Publié

Crise ukranienneLes combats se rapprochent de Donetsk, chef-lieu séparatiste

Alors que les négociations s'enlisent, 23 soldats et gardes-frontières ont perdu la vie vendredi, victimes d'une attaque des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

1 / 135
Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a mis en garde l'UE contre de nouvelles sanctions. (8 septembre 2014)

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a mis en garde l'UE contre de nouvelles sanctions. (8 septembre 2014)

Keystone
De la fumée s'élève près de l'aéroport de Donetsk. (Photo d'illustration) (Dimanche 7 septembre 2014)

De la fumée s'élève près de l'aéroport de Donetsk. (Photo d'illustration) (Dimanche 7 septembre 2014)

AFP
Un char endommagé de l'armée ukrainienne abandonné à proximité d'un jardin d'enfants détruit dans le village de Kominternove, dans l'est du pays. (6 septembre 2014).

Un char endommagé de l'armée ukrainienne abandonné à proximité d'un jardin d'enfants détruit dans le village de Kominternove, dans l'est du pays. (6 septembre 2014).

Keystone

En Ukraine, les négociations piétinent et les violences prennent de l'ampleur. Vendredi, Kiev a évoqué un bilan de 23 soldats tués dans les combats entre séparatistes et armée ukrainienne en 24 heures. La guerre se rapproche de Donetsk, chef-lieu de la région séparatiste, dont l'aéroport est le théâtre d'affrontements à l'artillerie lourde.

Le porte-parole de l'«opération antiterroriste» menée par les forces de Kiev, Vladyslav Seleznev, a indiqué que 23 soldats et gardes-frontières avaient été tués et 93 blessés, dans toutes les zones du conflit, en l'espace de 24 heures.

Parmi les victimes, 19 ont été tuées par une salve de roquettes multiples Grad vendredi matin près de la localité de Rovenki, dans la région de Lougansk, a précisé le ministère de la Défense.

Le président Petro Porochenko a convoqué une réunion en urgence de ses collaborateurs. Il s'est engagé à «trouver et à anéantir» les responsables de cette attaque.

Tortures et rapts

Et quatre mineurs ont été tués lorsqu'un obus a atteint jeudi le bus qui les transportait près de Tchervonopartizansk (région voisine de Lougansk), a indiqué vendredi leur employeur.

Amnesty International a souligné par ailleurs que les cas de tortures et d'enlèvements se multiplient. Elle en a totalisé 222 contre près de 500 selon le ministère ukrainien de l'Intérieur, «la plupart commis par des séparatistes armés», a déclaré l'ONG dans un communiqué.

Aéroport de Donetsk pilonné

A Donetsk, l'aéroport international fortement endommagé et fermé depuis des affrontements meurtriers en mai était vendredi le théâtre d'intenses combats. Inquiets et craignant des bombardements, des dizaines de familles fuyaient cette métropole d'un million d'habitants, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

A la gare de Donetsk d'où la tour de contrôle de l'aéroport peut être vue et où quelque 200 personnes faisaient la queue aux guichets vendredi matin pour acheter des billets, des échanges de tirs venant de l'aéroport étaient entendus, suivis par un survol d'avion et des tirs anti-aériens, a rapporté un journaliste sur place.

Le «premier ministre» de la «République populaire de Donetsk», Alexandre Borodaï, avait affiché jeudi sa résolution à «défendre le territoire contre l'occupation» alors que ces derniers jours, les forces loyalistes ont repris aux rebelles plusieurs villes, dont Slaviansk samedi.

Appel de l'Eglise à déposer les armes

Sur le front diplomatique, aucun progrès n'était à noter vendredi. La journée a été marquée par un appel du chef par intérim de l'Eglise orthodoxe russe d'Ukraine, qui a demandé publiquement aux rebelles prorusses de déposer les armes.

Proclamant son soutien à l'intégrité territoriale de l'Ukraine, le métropolite Onoufriï a invoqué la position du Conseil ukrainien des Eglises et d'organisations religieuses qui a «ces dernières semaines exprimé son soutien à la position du président ukrainien Petro Porochenko sur le règlement du conflit dans l'Est et s'est dit prêt à contribuer à la mise en oeuvre de son plan de paix».

L'Eglise orthodoxe russe d'Ukraine, première communauté religieuse du pays avec quelque 11'000 paroisses, dépend du Patriarcat de Moscou, normalement considéré comme proche du pouvoir russe.

A Bruxelles, le ministre russe de l'Economie a demandé à l'Union européenne de suspendre la mise en oeuvre de l'accord d'association et de libre-échange conclu avec l'Ukraine. Alexeï Oulioukaïev a prévenu que son pays serait contraint de revoir ses relations commerciales avec Kiev dès l'entrée en vigueur de cet accord, estimant aussi qu'il était à l'origine de «zones à risque» pour la Russie.

L'UE épingle 11 personnes de plus

Réagissant elle aussi à l'escalade de la violence dans l'Est de l'Ukraine, l'UE a elle décidé d'ajouter onze noms à sa liste de personnes visées par des sanctions ciblées pour leur responsabilité dans la crise.

Ces onze personnalités, dont les noms seront dévoilés samedi par l'UE, s'ajoutent aux 61 responsables russes ou ukrainiens prorusses déjà sanctionnés par des gels d'avoirs et des interdictions de visas, pour atteinte à la souveraineté de l'Ukraine.

(ats)

Votre opinion