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EconomiesLes cantons veulent en savoir plus sur la restructuration de l'armée

Les cantons attendent de recevoir des informations concrètes sur la restructuration prévue de l'armée. Car derrière cette opération se joue l'avenir de plusieurs places d'armes et aéroports.

Le verdict sur le maintien ou la fermeture de la base militaire à Sion agite le monde politique valaisan

Le verdict sur le maintien ou la fermeture de la base militaire à Sion agite le monde politique valaisan

Keystone

La restructuration de l'armée doit entraîner des suppressions de sites tels que des places d'armes et des aéroports. Tandis que certains s'opposent déjà à des fermetures, d'autres font profil bas.

Le Département fédéral de la défense (DDPS) communiquera les détails de l'opération aux cantons le 25 novembre en fin de journée, a indiqué lundi 18 novembre Karin Suini, porte-parole du DDPS. Ces derniers pourront prendre position jusqu'à la mi-janvier.

La base militaire à Sion ?

Le Valais est suspendu au sort de la base militaire à Sion. Le verdict sur son maintien ou sa fermeture agite le monde politique valaisan, divisé sur la question. L'UDC du Valais romand et le PDC demandent le maintien de la base aérienne.

Le PS cantonal a émis une voix discordante, réclamant le retrait des jets militaires et le maintien d'un aéroport civil. Le PLR défend une position médiane demandant l'arrêt des vols d'avions de combat sans remettre en cause la présence de l'armée. Toutes ces positions tournent autour des seules nuisances causées par le bruit.

La place d'armes de Bure

A l'inverse, d'autres cantons sont plutôt sereins, notamment le Jura, où le principal enjeu est la place d'armes de Bure. «Berne a prévu d'y investir plus de 50 millions de francs, ce qui nous laisse penser qu'elle ne sera pas concernée par une fermeture», a estimé Damien Scheder, responsable des affaires militaires du canton.

Autre atout, «le site dispose d'un important réseau de chemins goudronnés permettant d'effectuer des mouvements avec des chars», a-t-il ajouté.

La place d'armes de Grolley

Même optimisme prudent à Fribourg. Le canton a également bénéficié de récents investissements pour sa place d'armes de Grolley, a indiqué Didier Page, porte-parole de la Direction fribourgeoise de la sécurité et de la justice. Il n'a pas souhaité commenter davantage.

Genève confirme pour sa part avoir été consulté, mais ne souhaite pas donner d'informations.

Postes menacés et manque à gagner

Côté alémanique, certains cantons ont déjà formulé des revendications. Le Conseil d'Etat d'Argovie veut se défendre contre un «démantèlement irresponsable». Les cinq emplacements concernés représentent 593 emplois, et la création de richesse liée à l'armée se monte à 48 millions de francs par an. Le DDPS doit donc proposer des «solutions de remplacements adéquates».

Zurich désire conserver le centre de recrutement à Rüti et la place d'armes à Reppischtal. Le gouvernement st-gallois espère lui que la région territoriale 4 gardera son quartier général dans le chef-lieu cantonal.

Les Grisons demandent que la brigade d'infanterie de montagne 12 ne soit pas dissoute. Comme à St-Gall, le canton exige que les emplois et sites actuels continuent d'exister.

Ecole de recrues en italien

Le Tessin redoute que des fermetures de sites menacent l'équilibre entre les écoles de recrues, le centre de logistique et le centre de commandement et de recrutement. «Les écoles de recrues fournissent ses clients principaux au centre de logistique», souligne le directeur du Département de l'intérieur Norman Gobbi.

Dans le canton italophone, on estime qu'il est important qu'une école de recrues donnée en italien continue d'exister. Sinon, davantage de jeunes Tessinois pourraient tourner le dos au service militaire.

(ats)

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