 27 Etats régionaux.

Les principales batailles se joueront au premier tour dans les deux plus grandes villes, Sao Paulo (12 millions d'habitants) et Rio (six millions) où des candidats évangéliques sont en tête.

Cela reflète la force acquise par ce groupe conservateur au détriment de la gauche et confirme le tournant à droite marqué par l'ascension du président Michel Temer (PMDB, centre droit) après la destitution de Rousseff.

«Cela est lié à l'époque plus conservatrice que connaît le pays et à une vague de rejet de la politique traditionnelle. Un tiers des électeurs déclare n'avoir de sympathie pour aucun parti», explique le sociologue Mauro Paulino de l'Institut Datafolha.

Le Parti des Travailleurs risque une raclée

Aux commandes du Brésil depuis 13 ans jusqu'à l'«impeachment» de la dirigeante de gauche, le Parti des Travailleurs (PT) risque une raclée, selon les analystes.

D'autant que l'étau se resserre autour de son leader historique et icône de la gauche latino-américaine, l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), accusé de corruption dans le scandale Petrobras.

«Le nombre de maires du PT va chuter de moitié par rapport à ceux qui ont été élus il y a quatre ans», affirme David Fleischer, politologue de l'Université de Brasilia, qui prévoit «un désastre» pour le parti.

Sao Paulo, joyau du PT menacé

Rejeté par beaucoup en raison de la récession économique qui a entraîné 12 millions de chômeurs et la corruption qui l'éclabousse, le PT pourrait perdre Sao Paulo, son joyau.

Le maire, Fernando Haddad élu grâce à Lula en 2012 et candidat à la réélection, n'est qu'à la 4e place dans les sondages ce qui le priverait du second tour prévu le 30 octobre dans les villes de plus de 200'000 habitants où il y aura eu ballotage.

Il est devancé par deux candidats de droite au coude à coude dont Celso Russomanno du PRB, parti considéré comme le bras politique de l'Eglise universelle du royaume de Dieu (EURD, néo-pentecôtiste).

Un sénateur évangélique favori à Rio

A Rio, ville des Jeux Olympiques qui viennent de finir, le PT n'a pas de candidat propre et soutient une candidate communiste qui n'est qu'à la cinquième place.

C'est le sénateur évangélique Marcelo Crivella, du PRB, qui caracole en tête des sondages. Il est le neveu du fondateur de l'Eglise universelle, le polémique évêque Edir Macedo (propriétaire également de la deuxième chaîne de TV du Brésil, derrière Globo) et évêque lui-même.

Loin derrière, arrivent à égalité, Pedro Paulo (PMDB, parti du maire actuel Eduardo Paes et Marcelo Freixo (PSOL, extrême gauche) appuyé par de nombreux déçus du PT.

Un test pour la présidentielle

«Les municipales au Brésil sont toujours un laboratoire pour les élections générales (président, gouverneurs et parlementaires) qui ont lieu deux ans après. Le PT avait beaucoup grandi en 2012 mais maintenant c'est le contraire, il va devenir un petit parti et cela va déterminer les conditions dans lesquelles il arrivera à la présidentielle de 2018», explique à l'AFP l'analyste politique André Cesar, à Brasilia.

Le PT a déjà perdu 108 des 642 mairies qu'il avait conquises en 2012 car, comme à Rio, il soutiendra dimanche des candidats d'autres formations dans ces villes.

Le PMDB de l'actuel président Temer, administre aujourd'hui 996 municipalités et le Parti social démocrate (PSDB, droite) plus de 600.

Dans ce pays de 206 millions d'habitants où le vote est obligatoire, les plus de 144 millions d'électeurs devront élire également plus de 57'000 conseillers municipaux.

(AFP)

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