Boris Johnson : Humilié, mais déterminé à «continuer»
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Boris Johnson Humilié, mais déterminé à «continuer»

Le Premier ministre et son parti ont subi, vendredi, deux défaites lors d’élections législatives partielles, notamment dans une circonscription détenue par les Tories, depuis plus d’un siècle.

Boris Johnson, le 23 juin 2022, à Kigali.

Boris Johnson, le 23 juin 2022, à Kigali.

AFP

Deux défaites à des législatives partielles, l’une dans une zone tenue depuis plus d’un siècle par les conservateurs, suivie de la démission-choc du président de son parti conservateur ont érodé encore davantage l’autorité du Premier ministre britannique Boris Johnson, qui exclut de démissionner.

Reconnaissant des résultats «difficiles», Boris Johnson a promis, vendredi, d’«écouter» les électeurs mais s'est montré déterminé à «continuer» son travail à la tête du gouvernement.

«Nous devons reconnaître que nous devons faire plus et nous le ferons, nous continuerons, en répondant aux préoccupations des gens», a déclaré le Premier ministre, depuis le Rwanda, où il se trouve pour un sommet du Commonwealth.

Les libéraux-démocrates centristes ont renversé la majorité conservatrice pour remporter Tiverton et Honiton, circonscription du sud-ouest de l’Angleterre conservatrice depuis sa création en 1997, par plus de 6000 voix.

Le Parti travailliste, principal parti d’opposition, a récupéré par près de 5000 voix la circonscription de Wakefield, dans le nord de l’Angleterre, un fief traditionnellement travailliste ravi par les Tories lors de leur triomphe de décembre 2019.

Démission du président du Parti conservateur

Ces humiliantes défaites «sont les dernières d’une série de très mauvais résultats pour notre parti», a écrit le président du Parti conservateur britannique, Oliver Dowden dans une lettre à Boris Johnson.

«Nous ne pouvons pas continuer comme si de rien n’était», «quelqu’un doit prendre ses responsabilités», a-t-il poursuivi, annonçant sa démission.

Les votes ont eu lieu jeudi après deux démissions d’anciens députés conservateurs tombés en disgrâce ces derniers mois.

Accusations d’agression, porno et «partygate»

Le scrutin de Wakefield avait été déclenché par la démission d’Imran Khan, condamné à 18 mois de prison pour l’agression sexuelle d’un adolescent. À Tiverton et Honiton, le député de 65 ans Neil Parish avait présenté sa démission, après avoir reconnu avoir regardé de la pornographie sur son téléphone au Parlement.

Deux semaines après avoir survécu sans éclat à un vote de défiance dans le sillage du «partygate»- l’affaire des fêtes arrosées à Downing Street, pendant les confinements – ces résultats risquent d’accentuer encore davantage le climat de défiance au sein de la majorité.

Pour autant, Boris Johnson avait exclu, jeudi, alors qu’il se trouvait au Rwanda pour un sommet du Commonwealth, de démissionner en cas de défaite.

Un «verdict clair»

Dans des discours saluant leurs victoires, les deux députés nouvellement élus ont déclaré que les Britanniques n’avaient plus confiance en Boris Johnson et l’ont exhorté à démissionner.

Le chef de l’opposition, Keir Starmer, qui espère remplacer Boris Johnson au poste de Premier ministre, après les prochaines élections générales prévues en 2024, a clamé que Wakefield «pourrait être le lieu de naissance du prochain gouvernement travailliste».

«Wakefield a montré que le pays a perdu confiance dans les Tories», a-t-il déclaré, dans un communiqué. «Ce résultat est un verdict clair sur un parti conservateur qui est à court d’énergie et d’idées».

«Le public en a assez des mensonges et des violations de la loi de Boris Johnson et il est temps que les députés conservateurs fassent enfin ce qu’il faut et le renvoient»

Ed Davey, chef des libéraux-démocrates

Pour le chef des libéraux-démocrates, Ed Davey, ça a valeur de «réveil pour tous ces députés conservateurs qui soutiennent Boris Johnson».

«Les habitants de Tiverton et Honiton ont parlé au nom du pays», a-t-il ajouté. «Le public en a assez des mensonges et des violations de la loi de Boris Johnson et il est temps que les députés conservateurs fassent enfin ce qu’il faut et le renvoient».

Boris Johnson a passé des mois à lutter pour sa survie après une série de controverses, notamment le «Partygate», qui a entamé sa légitimité comme leader du parti.

Avant même que la controverse n’éclate en décembre dernier, l’architecte du Brexit, âgé de 58 ans, a perdu deux sièges autrefois sûrs lors d’élections partielles, l’année dernière. Il a ensuite obtenu un score lamentable lors des élections locales de mai.

Contexte peu favorable

Quelques semaines plus tard, des dizaines de députés conservateurs ont déclenché un vote de défiance à l’encontre de M. Johnson, et plus de 40% d’entre eux ont tourné le dos à leur chef de file en difficulté.

Le contexte s’avère peu favorable pour son gouvernement, avec une inflation au plus haut depuis 40 ans – dépassant les 9% – à l’origine d’une grève massive des cheminots, et l’échec récent d’une tentative controversée d’expulser des migrants vers le Rwanda.

(AFP)

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