Actualisé 10.08.2017 à 18:24

Les chevaux maltraités bichonnés par des recrues

Canton de Berne

Les animaux évacués d'une ferme de Thurgovie sont soignés dans un centre militaire de Schönbühl (BE). Les recrues sont aux petits soins.

par
Christine Talos

C'est le branle-bas de combat dans un centre militaire de Schönbühl (BE). En effet, il accueille depuis mardi les 93 chevaux évacués d'une ferme de Hefenhofen (TG) suite aux maltraitances de leur éleveur, arrêté lundi. Et c'est au centre de compétence et de service vétérinaire de l'armée, sis sur la commune bernoise, que revient la lourde tâche de remettre sur pattes les animaux blessés et en mauvaise santé.

Il n'existe aucune autre institution en Suisse capable d'accueillir et de prendre soin d'autant de chevaux à la fois, explique le colonel responsable Jürg Liechti, dans la Berner Zeitung jeudi. Raison pour laquelle l'armée les a pris en charge, sur demande du canton de Thurgovie. Le centre a déménagé ses propres 50 chevaux, afin qu'ils n'entrent pas en contact avec leurs congénères malades.

Piteux état

Les chevaux sont dans un piteux état. Certains sont surtout très sales, mais d'autres sont tellement maigres qu'ils sont à l'article de la mort, soulignent le Tages-Anzeiger et le Bund . Selon une collaboratrice de l'éleveur thurgovien, au moins 13 chevaux seraient morts de faim ces derniers mois. Le plus tragique, selon Jürg Liechti, est l'état des juments et des poulains. «C'est ce qui me fait le plus mal au coeur», confie-t-il.

Les petits, qui sont allaités et soignés avec leur maman dans des boxes différents, ainsi que leurs congénères adultes demandent beaucoup de soins. Du coup, le colonel a affecté les 67 recrues du centre pour s'occuper des animaux maltraités, à quoi s'ajoutent encore 4 recrues maréchaux-ferrants. Tous mettent beaucoup de coeur à la tâche, soulignent les journaux.

Programme chamboulé

Du coup, les soldats qui en sont à leur 6e semaine d'école, voient leur programme quelque peu chamboulé. Ainsi le jour de l'arrivée des nouveaux pensionnaires, l'exercice de nuit a été annulé. Et, relèvent les quotidiens, les priorités ont également été revues. Les apprentis soldats seront ainsi dispensés des exercices de tir. «Ce qui n'est sans doute pas la fin du monde», relève Jürg Liechti.

Il faut dire que la tâche demande beaucoup de doigté et de sensibilité. Et de patience. Car les difficultés commencent déjà lors du brossage. Certains chevaux deviennent nerveux et se cabrent. Personne ne sait quand ils ont vu une brosse pour la dernière fois, soupire le colonel. Du coup, les recrues doivent habituer peu à peu les animaux à ce soin. Et le chef redoute que cela prenne des années avant qu'ils n'aient un comportement normal.

Pas de fers aux sabots

Ceux qui auront beaucoup de travail sont les maréchaux-ferrants. Aucun des 93 chevaux évacués à Schönbühl ne portait en effet de fers aux sabots. Des sabots qui sont du coup dans un état horrible, semble-t-il. Mais l'armée travaille d'arrache-pied pour tous les chausser.

Quant à savoir ce que deviendront les animaux une fois soignés, c'est au canton de Thurgovie de décider au final de leur sort. Mais ils seront probablement donnés à des propriétaires qui pourront leur offrir une nouvelle maison décente, selon 20minuten.ch.

Pour rappel, l'Association contre les fabriques d'animaux (VgT) a déposé mercredi une plainte pénale contre le vétérinaire cantonal thurgovien. Elle lui reproche d'être personnellement responsable de la souffrance des animaux: en annonçant ses visites de contrôle à la ferme, il aurait laissé le temps nécessaire à l'éleveur de se débarrasser des cadavres de chevaux. Les défenseurs des animaux estiment que l'éleveur a abattu les chevaux les plus amaigris, voire mourants, et s'est débarrassé des dépouilles.

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