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SuisseLes clowns d'EMS redonnent le sourire aux aînés

L’association Auguste propose des formations pour développer la pratique du clown en institutions, EMS ou milieux hospitaliers.

par
Melina Schroeter

«Mais qu’est-ce qui va se passer? Il y aura de la musique?» Vaguement inquiète, une élégante vieille dame est installée en ce lundi soir dans la salle d’animation du Home du Glarier, à Sion (VS). Doucement, Christophe Thétaz, responsable de l’animation à l’EMS, lui touche le bras pour la rassurer et se penche vers elle: «Ne vous inquiétez pas, on va tout vous expliquer.» A 19 heures, l’atelier commence.

Martine Rossier, l’animatrice du jour, prend la parole devant la dizaine de résidents et une vingtaine d’autres personnes, dont une majorité de personnel soignant en EMS. Martine Rossier est clown. Formatrice au sein d’Auguste-Clowns en Institution, elle a animé cette semaine l’un des ateliers organisés en Suisse romande pour fêter le 10e anniversaire de l’association. Celle-ci forme des personnes souhaitant proposer des animations en EMS avec des clowns, sur le même principe que Théodora, qui envoie des clowns dans les services pédiatriques. Assistantes de soin, infirmières, personnel administratif ou même des personnes ne venant pas du domaine médical, la formation est ouverte à tous. Les ateliers de cette semaine avaient pour objectif de présenter l’activité des clowns en institution.

La soirée commence en douceur, le temps de mettre les résidents et les apprentis clowns à l’aise. Après une petite présentation de chacun, les «élèves» passent à tour de rôle devant le groupe de personnes âgées, grimaçant, mimant un mouvement ou une émotion que les seniors doivent imiter.

Au-delà du verbal

Très attentive, l’élégante vieille dame du début, Germaine, n’est plus inquiète du tout. Souriante, elle se prête au jeu, lançant avec enthousiasme des baisers à l’assistance. Et ses yeux brillent d’une joie enfantine malgré ses… 101 printemps! Puis, chaque participant doit jouer avec un objet imaginaire, avec ou sans nez rouge.

Pour certains résidents, il est visiblement plus difficile de suivre le fil de la soirée. Mais même les plus silencieux regardent avec attention ces drôles de clowns bardés de boas en plumes, de chapeaux multicolores et d’accessoires improbables. «C’est ça qui est fantastique avec les clowns en institution, commente Christophe Thétaz. Ils arrivent à transmettre des émotions aux personnes âgées, même aux personnes qui ont certaines démences. La communication va au-delà du verbal et de la réflexion.» La soirée semble également créer une complicité supplémentaire entre les résidents et leurs soignants, mais aussi entre les soignants eux-mêmes après une soirée à faire les clowns ensemble.

A côté de la formation de base de 16 jours pour devenir clown en institutions, l’association Auguste souhaite renouveler l’expérience des ateliers dans toute la Suisse romande. Les participants de l’atelier de lundi à Sion avaient en tout cas l’air de vouloir continuer à jouer aux clowns.

www.auguste.ch

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