04.07.2019 à 17:50

ArgovieLes CFF zappent des arrêts pour rattraper leurs retards: tollé

En annulant des arrêts de train prévus en Argovie, les CFF ont suscité la grogne des usagers. Une pratique «interdite» dénoncée par certains élus. L'Office fédéral des transports va intervenir.

par
Jonathan Zalts
Photo d'illustration

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Keystone

Stupeur pour les passagers argoviens d'un train Berne-Zurich samedi dernier: en plein trajet, ils ont appris que les arrêts prévus à Brugg (AG) et à Baden (AG) n'allaient tout simplement pas être desservis. Ils ont donc dû descendre à Olten (SO) afin de prendre un autre convoi.

Cette pratique a suscité une vive controverse en Argovie, où plusieurs usagers se sont sentis lésés. Pour la justifier, les CFF ont expliqué vouloir éviter un «effet domino» sur les retards, parlant d'une «mesure au profit du plus grand nombre», rapporte l'«Argauer Zeitung». Comprenez: pour éviter qu'une majorité de passagers ne soit confrontée à des retards plus importants, une minorité, voyageant à destination d'arrêts plus petits, doit assumer ces retards.

«Cette pratique des CFF sur le dos des passagers est inadmissible», s'indigne Thierry Burkart, conseiller national argovien PLR, auprès du quotidien alémanique. Ce qu'ils font n'est pas seulement regrettable, c'est aussi interdit.»

Obligation fondamentale

Mis au fait de la situation, l'Office fédéral des Transports va demander aux CFF de s'expliquer. «Selon la situation, il pourrait y avoir violation du devoir de l'entreprise», indique une porte-parole de l'Office.

D'après la loi sur les transports de voyageurs, les entreprises sont en effet tenues d'effectuer «tous les trajets inclus dans les horaires», ce qui est l'une de leurs obligations fondamentales. Elles ne peuvent y déroger uniquement en cas de circonstances qu'elles «ne peuvent éviter et dont elles ne peuvent éviter les conséquences». Par exemple, lors de météo défavorable ou de panne imprévue.

Dans le cas où une entreprise de transport ne respecterait pas cette obligation, les voyageurs lésés sont en droit de réclamer une compensation financière auprès de ladite entreprise, explique l'«Argauer Zeitung». Une possibilité que le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) a décidé de renforcer mardi dernier.

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