Tennis: Les cinq coups de Melbourne
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TennisLes cinq coups de Melbourne

En plus de l'explosif Bencic - Venus Williams, voici les cinq premiers tours qui ont le plus de chances de lancer en fanfare le premier Grand Chelem de la saison. Présentation.

par
Mathieu Aeschmann
Melbourne
Cinq matches du premier tour pourraient emmener Melbourne Park tard dans les nuits de lundi et de mardi.

Cinq matches du premier tour pourraient emmener Melbourne Park tard dans les nuits de lundi et de mardi.

AFP

C'était une belle intention et une grande première. En déménageant leur traditionnel tirage au sort à l'intérieur de la Margaret Court Arena, les organisateurs de l'Open d'Australie voulaient créer de la convivialité au milieu d'un exercice qui n'existe que par son résultat.

«Je n'aime pas les tirages, ils me stressent», a confessé Roger Federer dès les premiers instants d'une longue interview qui détournait à moitié l'attention du public; lequel scrutait le juge-arbitre Wayne McEwen, en pleine action dans un coin du court.

Que faut-il retenir de ce drôle de ballet? D'abord un immense fiasco médiatique. Des spectateurs installés dans le bon axe ont en effet révélé les principales affiches du tirage au sort sur les réseaux sociaux bien avant que la cérémonie ne les dévoile officiellement. Ensuite un premier verdict sportif qui, chez les hommes, a densifié le bas du tableau (Wawrinka, Zverev, Djokovic, Thiem dans le 3e quart. Federer, Goffin, Del Potro dans le 4e quart) et a pris un malin plaisir à réunir, chez les femmes, le trio Muguruza-Kerber-Sharapova dans un même huitième.

Mais au-delà de ces projections, il faut d'abord se réjouir de quelques premiers tours «pop-corn». En voilà cinq qui pourraient emmener Melbourne tard dans les nuits de lundi et de mardi.

1. Del Potro – Tiafoe: l'orgie de coups droits

D'un côté, Juan Martin Del Potro (image AFP) et son marteau. De l'autre, Frances Tiafoe et sa batte de baseball. Difficile de faire deux techniques en coup droit plus antinomiques mais difficile aussi de trouver une poignée de joueurs qui mise autant sur cet atout originel. Athlète explosif, doté d'un fouetté du poignet digne des grands «ancêtres» américain (Agassi, Courier, Arias, Krickstein), Tiafoe avait fait suer Federer durant cinq manches à New York. Tant mieux, «La Tour de Tandil» n'aime rien tant que la lente dramaturgie d'un match qui rebondit cent fois. Et avec la fatigue, son immense préparation se relâche et transforme son coup droit en une arme de destruction massive.

2. Shapovalov – Tsitsipas: la crème Next Gen

Ils ont 18 et 19 ans et, depuis quelques heures, les «anciens» se frottent les mains d'avoir évité leur talent. Denis Shapovalov (image AFP) contre Stefanos Tsitsipas, telle était l'affiche d'une sublime demi-finale de Wimbledon junior il y a dix-huit mois. Mené un set et un break, le Canadien y avait trouvé la force de se sauver, avant d'enlever le titre et de battre Kyrgios à Toronto trois semaines plus tard. Sa carrière était lancée, son bras gauche magique libéré. Pour le Grec de l'académie Mouratoglou, tout s'est accéléré cet automne avec notamment une demi-finale à Anvers. Deux techniques superbes, deux jeunes en pleine ascension, ces deux-là pourraient très bien se retrouver en finale du Masters Next Gen dans onze mois.

3. Ostapenko – Schiavone: derby de sang chaud

Parce que personne ne sait se battre comme elle, Francesca Schiavone est revenue faire un petit tour dans le Top 100 (91). À 37 ans, la voilà donc au départ de son 17e Open d'Australie. Une fête qui pourrait virer au cauchemar puisque ce coquin de sort lui a réservé Jelena Ostapenko (image AFP) et sa propension à confisquer le sort des matches. À tellement frapper très fort et très vite, la championne de Roland-Garros décide de tout, sans laisser l'adversaire y mettre son grain de sel. Or justement, l'Italienne adore cuisiner: petit slice, gros lob, montées à contretemps. Mais Francesca l'éternelle arrivera-t-elle seulement à enfiler sa toque face au «fast tennis» letton? On salive déjà de le découvrir.

4. Rublev – Ferrer: vers un passage de témoin?

Il existe dans chaque sport des rites de passage; le genre de matches qui peut témoigner d'une progression évidente. Un exemple? Gagner un lundi soir pluvieux de novembre dans les bourrasques de Stoke, répondrait l'Angleterre du football. Eh bien David Ferrer est au tennis de 2018 ce que le Stoke City de Tony Pulis était à la Premier League du début des années 2000. «Le Pou» n'est plus tout à fait la mobylette qui terrorisait le circuit (3e en 2003). Mais mine de rien, il vient de coller deux petits sets à Chung à Auckland. Et pour le coup droit supersonique d'Andrey Rublev (image AFP), le défi physique imposé par le Valencien sera un sacré test. De plus, Rublev appartient à «l'école espagnole» des jeunes russes puisque son coach, Fernando Vicente, est Valencien lui aussi. Voilà qui renforce encore la symbolique du rite de passage.

5. Berdych – De Minaur: le carrefour des hommes en forme

Vous ne connaissez pas Alex De Minaur (image AFP)? C'est normal. Le gamin n'a que 18 ans, il pointe au 167e rang mondial, mais derrière sa bouille d'écolier se cache une sacrée détermination. «Down Under», la rumeur loue ce gars de Sydney qui est parti s'installer à Alicante pour «manger» de la terre battue et s'y nourrir d'humilité. Un pari payant? À Brisbane, De Minaur a croqué Steve Johnson et Milos Raonic pour s'offrir une demi-finale. Et que faisait Tomas Berdych pendant ce temps? Il remportait le «Tie-Break Tens» en battant Rafael Nadal en finale (250'000 dollars à la clé pour trois fois dix points). A priori, ce résultat n'est pas vraiment à prendre au sérieux. Une réserve que la presse australienne ne veut pas entendre. Pour elle, c'est certain: Berdych – De Minaur est le choc des hommes en forme.

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