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BrésilLes carnavaliers de Rio n'ont pas peur du moustique

La fête bat son plein dans la grande ville brésilienne, sans souciance apparente.

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Une danseuse de l'école de samba Mangueira, championne des défilés au carnaval de Rio (Jeudi 11 février 2016).

Une danseuse de l'école de samba Mangueira, championne des défilés au carnaval de Rio (Jeudi 11 février 2016).

AFP
Le carnaval de Rio a atteint son apothéose lundi soir, deuxième nuit de défilé sur le sambodrome (9 février 2016).

Le carnaval de Rio a atteint son apothéose lundi soir, deuxième nuit de défilé sur le sambodrome (9 février 2016).

Reuters
Le carnaval de Rio a atteint son apothéose lundi soir, deuxième nuit de défilé sur le sambodrome (9 février 2016).

Le carnaval de Rio a atteint son apothéose lundi soir, deuxième nuit de défilé sur le sambodrome (9 février 2016).

Reuters

Une foule à moitié nue et ruisselante de sueur semble être un véritable paradis pour le moustique vecteur du Zika. Mais rien, pas même une situation d'urgence sanitaire déclarée au niveau mondial, ne saurait gâcher le carnaval de Rio.

Samedi, la manifestation a rassemblé plus d'un million de fêtards pour le «bloco» (défilé de rue) du Cordao da Bola Preta, dans le centre-ville. Entraînée par un camion qui diffuse de la samba, la foule déguisée, en pirate, viking, chat, clown, lapin ou encore squelette, danse avec entrain et insouciance.

Des filles en mini-short, des hommes en minijupe et des centaines de milliers de bras nus qui s'agitent au rythme de la musique. Le moustique a l'embarras du choix....

Pas de répulsif

Mais malgré la préoccupation internationale sur le lien entre le moustique Zika et l'explosion des cas de bébés microcéphales (avec un crâne plus petit que la normale) ou la hausse des cas d'une grave maladie neurologique, la crainte d'être piqué ici reste aussi minime que les vêtements portés.

«Je n'ai pas peur», affirme Cristiane Ruiz, 30 ans, que son short en jean et son haut de bikini orange couvrent très peu. «Je ne pense pas qu'un quartier de la ville comme celui-là soit favorable au moustique car il y peu de végétation», dit-elle en regardant les buildings du centre-ville. Comme d'autres personnes interrogées, elle informe qu'elle ne s'est pas mis de produit anti-moustique.

Des vendeurs ambulants s'affairent à vendre de la bière et de l'eau glacée. Mais aucun répulsif à vendre en vue.

Autorités rassurantes

Le fait que le Zika soit associé à la microcéphalie chez les nourrissons nés de femmes infectées pendant leur grossesse a conduit les gouvernements étrangers à recommander d'éviter de voyager dans de nombreux pays d'Amérique latine.

Le Brésil, pays le plus touché par le Zika avec 1,5 million de personnes infectées, redouble d'efforts dans la lutte contre le moustique. Et il insiste sur le fait que les touristes (sauf les femmes enceintes) ne craignent rien pendant le Carnaval ou les Jeux olympiques qui se tiendront en août, la période sèche.

Les autorités disent être en train d'éradiquer les foyers de prolifération du moustique comme les eaux stagnantes. Elles aspergent d'insecticide les stades olympiques ou encore le Sambodrome où auront lieu les défilés des écoles de samba.

Problèmes dans les favelas

Mais dans la fête du Bola Preta, la plus traditionnelle de celles qui ont lieu samedi dans les rues de Rio, un des fêtards, Luiz Marinho, 51 ans, dit que la guerre anti- moustique ne touche pas les quartiers pauvres.

«Ici, au centre, le maire fait tout ce qu'il faut, c'est parfait. Il n'y a pas d'eau stagnante, ni d'ordures et après la fête tout sera nettoyé», dit Marinho, qui travaille dans un hôpital public et porte un maillot à pois noirs. En revanche, dans les favelas où les gens vivent dans des ruelles étroites avec peu de services publics «nous avons de vrais foyers de moustiques, avec beaucoup d'eau stagnante», dit-il.

Cette année, avec le Zika et la crise économique et politique, le besoin de se défouler semble encore plus pressant. Malgré l'alcool qui coule à flots, la chaleur et la foule, la fête du Bola Preta n'a pas connu de problème majeur. Seuls quelques rixes ponctuelles ou vols à la tire ont été dénombrés.

(ats)

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