Procès: Les chauffards de Vernier nient la course-poursuite
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ProcèsLes chauffards de Vernier nient la course-poursuite

Deux hommes, accusés de s'être livrés en 2012 à une course-poursuite en voiture et qui s'est terminée tragiquement, sont jugés.

Archives/photo d'illustration, Keystone

Un étudiant genevois de 23 ans et un agent de sécurité brésilien de 34 ans comparaissent depuis ce lundi 1er juin devant le Tribunal correctionnel de Genève pour meurtre.

Ils sont accusés de s'être livrés, en décembre 2012, à une course-poursuite en voiture, qui s'est terminée tragiquement par la mort d'un automobiliste de 28 ans.

Le terrible accident s'est produit aux petites heures du matin, à Vernier (GE). La victime travaillait pour une société de sécurité. Elle était arrêtée à un feu rouge, sur une voie de présélection pour tourner. Elle n'a pas eu le temps de voir arriver derrière elle la voiture du plus jeune des prévenus, fonçant à plus de 100 km/h sur un tronçon limité à 60.

«Quand j'ai repris conscience, il y avait de la fumée et la voiture devant moi avait pris feu», a raconté l'accusé devant la cour. L'étudiant avait passé sa soirée en boîte de nuit. Il avait bu et fumé du cannabis. Il admet les faits et est aujourd'hui empli «de remords et de tristesse».

Une vie qui bascule

«Je suis condamné à vivre avec le poids de mes erreurs», a-t-il ajouté, précisant que s'il avait le choix, il échangerait sa place avec celle du malheureux automobiliste. Le prévenu, en revanche, refuse d'admettre s'être livré à une course-poursuite. «J'étais contrarié et je voulais rentrer chez moi le plus rapidement possible».

Le jeune homme se souvient vaguement qu'une voiture, changeant de voie intempestivement, lui a coupé la route à deux reprises avant l'accident. La deuxième fois, il a déclaré avoir eu peur, et s'être déporté sur la gauche, sur la file de présélection où se trouvait arrêté le véhicule de la victime.

L'autre prévenu, 34 ans, rentrait aussi chez lui après une nuit de travail dans une discothèque, où il assurait la sécurité. «Je n'ai pas fait de queue de poisson», a-t-il insisté. Il a également rejeté la thèse de la course-poursuite soutenue par l'accusation. Il a déclaré avoir «entendu un gros boum» derrière lui puis s'être arrêté.

Pour finir, il a affirmé ne pas se sentir responsable de l'accident. «J'ai gardé ma trajectoire et je me suis arrêté pour porter secours», a-t-il noté. «Vous voulez une médaille?», a rétorqué le procureur Stéphane Grodecki, qui s'est étonné que l'accusé n'ait pas vu les phares de la voiture de l'autre prévenu dans ses rétroviseurs.

L'homme avait pourtant déclaré le contraire lors de son premier interrogatoire devant la police, quelques heures après le drame. «C'étaient des déclarations à chaud», s'est-il justifié devant le tribunal. Aujourd'hui, il affirme qu'il n'a rien vu, car ses vitres étaient recouvertes de givre.

Un féru de vitesse

Le prévenu brésilien a un lourd passé en matière d'infractions au code de la route. En dix ans, il a été épinglé 5 fois pour vitesse excessive. «J'ai un problème avec la vitesse», a-t-il concédé. Après l'accident, alors que son permis lui avait été retiré, il s'est fait attraper au volant d'une voiture.

La famille de la victime est venue assister au procès. L'automobiliste décédé était un franco-marocain de 28 ans. Il habitait en France. Il s'était marié avec une Algérienne, qu'il avait fait venir en Europe après plus de deux ans de démarches administratives.

Ils vivaient ensemble, sous le même toit, depuis deux semaines, quand le drame s'est produit, a fait savoir l'avocat de la veuve, Claudio Fedele. Le procès se poursuit en principe jusqu'à la fin de la semaine.

(ats)

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