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Hockey sur glaceLes conseils des «footeux» du FC Sion aux Ajoulots

Le FC Sion demeure la référence absolue en Coupe. En 2006, le club de Tourbillon l’avait emporté contre YB alors qu’il évoluait en Challenge League. Au HC Ajoie de s'en inspirer.

par
Sport-Center
En 2006, Christian Constantin avait soulevé une «étrange» Coupe de Suisse, un trophée qui sera très vite remplacé par l'original, la Coupe Aurèle-Gilbert Sandoz.

En 2006, Christian Constantin avait soulevé une «étrange» Coupe de Suisse, un trophée qui sera très vite remplacé par l'original, la Coupe Aurèle-Gilbert Sandoz.

Keystone

Quand l’on parle Coupe de Suisse, on pense inévitablement au FC Sion, dont c’est la spécialité, la compétition fétiche. Comme en témoignent ses treize Coupes soulevées jusqu’en 2015, avant la perte de la quatorzième deux ans plus tard à Genève (défaite 3-0 contre Bâle). Les Valaisans ont surtout fait main basse sur la Coupe en 2006, alors même qu’ils évoluaient en Challenge League, un exploit qu’aucun autre club n’a réussi jusqu’à ce jour.

A l’époque, les joueurs de Christophe Moulin s’étaient imposés contre Young Boys aux tirs au but, le score demeurant de 1-1 après 120 minutes – Obradovic (55e) avait répondu au but de Varela (16e).

Constantin: «La Coupe, c’est une histoire de croyance»

Cet exploit alors impensable, c’est celui que les hockeyeurs du HC Ajoie devront réaliser dimanche à Lausanne contre Davos, pour entrer à leur tour dans l’histoire. L’affiche paraît certes déséquilibrée, mais les Jurassiens auraient tort de ne pas y croire, comme le confirme Christian Constantin. «Ils ont tout pour eux. Après avoir déjà éliminé le LHC, les Lions zurichois et Bienne dans les tours précédents, ce serait con de ne pas terminer le boulot. La Coupe, c’est une histoire de croyance, de dépassement de soi et d'émotions. J’ai souvent utilisé des images de montagnes pour faire prendre conscience aux gars de ce qui les attendait et de ce qu’ils étaient capables de gravir. Il ne suffit pas de jouer, il faut se mettre en condition de pouvoir l’emporter. En s’arrachant sur chaque ballon - ou chaque puck dans le cas présent.»

Le boss du FC Sion sait de quoi il parle. La Coupe, c’est son truc. «Dans une finale, reprend-il, il y a un aspect émotionnel très fort. Tout comme l’apport du public, appelé à faire la différence. Comme Sion a toujours su s’appuyer sur le 12e homme dans ces moments-là, Ajoie doit pouvoir compter sur son sixième homme. Après, ses joueurs ont les mêmes patins que les Davosiens, utilisent les mêmes cannes, ont deux jambes et deux bras comme leurs adversaires, etc.»

A 48 heures du coup d’envoi à la Vaudoise aréna, quels conseils Christian Constantin glisserait-il aux Ajoulots? «Il est important de ne pas se disperser, répond-il. Cela est aussi valable pour les dirigeants. Avec les invités officiels, l’inévitable réception et les cocktails, il y a là des tentations.» La priorité demeure toutefois l’attitude des joueurs eux-mêmes. «S’ils veulent marquer leur carrière, c’est ce jour-là, et pas un autre. Pour Davos, déjà rompu à la Coupe Spengler, ce n’est pas quelque chose de nouveau.»

Moulin: «Le risque, c’est de jouer le match à l’avance»

Assis sur le banc de Tourbillon voici quatorze ans, Christophe Moulin n’a rien oublié des jours – ni des nuits - ayant précédé ce 17 avril 2006 historique. «Il y avait une énorme pression sur mes épaules, reconnaît l’ancien technicien. J’avais peur de perdre, d’être le premier à ne pas ramener la Coupe en Valais. Je n’en avais pas dormi la veille du match. Au petit matin, je me souviens m’être dit: «Mais Christophe, qu’est-ce que tu fous ici?»

Devant 30’659 spectateurs réunis au Stade de Suisse, dont une majorité de Valaisans, tout s’était décidé lors de l’angoissante loterie des tirs au but. «J’avais dû faire deux fois le tour de l’équipe pour trouver les tireurs. Sur la liste des cinq noms que j’avais préparée au cas où, il n’en restait plus qu’un.» La séance se déroule pourtant comme dans un rêve, jusqu’au dernier penalty, synonyme de dixième Coupe, tiré par Regazzoni. Lorsqu’il rembobine le film, Christophe Moulin en sourit. «Plus Rega s’avançait vers le point de penalty, plus je le voyais devenir petit, lui qui n’était déjà pas grand. Alors qu’à Martigny, lors du dernier entraînement, on avait raté tous nos penalties, à Berne, on les a tous mis. Comme quoi…»

Dimanche, le Valaisan sera derrière le Petit Poucet de la Coupe. «A part les Davosiens, note notre interlocuteur, tout le monde sera pour Ajoie.» Comment faire en sorte d’annuler la différence de Ligue? Quels ressorts utiliser pour créer les conditions de l’exploit? «Le risque, c’est de jouer le match à l’avance et de perdre bêtement de l’influx. Tu te vois gagnant, tu te vois perdant… Il faut vivre le moment quand il est là, et pas avant!»

Alors, Ajoie répétant en 2020 l’exploit du FC Sion de 2006, possible? «Il y a toujours une chance, répond Christophe Moulin. Les Ajoulots ont une croyance qui les porte. Cela dit, je pense quand même qu’il y a davantage de différences en hockey qu’en foot. La victoire jurassienne n’en sera que plus belle!»

Nicolas Jacquier

En 2006, Sion avait joué sous protêt

Avant le coup d’envoi de la finale, une polémique avait éclaté au sujet de la présence sur le terrain d’Everson. Le Brésilien d’YB avait reçu de deux matches de suspension après la demi-finale avant d’écoper d’une nouvelle suspension, à la suite d’un quatrième avertissement récolté en championnat. Il s’en était suivi un micmac politico-judiciaire afin de savoir quelle peine prévalait et devait être purgée en premier.

A la suite d’une décision administrative de l’ASF, donnant son feu vert quant à la participation d’Everson, Sion avait alors joué son protêt. Dans les jours précédents le coup d’envoi, Christian Constantin avait aussi menacé d’alerter la Cour des Droits de l’homme. En vertu du principe de l’égalité des chances, le patron de Tourbillon avait estimé que Sion devait pouvoir aligner le même nombre d’étrangers que les clubs de Super League. Devant la crainte de représailles juridiques, Gernot Rohr avait optempéré. «Je n’entamerai le match qu’avec trois joueurs étrangers», avait-il promis.

Deux mois après son triomphe en Coupe de Suisse, Sion, 2e de Challenge League au classement final derrière Lucerne, avait remporté les barrages qui l’opposaient à NE/Xamax. Après le 0-0 qui avait sanctionné la première manche à Tourbillon, les Valaisans avaient condamné les Neuchâtelois à la culbute en s’imposant 3-0 à La Chaux-de-Fonds, grâce à un doublé de leur buteur Paolo Vogt (38e et 59e) et une ultime réussite signée Alain Gaspoz. Young Boys – Sion 1-1 ap, 3-5 tab

Stade de Suisse, 30'659 spectateurs. Arbitre: M. Rutz.

Buts: 16e Varela 1-0, 55e Obradovic 1-1.

Young Boys:Wölfli ; Schwegler, Calvano, Gohouri, Hodel (90e Aziawonou) ; J. Magnin, Everson (106e Yakin) ; Varela, Yapi-Yapo (35e Portillo), Raimondi ; João Paulo. Entraîneur: G. Rohr.

Sion: Vailati ; Gaspoz, Sarni, João Pinto, Meoli ; Luiz Carlos (46e Regazzoni), Fernandes, Di Zenzo ; Obradovic ; Thurre (119e Crettenand), Paolo Vogt (107e Leandro). Entraîneur: C. Moulin.

Tirs aux buts: Obradovic 0-1, João Paulo manque, Di Zenzo 0-2, Yakin 1-2, Crettenand 1-3, Calvano 2-3, Gaspoz 2-4, Raimondi 3-4, Regazzoni 3-5.

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