Omnisports: Les clubs romands partagés sur les aides du gouvernement
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OmnisportsLes clubs romands partagés sur les aides du gouvernement

Les dernières annonces du Conseil fédéral, ce mercredi, sont accueillies avec plus ou moins d’enthousiasme en Suisse romande. Florilège de réactions.

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Sport-Center
Le stade de la Tuilière, nouvel écrin du Lausanne-Sport.

Le stade de la Tuilière, nouvel écrin du Lausanne-Sport.

KEYSTONE

En cette période d’instabilité financière, les clubs professionnels et semi-professionnels peuvent compter sur le soutien du Conseil fédéral. Ce dernier a décidé mercredi de débloquer 115 millions de francs qui seront mis à leur disposition, à fonds perdus.

En plus des prêts, les clubs pourront recevoir des indemnités allant jusqu’à deux tiers du montant des pertes en matière de billetterie. Le montant des contributions se fondera sur les recettes de la saison 2018-2019 et leur versement sera soumis à des conditions strictes. Les clubs devront notamment «réduire durablement les très hauts salaires et renoncer à la distribution de dividendes, poursuivre le travail d’encouragement de la relève et de la promotion des femmes dans la même mesure que lors de la saison 2018-2019». En outre, les fonds devront être «utilisés de manière totalement transparente».

Par cette mesure, le gouvernement entend «sauvegarder les structures de base du sport de performance et du sport populaire en Suisse», ainsi que «maintenir le championnat et les matches».

Xavier Paredes (président du BBC Nyon)

«En ce moment, toutes les aides sont les bienvenues. C’est donc une bonne nouvelle. S’agissant des réductions de salaire, cela ne concerne pas notre club, nos joueurs sont déjà au minimum légal, les pauvres! Idem pour les dividendes, on n’a rien à donner. Les prêts à taux zéro vont nous permettre également d’avoir moins de pression au niveau de la trésorerie, même si ce n’est pas encore une urgence. Avec le revenu des sponsors, l’entrée des cotisations et les subventions, on a de quoi tenir mais si la situation devait durer, cela pourrait devenir vraiment compliqué à partir de janvier et février.

Ces aides vont nous permettre de souffler un peu, de payer nos factures et de déplacer des coûts sur plusieurs années. On avait déjà formulé une demande auprès de Swiss Basket pour qu’ils débloquent des fonds afin de combler une perte d’argent sans anticiper ces matches à huis clos. Nous enregistrons en principe des recettes de 4000 francs par match, mais avec le Covid, nous avions divisé par deux cette somme sachant qu’il y aurait forcément moins de monde que d’habitude. Mais sans l’apport du public, ce soutien de la Confédération est le bienvenu.

Nous attendons désormais avec impatience le retour des spectateurs dans la salle. Car si ces gestes financiers nous permettent de compenser le manque de liquidité, il va nous falloir au plus vite la présence de nos supporters dès que ce sera possible pour sauver notre saison. Par rapport à nos sponsors, nos abonnés et tous les gens qui nous soutiennent, cette situation à huis clos est tenable jusqu’à début janvier mais pour relancer notre dynamique il est impératif que cela n’excède pas plus longtemps.»

Alberto Angeretti (président du VBC Cheseaux)

«C’est une bonne nouvelle. Nous allons solliciter cette aide car les recettes n’entrent plus depuis que nous jouons à huis clos. D’ordinaire, nous comptons entre 300 et 450 spectateurs par match à domicile. Sans l’argent des entrées et de la buvette, nous risquons la faillite. Toutefois, avant de parler de faillite ou de relégation, nous prendrons notre bâton de pèlerin pour solliciter nos partenaires. Le Canton et le Fonds du sport vaudois nous avaient bien aidés lors de la première vague et nos sponsors nous soutiennent beaucoup. Mais ces entreprises sont aussi touchées par la crise du Covid. Nous sommes un petit club avec des moyens restreints. Nous avons déjà dû renoncer à notre repas de soutien qui nous rapporte entre 10000 et 12000 francs et à notre fondue du mois de février. Pour un club dont le budget se monte à 300000 francs, chaque billet de 100 francs est important. Notre perte sur l’exercice risque d’atteindre les 30000 à 40000 francs. Nous attendons que la Confédération éponge au moins une partie de ce manque à gagner.»

Jürg Stahl (président de Swiss Olympic)

«Par cette décision, le Conseil fédéral souligne qu'il est conscient de l'importance sociale et économique du sport professionnel et semi-professionnel et qu’il prend au sérieux sa situation difficile actuelle. Les fonds doivent aider les clubs des plus hautes ligues à continuer de remplir leur rôle d’important soutien de la relève sportive, pendant et après cette période difficile, mais aussi – tout comme les athlètes d’élite – de motivateurs et modèles pour le sport de la relève et de masse.»

Vincent Steinmann (responsable communication du Lausanne-Sport)

«On avait demandé une aide à fonds perdus et on l’a obtenue. Nous sommes donc satisfaits sur ce point important car il faut y voir une sensibilité du Conseil fédéral vis-à-vis du sport professionnel, ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé. Mais pour ce qui concerne le LS, cette décision n’engendre aucun enthousiasme particulier. Parce que le club se trouve dans une situation très particulière. Lors de la saison 2018-2019, qui sert de base de calcul, nous étions encore en Challenge League et à la Pontaise. Où nos revenus liés à la billetterie étaient environ dix fois moins élevés que ceux que nous aurions eu, dès le 29 novembre, à la Tuilière en Super League. Un stade pour lequel, comme chacun peut l’imaginer, nos charges sont bien supérieures elles aussi. Cette indemnisation ne change donc pratiquement rien pour nous car elle ne correspond plus à notre réalité actuelle. Quant aux contraintes exigées par le CF, elles ne nous posent pas le moindre problème.»

Laurent Strawson (président de Genève-Servette)

«Cette décision a le mérite de la cohérence puisque la première mesure du Conseil fédéral était de n’autoriser que 66% de la capacité des patinoires. Dès lors, 66% des recettes de la saison 2018-2019 me convient. Est-ce que cela suffira? Je vous propose de me laisser refaire les comptes pour la 19e fois de la semaine et je vous redirai derrière. Blague à part, c’est une aide bienvenue. Je pense que l’on se rapproche de ce dont nous aurons besoin pour jouer cette saison. Je n’ai pas de problème avec les conditions imposées.»

Sacha Weibel (membre de la direction du Lausanne HC)

«Les aides à fonds perdus peuvent sauver des clubs. Mais pour ce qui est du LHC, elles se baseraient sur une saison disputée dans une patinoire provisoire… Des cas spéciaux sont-ils prévus? Et puis, quelles seront les conditions? Dans quel état faut-il être pour pouvoir réclamer ces aides? Quid des structures comme la nôtre, faite de sport mais aussi de spectacles, où on enregistre également des pertes? Il y a trop d’inconnues pour nous prononcer aujourd’hui.»

Denis Vaucher (directeur de la National League et de la Swiss League)

«C’est une bonne journée pour le sport suisse. Maintenant il faut continuer de travailler pour que le Parlement valide cette décision lors de sa prochaine session qui aura lieu du 30 novembre au 18 décembre prochain. C’est donc une bonne chose, mais ce n'est pas encore fini. J'ai toujours été optimiste et je suis content de voir que la politique a conscience des enjeux représentés par le sport. Beaucoup de postes de travail sont concernés. Nous allons désormais plancher sur la suite de la saison. Pour l’heure, nous devons décider si le championnat se poursuivra en décembre. Avec cette nouvelle, je ne vois pas comment cela ne pourrait pas être le cas puisque les aides vont compenser les pertes. Et ces aides sont rétroactives pour les matches qui ont déjà été joués. Nous devons nous déterminer sur le rythme des rencontres qui doivent désormais être disputées tout en essayant de rattraper les 20 matches reportés. Nous savons que le risque de quarantaine existe toujours. C’est pourquoi nous planifions avec des phases et différents scénarios.»

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