Football: Les confidences poignantes de Sforza sur sa dépression 

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FootballLes confidences poignantes de Sforza sur sa dépression 

Dans une longue interview accordée au Sonntagsblick, l’ancien entraîneur du FC Bâle est notamment revenu sur une sombre période de sa vie. 

par
Chris Geiger
Ciriaco Sforza n’a plus de club depuis son renvoi du FC Bâle en avril 2021.

Ciriaco Sforza n’a plus de club depuis son renvoi du FC Bâle en avril 2021.

REUTERS

En retrait du football professionnel depuis son licenciement du FC Bâle en avril 2021, Ciriaco Sforza fait à nouveau les gros titres de la presse alémanique. Le technicien de 52 ans, personnage clivant de l’autre côté de la Sarine, s’est longuement confié au Sonntagsblick de ce dimanche. Durant cet entretien teinté d’émotions, l’ancien international suisse (79 sélections, 6 buts) a abordé plusieurs thématiques poignantes comme la dépression dont il a souffert, la disparition de son père et les raisons de son échec dans le club rhénan.

À l’image de plusieurs athlètes professionnels, Simone Biles et Naomi Osaka en tête, Ciriaco Sforza a décidé d’évoquer les problèmes de santé mentale rencontrés durant sa carrière. En l'occurrence lorsqu’il était à la tête de Grasshopper, en 2011. «Beaucoup de choses s’étaient enchaînées, se rappelle-t-il. Mon ex-femme et moi nous étions séparés, puis j'avais déménagé. À GC, il y avait également un énorme désordre dans le club. Le corps n'en pouvait plus, il s'est rebellé.»

Puis l’ancien entraîneur de Lucerne, Wohlen, Thoune ou encore Wil de détailler sous quelles formes les symptômes s’étaient manifestés. «Je faisais souvent de longues promenades, souffle-t-il. Durant ces dernières, il m’arrivait de verser des larmes. Mon monde émotionnel était complètement bouleversé, c'était un vide total. Parfois, je me réveillais au milieu de la nuit, en sueur, et de nouvelles larmes apparaissaient. Cela a duré presque un an. J'avais aussi peur d'avoir une crise cardiaque.»

Suivi psychologique

Désormais guéri, Ciriaco Sforza, qui «a pu faire le point sur la mort de son papa et sur toutes ces années» délicates, détaille comment il est sorti de la dépression. «J'avais évidemment besoin d'un psychologue pour pouvoir parler, confie-t-il. Si j’ai eu recours à des médicaments? Au début, ma sœur me donnait des calmants. Mais au bout de trois jours, j'ai jeté les pilules parce que je n'en voulais pas. En revanche, les entretiens avec le psychologue m'ont fait extrêmement progresser.»

L’ancien joueur de Kaiserslautern, du Bayern Munich et de l’Inter Milan, qui se dit prêt à retrouver de l’embauche au sein d’un club, ne s’est pas soigné uniquement grâce au suivi psychologique. Mais aussi via des activités ludiques.

«Je cherchais la joie de vivre, confirme-t-il. Un ami proche, qui savait que j'en avais besoin, m'a surpris un jour. Il m'a dit de me rendre au terrain de football de Wohlen. Là, une Harley m’attendait. Je n'étais jamais monté sur une moto. Mon ami a collé un L, est parti devant et je l’ai suivi dans les montagnes sur la Harley. C’était une sensation incroyable. Il m’est aussi arrivé de traverser le lac de Zurich en bateau à moteur. C'est avec ce genre de choses que je me reposais. Cela libérait la tête et le corps.»

Gageons que les confidences de Ciriaco Sforza libéreront, elles, d’autres acteurs du football suisse qui luttent en silence avec leurs propres démons.

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