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PourparlersLes Corées du Nord et du Sud se reparlent

Après des mois de tensions militaires, des responsables des deux pays s'entretiennent dans la petite ville frontalière de Panmunjom. Ce sont les premiers pourparlers bilatéraux depuis des années.

La cheffe de la délégation nord-coréenne Kim Song-Hye serre la main des délégués sud-coréens.

La cheffe de la délégation nord-coréenne Kim Song-Hye serre la main des délégués sud-coréens.

AFP

Des responsables des deux pays s'entretenaient dimanche dans la petite ville frontalière de Panmunjom à l'occasion des premiers pourparlers bilatéraux depuis des années. Et ce après plusieurs mois de tensions militaires alimentées par les ambitions nucléaires de Pyongyang.

Ces discussions, organisées à l'endroit précis où fut signé l'armistice mettant fin à la Guerre de Corée (1950-1953), surviennent au lendemain de la conclusion du sommet entre la président américain Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping en Californie.

Les deux dirigeants ont constaté leur «alignement» dans le dossier nord-coréen, affirmant être «pleinement en accord sur les objectifs» de «dénucléarisation» de la péninsule coréenne, selon le conseiller de sécurité nationale américain, Tom Donilon.

La Chine est le seul allié de poids de Pyongyang, mais s'est montrée irritée de l'agressivité dont a fait preuve ces derniers mois le jeune dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un. Pékin, qui concrètement maintient sous perfusion l'économie nord-coréenne, avait même voté à l'ONU les dernières sanctions contre le régime communiste.

Réunion ministérielle mercredi ?

A Panmunjom, trois délégués sud-coréens et trois nord-coréens ont entamé vers 10h00 locale (03h00 suisse) leurs entretiens destinés à préparer le terrain pour des négociations de plus haut niveau, a indiqué le ministère sud-coréen de l'Unification dans un communiqué.

«L'atmosphère générale a été (...) calme et la discussion s'est menée sans anicroches particulières», a déclaré en fin de matinée le porte-parole du ministère, Kim Hyung-Seok. Les délégués ont évoqué l'ordre du jour, le lieu et le calendrier de futurs contacts au niveau ministériel.

Une réunion ministérielle, la première en plus de six ans, pourrait être programmée pour ce mercredi. Le principe en a été accepté par Séoul et Pyongyang.

L'ordre du jour était essentiellement porté sur la restauration des liens commerciaux bilatéraux suspendus, y compris la réouverture du site industriel inter-coréen de Kaesong, à 10 km de la frontière, côté nord, fermé par Pyongyang en avril, alors que les tensions sur la péninsule étaient au plus haut depuis quelques semaines.

Prudence requise

L'apparent fléchissement nord-coréen a été favorablement accueilli au sud mais certains spécialistes enjoignent à la prudence. «L'offre nord-coréenne est caractéristique de la diplomatie de Pyongyang» qui invite la Corée du Sud à «résoudre et à payer pour les problèmes que le Nord a provoqués», souligne ainsi Stephan Haggard du Peterson Institute for International Economics.

Le principe de la tenue de cette réunion préparatoire a vu le jour jeudi après un retournement complet et inattendu de la position de la Corée du Nord. Pyongyang a subitement mis en sourdine ses menaces de belligérance et proposé d'ouvrir un dialogue avec la Corée du Sud.

Les observateurs font valoir que cette offre a été opportunément rendue publique à la veille du sommet Obama-Xi, alors que Pyongyang avait déjà rejeté plusieurs appels de la Corée du Sud à négocier.

La Corée du Sud avait répondu promptement en proposant une rencontre inter-ministérielle avec le Nord à Séoul. La Corée du Nord avait fait vendredi une contre-proposition au Sud sur l'ouverture de négociations sur une série de sujets, suggérant qu'une rencontre ait lieu sur son territoire, avant la réunion en Corée du Sud avancée par Séoul.

Les deux pays avaient finalement convenu d'organiser cette première rencontre a Panmunjom. Et vendredi, la Corée du Nord avait rétabli la ligne téléphonique d'urgence avec le Sud, coupée par Pyongyang en mars.

Contacts officiels gelés depuis 2010

Les tensions entre Occidentaux et Pyongyang s'étaient grandement ravivées après un troisième essai nucléaire de celui-ci en février, suivi de menaces d'attaque des Etats-Unis qui avaient fait voler des bombardiers à capacité nucléaire au-dessus de la Corée du Sud. Le climat s'était un peu radouci ces dernières semaines, les deux Corées semblant vouloir reprendre langue sous une forme ou une autre.

Les dernières discussions de travail entre les deux pays datent de février 2011 mais les contacts officiels sont gelés depuis le naufrage d'une corvette torpillée, selon Séoul, par un sous-marin de poche nord-coréen le 26 mars 2010, causant la mort de 46 marins.

(ats)

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