Effondrement d’un glacier (I): Les chances de retrouver des survivants sont «presque nulles» 

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Effondrement d’un glacier (I)Les chances de retrouver des survivants sont «presque nulles» 

Le glacier de la Marmolada était fragilisé par le réchauffement climatique depuis des décennies. La canicule a accéléré sa fonte. Le dernier bilan s’élève à six morts et huit blessés.

Les secouristes italiens nourrissaient peu d’espoir lundi de retrouver d’éventuels survivants après l’effondrement pour cause de canicule d’une partie du glacier de la Marmolada, le plus grand des Alpes italiennes, qui a fait au moins six morts et huit blessés.

6 morts et 8 blessés

La catastrophe est survenue au lendemain d’un record de température de 10°C au sommet du glacier, fragilisé par le réchauffement climatique depuis des décennies ainsi qu’une vague de chaleur précoce qui accable toute la péninsule italienne et a accéléré sa fonte. Les secouristes ont déployé dans la nuit des drones équipés de caméras thermiques, espérant localiser d’éventuels survivants dans la gangue de glace et de roches éboulées, a indiqué le maire de la localité de Canazei, Giovanni Bernard. «Ce sont des conditions dangereuses pour les secouristes» qui ne peuvent progresser à pied.

Des hélicoptères survolaient aussi la zone, selon un photographe de l’AFP sur place. Mais les chances de retrouver des survivants «sont presque nulles», a prévenu le responsable des services de secours en haute montagne de la région, Giorgio Gajer, à l’agence AGI. Une porte-parole des secours, Michela Canova, a indiqué lundi que le décompte des victimes était toujours de six morts et huit blessés. 

Fonte accélérée 

Le glacier s’est effondré près du lieu dit Punta Rocca, le long de l’itinéraire normalement emprunté pour atteindre son sommet. La tragédie «est la conséquence des conditions météorologiques actuelles, c’est-à-dire un épisode de chaleur précoce qui coïncide avec la problématique du réchauffement climatique», a expliqué à l’AFP le professeur Massimo Frezzotti, du département des sciences de l’université Roma Tre.

«La fonte s’est accélérée dans les Alpes. Nous avons connu un hiver extrêmement aride, avec un déficit de précipitations de 40 à 50%. Les conditions actuelles du glacier correspondent à la mi-août, pas à début juillet», selon le chercheur.

«La reine des Dolomites» 

Selon les autorités locales, la neige mêlée de roches a dévalé les pentes de la montagne dans un bruit fracassant à 300 km/h. Sur des images transmises par les secours alpins, on peut voir les secouristes s’activer près du lieu du sinistre, survolé par des hélicoptères pour acheminer les victimes dans la vallée au village de Canazei, non loin de l’endroit d’où part le téléphérique qui conduit au sommet du glacier. Les familles y étaient attendues dans la journée.

«Nous avons trouvé les corps, dans un amas de glace et de débris répandus sur plus de 1000 mètres», a témoigné Gino Comelli des secouristes en haute montagne, cité par le quotidien Corriere della Sera. Le glacier de la Marmolada, surnommé «la reine des Dolomites», est le plus grand glacier de ce massif montagneux du nord de l’Italie, faisant partie des Alpes. Situé dans le Trentin, il donne naissance à la rivière Avisio et surplombe le lac de Fedaia.

Selon le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) paru le 1er mars, la fonte des glaces et neiges est l’une des dix menaces majeures causées par le réchauffement climatique, perturbant les écosystèmes et menaçant certaines infrastructures. Le Giec indique que les glaciers en Scandinavie, en Europe centrale et dans le Caucase pourraient perdre 60 à 80% de leur masse d’ici à la fin du siècle.

(AFP)

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