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FranceLes camps de migrants de Calais rasés au bulldozer

Les autorités ont décidé de détruire les bidonvilles surpeuplés où vivent les clandestins, en raison notamment d'une épidémie de gale.

par
Laszlo Molnar
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Entre 800 et 850 migrants sont actuellement présents dans le Calaisis, dont 600 à 650 pour la seule zone portuaire de Calais.

Entre 800 et 850 migrants sont actuellement présents dans le Calaisis, dont 600 à 650 pour la seule zone portuaire de Calais.

Keystone
Entre 800 et 850 migrants sont actuellement présents dans le Calaisis, dont 600 à 650 pour la seule zone portuaire de Calais.

Entre 800 et 850 migrants sont actuellement présents dans le Calaisis, dont 600 à 650 pour la seule zone portuaire de Calais.

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Entre 800 et 850 migrants sont actuellement présents dans le Calaisis, dont 600 à 650 pour la seule zone portuaire de Calais.

Entre 800 et 850 migrants sont actuellement présents dans le Calaisis, dont 600 à 650 pour la seule zone portuaire de Calais.

Keystone

Les associations d'aide aux migrants sont abasourdies, a rapporté vendredi i>TELE. Le préfet du Pas-de-Calais a annoncé le démantèlement au bulldozer des camps de migrants à Calais au cours des jours à venir. Le principal motif avancé est la persistance d'une épidémie de gale dans ces campements insalubres. Mais les autorités municipales ne cachent pas que la décision choc a aussi été prise en raison de l'inexorable augmentation du nombre de réfugiés. De 250 personnes en juin 2013, il est passé à 850 ce printemps.

L'opération doit commencer mardi dans les trois principaux camps où vivent environ 550 personnes, dont des enfants. «Ils campent dans la zone portuaire, avec comme unique objectif de passer en Angleterre», a estimé Denis Robin, le préfet de la région. «Devant cette concentration de plus en plus forte dans les squats du domaine public, devant la violence de plus en plus notable entre les réseaux de trafiquants d'êtres humains et les problèmes d'insalubrité, nous sommes obligés de veiller à l'ordre public», a-t-il expliqué dans «La Voix du Nord».

Sans eau courante et sans toilettes

Les associations d'aide aux migrants réfutent ces arguments. Elles estiment que l'évacuation est «humainement catastrophique car elle ne fait que déplacer le problème sans le résoudre». Des Somaliens, Afghans, Syriens, Palestiniens, Irakiens, Erythréens, Egyptiens, ou encore des Ukrainiens vivent dans ces bidonvilles de toiles, sans eau courante et sans toilettes.

Leurs tentes de fortune sont amoncelées sur le béton, avec 3 ou 4 occupants vivant dans des conditions désastreuses. «Même les chiens et les chats on ne les laisse pas vivre comme ça», a raconté à l'AFP Ali, un Afghan de 20 ans, arrivé il y a trois mois. «Ces camps sont un no man's land catastrophique pour le tourisme et l'économie», analyse pour sa part un Français habitant la ville.

Leur entêtement à se rendre au Royaume-Uni est expliqué par un laxisme de la loi de ce pays. Une fois sur le sol britannique, leur renvoi est beaucoup plus difficile que dans d'autres pays. De plus, on y parle anglais, la seule langue étrangère comprise par la plupart de ces migrants.

3000 clandestins interceptés

Depuis le début de l'année, les autorités portuaires françaises ont intercepté quelque 3000 de ces clandestins, contre 300 à la même période en 2013, selon la sûreté du port de Calais. On ignore le nombre total de personnes ayant réussi à franchir La Manche. Mais suffisamment pour que les autres continuent à croire la traversée possible. Ils sont ainsi des centaines à attendre du côté français l'opportunité, c'est-à-dire le camion ou le bateau où ils pourraient se cacher pour faire le voyage. Les moins chanceux restent bloqués à Calais des mois entiers. Le plus souvent il s'agit de personnes accompagnées d'enfants.

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