Drame de la route: Les communes endeuillées marchent pour leurs morts

Publié

Drame de la routeLes communes endeuillées marchent pour leurs morts

Ce dimanche, les villages girondins touchés par l'accident dramatique de vendredi rendaient hommage aux victimes.

1 / 46
Les carcasses des véhicules vont ensuite être examinées par les enquêteurs. (26 octobre 2015)

Les carcasses des véhicules vont ensuite être examinées par les enquêteurs. (26 octobre 2015)

Mehdi Fedouach, AFP
Une énorme grue rouge a commencé en fin de matinée à soulever la remorque du camion, qui elle n'a visiblement pas été carbonisée. Elle devait ensuite soulever l'avant du camion, et enfin l'autocar. Le procureur de Libourne devait réunir dans l'après-midi les familles pour un point sur l'enquête. (26 octobre 2015)

Une énorme grue rouge a commencé en fin de matinée à soulever la remorque du camion, qui elle n'a visiblement pas été carbonisée. Elle devait ensuite soulever l'avant du camion, et enfin l'autocar. Le procureur de Libourne devait réunir dans l'après-midi les familles pour un point sur l'enquête. (26 octobre 2015)

AFP
Une énorme grue rouge a commencé en fin de matinée à soulever la remorque du camion, qui elle n'a visiblement pas été carbonisée. Elle devait ensuite soulever l'avant du camion, et enfin l'autocar. Le procureur de Libourne devait réunir dans l'après-midi les familles pour un point sur l'enquête. (26 octobre 2015)

Une énorme grue rouge a commencé en fin de matinée à soulever la remorque du camion, qui elle n'a visiblement pas été carbonisée. Elle devait ensuite soulever l'avant du camion, et enfin l'autocar. Le procureur de Libourne devait réunir dans l'après-midi les familles pour un point sur l'enquête. (26 octobre 2015)

AFP

Ils sont venus de toutes les communes alentour, certains avec leur cor de chasse, d'autres avec quelques fleurs : à Petit-Palais-et-Cornemps (Gironde), une des communes durement frappées par l'accident meurtrier, familles et proches des victimes se sont rassemblées pour exprimer leur «peine immense».

Environ 350 personnes se sont retrouvées au centre du village viticole, devant la petite église romane de pierres blondes, typique de la région, pour la cérémonie organisée à l'initiative des clubs de chasseurs locaux, auxquels appartenaient de nombreuses victimes, pour la plupart des personnes âgées.

Une minute de silence

A 11 heures, un groupe de chasseurs se rassemble devant l'église autour d'un petit autel improvisé couvert d'un linge blanc et de 43 bougies. Autour d'eux, des centaines de personnes. Une minute de silence inaugure la cérémonie. Les visages sont graves, les larmes montent aux yeux.

«Nous avons décidé de suspendre la chasse pendant une semaine afin de rester auprès de nos familles, ce sont nos anciens qui nous ont transmis ces valeurs et cette passion», a déclaré, très ému, Jérémie Bessard, conseiller municipal et chasseur lui-même. «Votre départ marque le début d'une nouvelle vie pour notre village qui va être extrêment difficile à reconstruire, notre peine est immense», a-t-il ajouté.

En retrait, sous un arbre, un chasseur entonne un air avec son cor. Les participants s'ébranlent ensuite en cortège, derrière «l'autel», pour une «marche du deuil» autour de l'église, avant de pénétrer dans l'édifice, trop petit pour accueillir tout le monde.

«C'est un grand désespoir»

S'ensuit un long moment de recueillement dans le silence. Parmi la foule, émerge le visage, encore bandé, de Jean-Claude Leonardet, charpentier de 73 ans, un des huit rescapés de la catastrophe, qui a fait vendredi au moins 43 morts à Puisseguin, à 7 km de là, dans la collision entre un car et un camion.

«C'est un grand désespoir. On est profondément touchés, car ce sont tous des amis. Dans de petits villages comme les nôtres, nous sommes tous des amis», confie avec émotion, Georgette, habitante de Petit-Palais-et-Cornemps et membre du club du troisième âge qui a organisé l'excursion qui a fini en drame.

«C'est un siècle qui est parti de chez nous», témoigne, la gorge nouée, Georges Puyastier, venu du village voisin de Gours et également chasseur. «Ca nous fait de la peine. C'est une drôle d'émotion qu'on a».

Au moins 43 morts

Alors que les proches s'étreignent, les cloches sonnent en hommage aux victimes. A 15 heures, Petit-Palais-et-Cornemps et les communes alentour rendront un nouvel hommage à leurs morts avec une marche dans le centre du village.

La collision entre l'autocar et le camion, vendredi à Puisseguin, a fait au moins 43 morts, pour la plupart des personnes âgées et un enfant. Selon les premiers éléments d'enquête, le camion était en portefeuille en travers de la route quand le bus l'a percuté, dans une courbe.

Il s'agit de l'accident le plus meurtrier en France depuis celui de Beaune (Côte d'Or) en 1982, qui avait coûté la vie à 53 personnes, pour la plupart des enfants.

(AFP)

Ton opinion