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Transports lausannois«Les contrôleurs sont à cran»

Les contrôles des TL sont sévèrement critiqués par les lecteurs du «Matin». L'obsession du rendement serait la cause de certaines dérives.

par
Victor Fingal
Sebastien Anex

Les contrôleurs des Transports publics lausannois (TL) sont-ils trop agressifs? La question se pose après l'avalanche de courriers reçus à la rédaction suite à un article consacré à un retraité, molesté alors qu'il était en possession d'un titre de transport valable («Le Matin» du 16 août). Quelques exemples? C. affirme aussi avoir été malmené alors qu'il avait un ticket en ordre: «Grâce à un témoignage, les TL ont dû renoncer à toutes démarches contre moi. J'ai déposé une plainte il y a une année pour que mon cas fasse école, mais je n'ai aucune nouvelle de la justice.»

Signalons encore dans le désordre ce médecin de Renens, obligé d'augmenter la dose de tranquillisants à une de ses patientes, âgée, en état de choc après un contrôle. Sans oublier cette fillette de 11 ans, encerclée par quatre contrôleurs, alors qu'elle avait un abonnement valable ou ce handicapé, obligé, lui, de bloquer les portes pour qu'on le laisse monter à bord d'un bus.

Mais le pire pour les usagers des TL est sans nul doute le contrôle aux portes, source selon eux de nombreuses dérives. «La stratégie appliquée par les TL, c'est d'aller «au devant» pour justifier ensuite une intervention auprès des personnes récalcitrantes, explique Johan Pain, syndicaliste TL. C'est le système du contrôle aux portes et l'encerclement de la personne concernée afin que ce soit elle qui touche le contrôleur… Ensuite l'argument de la légitime défense est utilisé pour retenir le resquilleur.»

Pour Christian Fankhauser, le secrétaire syndical du Syndicat du personnel des transports publics (SEV) en charge des TL, le contrôle aux portes doit disparaître. «Les contrôleurs travaillent par équipe et les chefs d'équipe, obsédés par le rendement, font quelquefois de la surenchère. Ainsi, des contrôleurs sont parfois à cran. Le meilleur moyen d'éviter certains conflits serait de changer de méthode.»

1,2 à 1,5 million de contrôles

De son côté, Daniel Leuba, directeur commercial des TL, estime que ces incidents restent marginaux. «Nos 30 contrôleurs sont des professionnels veillant au bon déroulement des déplacements de notre clientèle. Ils contrôlent entre 1,2 et 1,5 million de clients par année.» Et le directeur d'ajouter: «Nos contrôleurs sont formés spécifiquement à la gestion de conflit et de stress par une consultante externe, afin d'éviter le conflit non maîtrisable. Malheureusement nous constatons une recrudescence d'agressions physiques sur nos contrôleurs au même titre que dans d'autres corps de métier représentant une autorité.»

La solution à tous ces problèmes existerait, affirme en substance Christian Fankhauser: «La gratuité sur les transports publics.» Mais c'est un autre débat.

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