Football: Les championnats régionaux mis à l’arrêt?

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FootballLes championnats régionaux mis à l’arrêt?

Les présidents des associations cantonales de Romandie réagissent, après que le canton du Valais a dicté l’interdiction de pratiquer des sports de contact en amateur.

par
Simon Meier/Renaud Tschoumy
Les championnats amateurs vont-ils s’arrêter partout en Suisse?

Les championnats amateurs vont-ils s’arrêter partout en Suisse?

KEYSTONE

Mercredi, le canton du Valais a dicté l’interdiction de pratiquer des sports de contact en amateur sur son territoire. Un geste fort venant d’un canton en proie à une hausse spectaculaire des infections au Covid-19.

Les présidents des autres associations régionales romandes de football ne se sont pas encore fait signifier une telle mesure par leurs gouvernements respectifs, mais ils s’y préparent. Tour d’horizon.

Gilbert Carrard (Association vaudoise/ACVF): «Jusqu’à nouvel avis, on joue»

«Il y a plus de 500 matches par semaine sur le canton et, jusqu’à nouvel avis, on joue - il y avait des matches de Coupe vaudoise mercredi, il y en avait d’autres chez les seniors jeudi. Ces derniers temps, cinq matches ont été annulés par semaine, en moyenne. Là, il y a une petite recrudescence, on suit l’évolution des chiffres. On attend surtout les décisions du Conseil d’État, qui communiquera ce vendredi. Pour tous les groupes à douze équipes, il ne manque que deux matches pour boucler le premier tour, donc on aimerait les faire, dans l’idéal. Sinon, ce ne sera pas une catastrophe, on pourra les recaler ce printemps, au pire. Au niveau financier, pour certains clubs, dont le repas de soutien du printemps a été repoussé cet automne et va de nouveau tomber à l’eau, ça peut devenir délicat. On va voir, en se pliant à ce que diront les autorités. J’ai toujours été de nature assez optimiste, donc j’espère que M. Leuba nous donnera une bonne nouvelle, sans prendre de risques inconsidérés bien sûr. En attendant, je remercie tous les présidents et entraîneurs de clubs qui ont rendu l’organisation de ce premier tour possible.»

Pascal Chobaz (Association genevoise/ACGF): «Comment va-t-on expliquer aux gamins?»

«On sait que des décisions sont imminentes, qui concernent le football pro comme le football amateur. Pour tout vous dire, le fait est que je ne la sens pas très bien. Il s’agira d’une décision purement gouvernementale, à laquelle nous nous plierons. Sur Genève, il nous reste plus de matches à jouer que dans les autres cantons, parce que nous avions recommencé plus tard. Mais le calendrier, ce n’est pas un souci: sur un petit territoire, avec 50% de terrains synthétiques et peu de neige, on a plus de marge. Cela dit, ça commence à devenir lourd d’être toujours dans la précaution, l’incertitude voire l’alerte. Même si on savait bien qu’on n’était pas à l’abri, c’est dur de se dire que tout va peut-être à nouveau s’arrêter. Sur le plan financier, pour les clubs, même si certains ont peut-être du mal à encaisser les cotisations, il n’y a pas trop de problèmes à ce niveau. C’est plus sur le plan humain et social que c’est dur. Si nous devons expliquer aux gamins qu’ils n’ont plus le droit de jouer au foot alors qu’ils vont à l’école tous les jours, on va faire comment?»

Mario Chatagny (Association neuchâteloise/ANF): «On aimerait boucler le premier tour»

«Le signal donné par le canton du Valais indique une certaine tendance. Dans ces conditions, le football devient accessoire. Ce qui prime, c’est la santé. Nous sommes de toute manière tributaires des décisions du Conseil d’État ou du médecin cantonal. Si le canton de Neuchâtel devait adopter une même mesure, on serait évidemment obligé de la respecter. Plusieurs dirigeants de clubs m’ont téléphoné pour me demander si on en arriverait à la même extrémité qu’en Valais, je leur ai répondu que pour l’instant, ce n’était pas à l’ordre du jour. Mais si le canton prend des mesures, on ne pourra que se soumettre. Nous sommes à deux journées de la fin du premier tour: notre vœu, c’est de pouvoir terminer cette première phase. Mais on ne peut rien certifier. Et puis, on ne sait pas comment on passera l’hiver. Pourra-t-on reprendre en mars? Rien n’est moins sûr, à considérer la vitesse à laquelle les choses évoluent. Ce serait évidemment très dommageable de vivre une saison tronquée comme la dernière, mais le cas échéant, que pourrait-on y faire?»

Benoît Spicher (Association fribourgeoise/AFF): «On est en train de mettre des cierges!»

«Pour le moment, comme le canton de Fribourg est catholique, on est en train de mettre des cierges! (Rires) Plus sérieusement, nous sommes – comme tout le monde – dépendants des décisions de nos autorités. À l’heure où je vous parle, aucun club ne nous a demandé d’interrompre le championnat, contrairement à ce qui s’est passé en Valais. Donc on prend les choses week-end après week-end, match après match pour reprendre une expression souvent utilisée. Il nous manque grosso modo deux semaines pour boucler le premier tour, on aimerait bien pouvoir y arriver. Mais si on devait tout arrêter maintenant, ce ne serait pas catastrophique: il y a la place pour intégrer deux journées supplémentaires au calendrier printanier – pour autant que la situation sanitaire le permette, bien sûr. L’avantage de pouvoir terminer le premier tour en entier, c’est que le classement pourrait être validé en cas d’interruption totale de la compétition. On n’en est pas encore là, et pour l’instant, il n’est pas dans notre intention d’arrêter les compétitions sans en avoir reçu l’ordre de la part de nos autorités. J’ai eu un contact avec la préfecture de la Sarine, qui m’a confirmé qu’en l’état et au vu des mesures qui ont été prises, rien n’interdisait la pratique du football.»

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