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Festival de CannesLes chiens Luke et Body, vainqueurs de la «Palm Dog»

Le prix de la section «Un certain regard» a été attribué vendredi soir à Cannes au film «White God» du cinéaste hongrois Kornel Mundruczo, oeuvre originale où les chiens errants se rebellent contre les humains.

Le réalisateur hongrois Kornel Mundruczo et sa «star», sacrée chien le plus expressif de Cannes.

Le réalisateur hongrois Kornel Mundruczo et sa «star», sacrée chien le plus expressif de Cannes.

Dans ce film futuriste, Hagen, le chien bien aimé de Lili, 13 ans, est abandonné sur le bord de l'autoroute. L'animal a le coeur brisé, mais il va bientôt reprendre du poil de la bête et songer à la vengeance, ralliant à sa cause bâtards et chiens errants.

Les acteurs principaux de ce film atypique, les frères Luke et Body (tous deux interprètes de Hagen) ont également reçu dans la journée la très prisée «Palm Dog», qui récompense le chien le plus expressif des films sélectionnés à Cannes.

La critique en chef du Times, Kate Muir, a révélé les noms des heureux lauréats, acteurs d'un film qui, a-t-elle dit, s'apparente à un «'Expendables' pour chiens».Les acteurs principaux du film du Hongrois Kornel Mundruczo n'étaient malheureusement pas disponibles mais le réalisateur a reçu en leur nom l'os rouge, blanc et bleu.

La «Palm Dog» a été créée par des critiques anglo-saxons. «Chaque année, je dois dire, les journalistes français plaisantent: 'Oh, vous les excentriques anglo-saxons, vous et vos chiens'», a souligné le critique du quotidien britannique The Guardian, Peter Bradshaw, l'un des membres du jury. «Je peux juste dire que cette année, personne ne peut douter de l'importance des chiens à Cannes.»

Les chiens en force à Cannes

Et en effet la concurrence était nombreuse.A commencer par Roxy, le chien de Jean-Luc Godard, qui fait de nombreuses apparitions en 3D dans le très ésotérique «Adieu au langage» de son maître.

Dans «Saint Laurent», le bulldog qui interprète à l'écran Moujik, le chien du couturier, avait su aussi capturer les coeurs, notamment dans la scène dramatique de sa mort après avoir avalé des cachets de drogue que son maître avait laissé traîner.

Dans «Maps to the Stars», un chien de berger fait aussi une courte apparition remarquée avant d'être abattu par erreur par le jeune héros du film.

Autres prix

Le prix du jury d' «Un certain regard» est revenu à «Force majeure», du réalisateur suédois Ruben Östlund, comédie grinçante sur une famille aux sports d'hiver qui, attablée dans un restaurant de montagne, voit débouler une avalanche. Le mari prend la fuite, abandonnant femme et enfants... Mais le désastre ne se produit pas, et remet en question l'avenir du couple.

Un prix spécial a été attribué au documentaire «Le sel de la terre», un documentaire sur l'époustouflante carrière du photographe brésilien Sebastiao Salgado, signé de son fils Juliano et de Wim Wenders, de retour sur la Croisette.

Le prix d'ensemble est revenu à «Party girl», premier film détonant d'un jeune trio français: Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis.Chaleureusement accueilli à Cannes, «Party girl» oscille entre fiction et réalité puisque l'héroïne et sa famille sont les acteurs de leur propre vie. L'acteur australien Davil Gulpilil, qui joue un aborigène déclassé perdu entre passé et présent dans le film poignant «Charlie's country» de Rolf de Heer, a lui reçu le prix du meilleur acteur.

Force et originalité des oeuvres

«Un certain regard» proposait cette année 20 films en compétition représentant 23 pays avec les coproductions. Sept d'entre eux étaient des premiers films.«Pendant dix jours, nous avons eu une sélection d'excellents films qui témoigne de la vitalité du cinéma mondial. Le jury a été impressionné aussi par la force et l'originalité des oeuvres», a estimé le réalisateur argentin Pablo Trapero, qui présidait le jury d'«Un certain regard».

Les prix «Un certain regard» devancent de 24 heures l'annonce de la Palme d'or qui sera remise samedi soir.

(AFP)

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