Irak: Les combattants kurdes auraient repris Sinjar
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IrakLes combattants kurdes auraient repris Sinjar

Des forces kurdes ont pénétré vendredi dans la ville tenue depuis août 2014 par les djihadistes.

Il faudra entre 2 et 4 jours aux Kurdes pour sécuriser la localité.

Il faudra entre 2 et 4 jours aux Kurdes pour sécuriser la localité.

Keystone

Les forces kurdes irakiennes ont annoncé avoir repris vendredi à la faveur d'une offensive éclair la ville de Sinjar au groupe Etat islamique (EI) en Irak. Sa reconquête est un revers spectaculaire pour les djihadistes. Elle pourrait préfigurer d'autres contre-offensives.

«Je suis ici pour vous annoncer la libération de Sinjar», a déclaré le dirigeant de la région autonome du Kurdistan irakien (nord), Massoud Barzani, lors d'une conférence de presse près de Sinjar, une cité du nord de l'Irak proche de la frontière syrienne. La prise de Sinjar coupe ainsi une route stratégique de communication utilisée par les djihadistes entre l'Irak et la Syrie voisine.

La ville est en effet située sur un axe qui relie Mossoul (nord), fief du groupe EI en Irak, aux territoires contrôlés par ce groupe en Syrie. Il permettait aux djihadistes de faire circuler matériel et hommes entre les deux pays où ils contrôlent de vastes territoires.

«Longue vie au Kurdistan!»

Dans la matinée, des centaines de combattants kurdes en tenues de camouflage et armés de fusils d'assaut et de mitraillettes ont pénétré Sinjar à pied. Ils portaient des drapeaux du Kurdistan, à l'est de Sinjar, tirant en l'air et criant: «Longue vie aux peshmergas!» et «Longue vie au Kurdistan!»

«Sinjar a été libérée par le sang des peshmergas et fait désormais partie du Kurdistan», a ajouté Massoud Barzani dont les déclarations risquent de provoquer l'irritation du pouvoir central à Bagdad.

A la faveur de l'offensive fulgurante du groupe EI en juin 2014 au nord de Bagdad qui avait vu la fuite des forces fédérales irakiennes, les forces kurdes avaient pris le contrôle de certaines zones disputées avec le pouvoir central irakien.

Hôpitaux et bâtiments publics sécurisés

Mahma Khalil, responsable kurde a indiqué en soirée que «la situation sécuritaire est stable à Sinjar», ajoutant que «tous les combattants (du groupe EI) ont fui» la ville. L'hôpital et les bâtiments publics ont été sécurisés par les peshmergas, selon eux.

«La coalition a mené plus de 250 frappes aériennes» en appui de l'opération militaire, a déclaré vendredi le colonel Steve Warren, porte-parole des opérations internationales contre l'EI, lors d'une conférence de presse. «Nous estimons avoir tué plus de 200 combattants ennemis au cours des derniers jours», a-t-il précisé.

Cette victoire est également importante symboliquement, après que l'EI s'est livré en août 2014 à Sinjar à de multiples exactions contre sa population Yézidie, des kurdophones. Aidés par des combattants Yézidis et les raids de la coalition, des milliers de combattants kurdes (peshmergas) avaient lancé l'offensive jeudi.

Sous pression en Syrie aussi

Cette offensive intervient alors que l'EI est aussi sous pression en Syrie. Une coalition arabo-kurde syrienne, appuyée par les Etats-Unis, a chassé les djihadistes d'une position-clé qu'ils contrôlaient à la frontière avec l'Irak. «Les forces démocratiques syriennes (FDS) ont pris le contrôle du village d'al-Hol, sur la route d'approvisionnement en armes et en matériel de l'EI venant d'Irak», a dit le porte-parole des FDS, le colonel Talal Ali Sello.

Dans une interview à la chaîne ABC diffusée vendredi, le président américain Barack Obama a assuré que les Etats-Unis avaient atteint leur objectif de «maîtriser l'élan» de l'EI en Irak et en Syrie. Le groupe «ne gagne pas de terrain en Irak. Et en Syrie, ils vont, ils viennent, mais il n'y a pas d'avancée systématique de l'EI sur le terrain», a dit M. Obama dans cet entretien enregistré jeudi.

(ats)

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